Un service de garde sans enfant à garder…dure réalité.

Dans quelques semaines, je serai sans emploi, bien malgré moi.

Il y a presque dix ans, j’ai fait le choix de quitter un emploi d’éducatrice en garderie pour ouvrir mon propre service de garde en milieu familial. À  ce moment là,  je n’étais pas encore maman, mais je savais que ce serait une belle opportunité, quand le temps serait venu, d’être présente pour mes bébés, tout en travaillant.

Parce que oui, malgré  ce que certains pensent, avoir un service de garde en milieu familial, c’est un vrai travail. Nous sommes « éducatrices » et non des « gardiennes » . On ne passe pas notre temps à seulement regarder jouer les enfants. On en prend soin comme si c’étaient les nôtres. On les éduque , leur donne de l’amour, les prépare pour la maternelle. On travaille 50 heures semaine, on fait les repas, on fait le ménage,  les achats, la comptabilité, la préparation d’activités éducatives,  etc… On a des comptes à  rendre au bureau coordonnateur en fournissant tous les documents requis, fiches de présences, contrats et autres. On doit suivre des formations.  On a droit à  des visites surprise 3 fois par année par des agents de conformité.  On ne se pogne pas le beigne et on ne fait pas tout à  la légère.

Mais pour pouvoir bien faire son travail,  faut toujours ben avoir des enfants à  garder…et c’est ça le problème.

Lorsque j’ai ouvert mon service de garde en avril 2007, j’étais au privé,  à  25$ par jour. Dès que je publiais une annonce de places disponibles, je recevais une tonne de courriels et le téléphone ne dérougissait pas. Au point où un moment donné, je ne donnais même plus mon # de téléphone  pour être  certaine de ne pas me faire appeler dépassé 21h…parce que certains parents semblaient oublier les bonnes manières tellement il était difficile d’avoir une place subventionnée.

Après  1 an, je fut accréditée,  donc le tarif est passé à  7$ par jour. Imaginez la folie…Encore plus d’appels qu’avant. Dès qu’un enfant quittait, il se faisait aussitôt remplacé par un autre.

Mais depuis 2 ans environ, il se passe quelque chose d’étrange. Les parents ne semblent plus s’intéresser autant qu’avant aux places libres en milieu familial. Pourquoi? Voici ce que j’en pense…

Bon, je ne vais pas m’embarquer dans l’énumération de tous les changements qu’a  fait le gouvernement concernant la fiscalité des services de garde, car ce serait d’un ennui mortel. Mais en gros, depuis que les parents se sont vu augmenter le tarif en fonction de leur salaire (la fameuse modulation), il en revient presqu’au même prix pour une famille au revenu annuel moyen , d’envoyer leur enfant au privé plutôt  qu’en place subventionnée. En plus, ceux qui sont en milieu familial à  7,55$ se font « rammasser » quand le temps des impôts arrivent. Tandis que ceux au privé reçoivent un retour anticipé chaque mois, donc pas de surprise pour le porte-feuille.

Un autre problème majeur, c’est que le Ministère de la famille permet l’ouverture à  qui mieux mieux de garderies en installations privées de 60-80 enfants. Ça pousse comme de la mauvaise herbe dans le coin de Beloeil et dans certaines régions du Québec. Résultat, il y a beaucoup,  mais beaucoup trop de places libres pour le nombre d’enfants disponibles…Faudrait un méchant gros baby boom pour venir équilibrer tout ça, genre une tempête de verglas qui durerait 3 mois. Tsé,  quand tu dis que même les CPE ont de la misère à  combler leurs places libres…au détriment des éducatrices en milieu familial qui se font voler les enfants car les parents se font sans cesse appeler,  quasiment harceler. Les longues listes d’attente, ça  n’existe plus en  2016.

Les services de garde en milieu familial deviennent donc des services « bouche-trou »,  des « en attendant » qu’un CPE téléphone pour offrir ses services.

Alors nous, pauvres éducatrices,  on se retrouve avec l’incertitude constante de voir partir un enfant, parfois 2 en même temps quand ils sont dans la même famille. On publie des annonces partout où  c’est possible et il n’est pas rare, même en plusieurs mois d’affichage, de ne pas avoir une seule demande d’information…et ce même avec des places pour poupons que les parents s’arrachaient littéralement auparavant lorsque terminait un congé de maternité.

Et ce beau bordel, c‘est ce que je vis présentement. Trois enfants qui quittent presque en même temps et aucun espoir de les remplacer avant longtemps. Quand je regarde sur internet toutes les places de libres autour…c’est juste décourageant.

Mes deux filles comptent dans mon ratio, car elles comptent jusqu’à  9 ans, et contrairement  à ce que certains crois, je ne retire aucune rémunération pour elles. Sur 4 places à  offrir aux parents, il ne me reste donc qu’un seul enfant payant.

Ah pis rendu là, je ne vous ferai pas de cachoterie… Un enfant équivaut à 178$ par semaine avant impôts et dépenses. Mon épicerie hebdomadaire se situe autour de 230$, plus mon assurance civile et assurances biens pour la garderie, l’assurance vie obligatoire à  prendre avec Desjardins, le syndicat, etc. Faites le calcul, il ne reste plus grand chose.

Devrais-je tout de même continuer d’espérer ? Me lever chaque matin en me demandant quand je comblerai le vide dans mon service de garde ? Vivre un stress énorme tout en étant impuissante face à cette insécurité financière?

Et bien non. Ce serait de courir bras ouverts vers la dépression.

Alors j’ai dû prendre la difficile décision de fermer, en laissant le préavis obligatoire d’un mois.

Devoir annoncer, les yeux à la flotte, au dernier parent utilisateur, qu’il devra chercher un autre endroit pour faire garder sa fille. Non sans peine et malgré le fait que j’aimais mon travail. Malgré le fait que je devrai me trouver un nouvel emploi, probablement trouver une garderie pour ma fille qui entrera à  l’école juste dans un an et envoyer ma grande au service de garde scolaire. Malgré  le fait que j’ai un peu l’impression de donner raison au Ministère de la Famille qui semble avoir tout orchestré d’une main de maître pour nuire aux responsables de services de garde.

Alors je lui donne raison à  ce gouvernement qui nous considère comme de simples mamans malgré tout le travail accompli. J’ai finit de me plier à  ses exigences stupides pour un revenu sous la barre du salaire minimum.

Je redeviens une simple maman à  la maison.

Mais sachez que lorsqu’on ose cracher en l’air, les chances sont grandes pour que ça  nous retombe en pleine face.

__L’encre à la mère. 

 

 

 

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« Est-ce qu’il fait ses nuits? »

Après un accouchement, il se passe un phénomène bien étrange que j’ai peine à comprendre ; le sommeil de ton bébé devient alors d’une importance capitale pour tout le monde. Je dis ça parce que « Est-ce qu’il fait ses nuits? » atteint le #1 au classement des questions redondantes qu’on entend (trop souvent) en tant que parents.

Si seulement c’était toi qui se levait la nuit pour changer la couche ou pour allaiter, je comprendrais un peu mieux ce que ça  change dans ta vie, mais sinon…

La cigogne devait m’en vouloir un peu, parce que mes filles n’aiment pas dormir. Quand ma première était bébé et qu’on me demandait si elle faisait ses nuits, je répondais que non. Avec le recul, j’aurais dû mentir et dire que oui,  parce que si par malheur ton bébé dort mal, s’ensuit le fameux discours du 5-10-15. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas cette technique supposement infaillible, il s’agit de coucher bébé et s’il pleure, retourner le voir après 5 minutes, ensuite attendre 10 minutes avant d’y retourner et ensuite 15 minutes…et normalement,  bébé s’est endormi et comme par magie, après une semaine gros max, ton petit fait ses nuits.

Et bien bravo à  ceux pour qui ce fut une réussite,  car ici ce fut un gros échec! Ma première pleurait et se fâchait tellement qu’elle en vomissait. C’est avec le coeur brisé que j’ai quand même essayer de faire le 5-10-15, sans succès.  Pis je me sentais poche parce que ça ne fonctionnait pas. Donc j’ai essayé d’autres trucs, comme de rester assise près du lit de bébé, à  lui flatter le dos et d’attendre qu’elle s’endorme sans la prendre, même si elle pleurait. Je peux vous dire que j’en ai passé des heures à pleurer autant qu’elle, épuisée et découragée de ne pas être capable de répondre aux standards de sommeil d’un bébé « normal ». Sentiment horrible et culpabilité terrible.

Et un jour, j’étais tannée de me battre pour coucher ma fille,  d’appréhender chaque soir l’heure du dodo. Triste que ma fille s’endorme en pleurant. Fatiguée de l’allaiter la nuit et perde mon temps de sommeil à  tenter de la recoucher dans son lit. J’ai lâché prise. Et le soir, je l’endormais au sein, en la berçant et la déposais dans son lit ensuite. Et elle finissait la nuit dans notre lit, pour que je puisse dormir aussi.

Pour ma deuxième fille, je n’ai même pas essayé le 5-10-15…direct au cododo! Elle chignait un peu, pas de problème ! Baisse un peu le haut de  pyjama, attrappe un sein et hop, retour aux pays des rêves. Pis comme ma plus grande se réveillait encore et qu’on ne voulait pas dormir à 4 dans un lit Queen,  on lui avait installé un petit matelas à côté de notre lit et elle venait y dormir si elle se réveillait. Elle a 6 ans et le matelas est toujours là d’ailleurs.

Et là, les commentaires sont devenus du genre de « Tu l’allaites encore la nuit? » (et ce même de la part de la pédiatre), « Y’est temps qu’elle dorme dans son lit… », etc.

Mais vous savez quoi…je m’en foutais! Dans mes oreilles, ce n’est que blablabla et blablabla.

Parce que moi, même si tu as 4 ans et que  tu t’endors dans mes bras à 10h le soir devant la télé, parce que t’as fait une sieste d’après-midi et que t’es pas fatiguée, ben j’aime ça. Sentir tes petits cheveux mouillés et me demander s’ils sentiront encore ça quand tu seras grande…mais je ne le saurai pas car tu ne t’endormira plus dans mes bras.

Parce que j’aime vous savoir près de moi la nuit quand je dors. Pas parce que je suis mère-poule,  mais parce que je suis plus du genre louve qui protège et veille sur ses petits. Parce que j’aime ça entendre votre respiration.

Savoir dès que vous faites de la fièvre parce que ta petite main chaude m’a touchée la joue.  Entendre tes petits bruits si par malheur en pleine nuit tu vomis…

T’entendre chigner et donner des coups de pieds en dormant parce que tu as mal aux jambes à  cause des douleurs de croissance. Vous grandissez tellement vite…

Et si le matin je me réveille avant vous et que vous êtes encore dans votre chambre, je ne peux pas m’empêcher de me lever pour aller voir si vous respirez encore…juste pour et certaine.

Mais tout ça,  ça  NOUS appartient. Non, mes filles de 4 et 6 ans ne font pas toujours « leurs nuits » (expression que j’haïs donc…)  Et puis? Ça  change quoi au final dans votre vie? Pensez-y la prochaine fois que vous oserez poser la question à  de nouveaux parents.

On connaît l’amour véritable lorsqu’on a la chance de le bercer chaque soir.❤

__L’encre à la mère.

 

 

 

 

 

Ces parents qui manquent de savoir-vivre.

Certaines personnes chialent contre les enfants qui font du bruit au resto, qui pleurent en avion, qui font des crises dans les allées d’épicerie…mais on ne peut pas leur en vouloir. Ce ne sont que des enfants.

Je suis maman de deux petites filles de 4 et 6 ans, mais sachez qu’avant ça,  j’ai été de celles que les cris d’enfants et les crises de bacon irritaient. Je  comprends, je sympathise même,  avec les sans-enfant. Mais écoutez bien, en tant que parents de petits monstres à  batteries, on fait notre gros possible pour leur apprendre à  bien agir en société. J’aime pas ca plus que toi quand ma fille crie « gros péteux »  dans l’allée des fruits et légumes. Mais je me répète,  ce ne sont que des enfants. Faudrait pas l’oublier.

Mais là…là là…je vais vous dire ce qui est encore plus irritant qu’un enfant en public. Ces parents qui manquent de savoir vivre. Parce que eux, ces parents, on peut pas leur pardonner le fait qu’ils ne sont que des enfants. Non non non, ils sont supposés avoir atteint l’âge de la raison (ça commence à  7 ans faque pas de défaite…).

Je m’explique. (respire Jeanne, respire…)

Admettons qu’on parle de l’avion, parce que c’est un des endroits où tu te sens toujours un peu cheap d’avoir un enfant (ou deux…) parce que tu veux donc pas qu’il dérange personne. Et bien, par expérience, je peux affirmer que tous les vols désagréables que j’ai fait mettaient en cause des parents.

Exemple…je suis allée à  Cancun en mars dernier. Mes filles ont regardé des films, mangé  des collations et dormi presque toute la durée du trajet. Tout le long, ça sentait le pète. Au début, je me disais que ça devait venir de mes filles, qu’elles avaient une petite fuite dans le tuyau à  gaz. Jusqu’à ce que j’entende les enfants de genre 8 et 10 ans dans le banc juste derrière dire à  leur père « Ouach, papa! T’as encore pété !  Ça  pu!!!! » Ah ben tab*¿#%@☆¡…il se trouvait drôle en plus. Pendant que moi, je suis là  à  accuser mentalement mes filles d’empester l’avion jusqu’au  cockpit, c’est le père d’en arrière qui se lâche lousse! Une toilette d’avion, c’est pas grand, mais si t’as envie de faire un numéro 2, c’est quand même plus approprié comme endroit. Je sais pas, y’avait peut-être mis une pull-up…

À  Noël dernier, on était au centre d’achat pour voir l’arrivée du Père-Noël. Suite au spectacle, la parade commence et nous étions invités à  y prendre part. Un peu plus loin, un lutin donnait des ballons à l’hélium. Je tiens mes filles par la main question de pas les perdre dans la foule et se rendre dans le calme jusqu’au dit lutin, quand une mamie, dans un excès de rage de poussette, me bouscule et me roule sur le pied afin de me dépasser,  pour être certaine d’avoir sa balloune avant moi. Les parents virent fous dès qu’il y a quelque chose de gratuit pour leur enfant, comme si tout à coup, leur survie en dépendait. Y’a qu’à  se rappeler la chasse aux cocos de Pâques à  Laval…

La semaine dernière, j’ai participé à une fête de quartier organisée par la ville de Beloeil. J’adore ces petites fêtes où tout le monde est joyeux et relax. J’attendais en file pour que mes filles aillent dans un jeu gonflable. Qui dit jeu gonflable dit file d’attente, ça vient ensemble. Mais les enfants aiment tellement ça, que 15-20 minutes à attendre, c’est rien. C’est alors qu’un petit garçon, de 20 mois environ, dépasse tout le monde. Et son père qui était de l’autre côté de la clôture,  au lieu de l’avertir, demande à  la grand-maman d’enlever ses souliers et d’y aller avec lui. Je lui dis donc gentiment deux  fois plutôt qu’une qu’il y a une file d’attente…il devait avoir une banane dans l’oreille, parce qu’il ne semblait pas m’entendre. La grand-mère et le petit garçon sont allés tout bonnement, comme ça, dans le jeu gonflable, passant devant tout le monde qui avait attendu patiemment leur tour. Le petit avait moins de deux ans, je peux comprendre qu’il se foute de dépasser les autres, mais le papa et la grand-mère…come on! Y’a des claques en arrière de la tête qui se perdent.

Et à  chaque fois que ce genre de situations arrivent, je suis déchirée entre le fait de me taire et laisser aller ou vraiment dire ce que je pense pour que justice soit faite.

Mais en même temps, j’me dis que si tu pètes librement dans un avion, que tu me pousses pour un ballon et que t’es pas capable d’attendre ton tour…tu comprendras sûrement pas ce que veut dire le savoir-vivre. 

__L’encre à la mère.