J’ai mal à mon cœur de mère…

Que ce soit à la télé, à la radio, sur le web ou dans les journaux…on entend parlé que de cette histoire depuis quelques jours. Cette histoire horrible de la fillette de Granby âgée de seulement 7 ans, décédée suite aux séquestrations faites par son propre père et sa conjointe.

Étant maman de deux petites filles dont une qui aura très bientôt 7 ans aussi, je dois avouer que lorsque j’entend la nouvelle, je suis déchirée entre l’envie de fermer la radio et d’écouter en détails les faits. Parce qu’autant j’ai mal à mon cœur de maman de penser qu’on peut faire une telle chose à son enfant, autant je veux connaître le fond des choses pour pouvoir mieux détester cet homme…

C’est d’autant plus difficile pour moi de faire la part des choses dans ma tête car étant technicienne en travail social de formation, on m’a apprise à ne pas porter de jugements. On ne connaît pas toute son histoire, ce qui l’a poussé à faire une telle horreur. On ne sait pas exactement toutes les interventions qui ont été posées par la Protection de la Jeunesse, la Commission scolaire, la Sûreté du Québec, les proches, etc. L’alarme avait pourtant été sonnée à plusieurs reprises comme quoi la fillette n’aurait pas dû vivre avec son père. Mais…

J’ai fait un stage de 4 mois à la DPJ…j’en ai vu de toutes les couleurs. J’ai pris des signalements téléphoniques, entendu des choses que j’aurais préféré ne jamais entendre. Pas retenu certains signalements car ils manquaient certains points pour pouvoir les retenir et aller de l’avant pour effectuer une visite surprise. Je suis entrée chez des gens que je ne connaissais pas malgré le fait qu’ils n’étaient pas contents de me voir (c’est ça ou on appelait la police…), ouvert leur frigo, poser des questions aux parents qui m’ouvraient parfois la porte en pyjama ou avec les deux pieds dans le pipis de chat pis des petites mouches noires qui leur tournaient autour de la tête. J’ai questionner des enfants en pleurs à l’école pour savoir si leurs parents les battaient…remonter leurs manches de chandails pour vérifier s’ils avaient des bleus ou des marques.

Et malgré que parfois j’avais le sentiment que l’enquête aurait dû se poursuivre, ça s’arrêtait là. Parce qu’il y a des règles à respecter, des étapes à suivre, des protocoles…etc. Alors c’est difficile pour moi de mettre le blâme sur les intervenants qui auraient peut-être mal fait leur travail…mais ce que je sais, c’est que ces personnes là ramènent chaque soir des histoires d’horreur et un peu de culpabilité à la maison. Faut être fait fort pour faire ce travail, je vous le dis. Et si quelqu’un à quelque chose à se reprocher dans cette désolante histoire, soyez sans crainte qu’elle le sait très bien…

Mais ça, c’était le côté rationnel…

Et là, je n’ai pas envie d’être rationnelle.

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Parce que mon cœur de mère, lui, n’arrive juste pas à comprendre comment on peut en arriver là. Comment on peut faire autant de mal à un enfant. À son propre enfant. Une petite fille qui n’aura pu profiter de la vie que 7 petites années. Et ça aura été des années de misère et de souffrance.

Alors qu’un papa se doit d’être là pour protéger sa fille, lui montrer comment un homme se doit d’agir avec une femme, lui montrer ce qu’est l’amour véritable…elle aura vécu ses derniers jours sûrement sans comprendre ce qui se passait et le cœur tellement, mais tellement rempli de chagrin et de douleur.

Aucun enfant sur cette terre ne devrait vivre de telles atrocités.

Aucun parent dans ce monde ne devrait avoir le droit de porter le titre de « parent » s’il est prêt à faire de telles obscénités.

Je pense à mes filles, à tout l’amour que j’ai pour elles…et c’est les larmes aux yeux et les dents serrées que j’aimerais, en tant que maman, envoyer le même amour à cette fillette qui n’en a pas eu assez.

Et je vous invite à en faire de même…❤

__L’encre à la mère

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Quand le mal arrive en ville 

Un attentat, ça nous affecté tous, mais ça ne nous effraie pas tout à fait réellement tant que ça n’arrive pas chez nous.

Toutes ces attaques meurtrières  des dernières années, elles faisaient peur. Mais c’était ailleurs. On se pensait à  l’abri. On osait croire en cachette qu’on est différent dans notre beau pays et que ces choses-là ne nous arriveraient pas.

Mais l’être humain est influençable.  Où qu’il habite. 

On a l’impression d’avoir évolué, d’être devenu des êtres ayant la faculté de penser. Mais faut croire que certains sont restés  coincés au stade de la survie. 

Au point tel que même la religion devient un ennemi. Si l’autre ne pense pas comme toi, il devient une menace à  ton existence.

Je ne suis pas pratiquante. Je n’adhère à  aucune religion. C’est mon choix.

Je suis pour la liberté de penser. 

Mais si croire en une religion te rend meilleur et te permet de rendre le monde dans lequel tu vis meilleur aussi. Pourquoi pas?

Si pour toi croire en Dieu, quel qu’il soit, te paraît  inutile, tu as le droit aussi. Parce que tu penses que c’est ce qu’il y a de mieux pour toi. Par conséquent, ça devrait aussi  te rendre meilleur et faire du bien autour de toi. Pas vrai?

Juger quelqu’un par sa religion, c’est de la xénophobie. C’est avoir peur de se qu’on ne connaît pas, de ce qui est étranger et qu’on ne comprend pas.

Mais moi, ce que je ne comprends pas, c’est qu’on puisse entrer dans un lieu de culte et tirer sur des gens qui ne dérangeaient personne. Qui ne menaçaient personne. Des gens qui ont une famille qui les pleure maintenant.

Et le mal cette fois, il est venu de chez nous. De notre Québec tranquille qui semble inébranlable.

Je ne comprends pas qu’en semant la peur, on pense récolter le bien.
Est-ce qu’on peut agir en êtres humains qui luttent tous pour la même cause? 

Un monde où la paix et l’acceptation des différences seraient , dans notre coeur, la nouvelle grande religion universelle. ❤

« Imagine there’s no countries 

It isn’t hard to do

Nothing to kill or die for
And no religion, too
Imagine all the people
Living life in peace… You…

You may say I’m a dreamer
But I’m not the only one
I hope someday you’ll join us
And the world will be as one »  ___Imagine, John Lennon 🎵



                                                                                            __L’encre à la mère 

Maman retourne à l’école!

Ce n’était pas dans mon plan de vie d’être un jour maman à  la maison. Mais la vie et les circonstances ont fait en sorte que je le suis depuis quelques mois et au moins pour la prochaine année. 

Quand on se retrouve sans emploi, on se retrouve face à  un vide. Et pour le combler ce vide là,  et bien on se remet en question. Sur notre métier,  sur ce qu’on désir comme avenir, sur nos passions…bref, ça  chamboule pas mal d’affaires.

Et comme je ne suis pas du genre à  me morfondre et me tourner les pouces, j’ai voulu rentabiliser mon temps disponible. Je me suis dit « Pourquoi pas un retour aux études? »

Bon, avec une petite puce de 4 ans qui ne va pas à  la garderie et une autre en première année,  pas question pour moi de retourner asseoir mes fesses sur un banc d’école. 

Alors j’ai reluquer du côté de l’université à  distance,  la TÉLUQ pour ne pas la nommer. Tu choisis ton domaine, ton nombre de cours et tu étudies « relativement » à  ton rythme, en ayant tout de même des échéances,  on s’entend.

Donc bing bang,  pas de niaisage,  je fonce et je m’inscris! Deux cours dans le cadre d’un certificat. Toute heureuse, le coeur un peu juvénile de retourner aux études à  34 ans. Je suis confiante, tout ira bien. Le self estime au top du top!

Et la semaine dernière,  j’ai reçu mes documents d’études. Jusque là,  tout va encore bien. C’est excitant. Heille, j’ai même une carte étudiante!!🤓

Et hier matin, date officielle de début de trimestre d’hiver, j’ai ouvert mes manuels d’études. Lu les descriptions de cours,  pris connaissance des travaux à  remettre…et j’ai capoté. Mais solide…

Tsé,  quand ça fait 13 ans que t’as pas étudier de façon sérieuse, t’as un peu oublié ce que c’était.   Les dissertations,  les textes argumentatifs,  la recherche de documentation,  les travaux à  remettre à  temps…

Pis là,  tu te rappelles comment t’étais heureuse d’avoir finit ton DEC. 

Parce que quand tu vas au cegep ou à l’université,  que tu es « dans le bain »comme on dit, tu as une tonne de travaux, mais c’est ça ta vie. Ton univers tourne autour de ça. Mais quand tu as travaillé,  que tu as une famille, des occupations et des obligations, faire une place aux études,  c’est pas si évident. Ça fait peur.

Surtout à  distance, parce que tu dois t’organiser seule avec ton horaire pour respecter le rythme d’études proposé. Ça  implique aussi être capable de faire des lectures en te faisant interrompre aux 2 minutes, de  devoir mettre des priorités sur des choses du genre  « Est-ce que je joue aux petits bonhommes avec ma fille, je lave la salle de bain ou je déprime en voyant le ménage à faire mais je tente de lire? »

Bref, hier matin, j’étais vraiment découragée.

Retourner aux études à  mon âge…veux-tu ben me dire à  quoi j’ai pensé?😨

Mais aujourd’hui, je eu le courage de jeter un autre coup d’oeil à  toute ma paperasse. J’ai étudier comme j’ai pu, le temps que j’ai pu. Pis j’me dis que si dans le temps j’ai réussi, je dois pas être plus conne qu’avant. 

Quel exemple je donnerais à  mes filles (qui trouvent ça bien drôle que leur maman retourne à  l’école)  si j’abandonnais par peur de l’échec et de la nouveauté?

Non, je veux que mes filles comprennent l’importance de croire en elles et leurs capacités , de ne pas avoir peur du changement et d’aller toujours vers l’avant dans la poursuite de leurs rêves. 

Ce ne sera peut-être pas facile, mais il n’est jamais trop tard pour apprendre!

                                                                                                __L’encre à la mère 

Une promesse plutôt qu’une résolution.

J’ai toujours trouvé très drôles les gens qui attendent le 1er janvier de l’année suivante afin de prendre une résolution…

Je comprends qu’au jour de l’an, on fait le bilan de l’année qui s’achève. On prend conscience de ce qui a été moins bien et aussi de ce qui a fait parti du beau. On se dit que l’année qui arrive est l’occasion d’enfin changer les choses. Comme un vent de renouveau. 

Mais je me demande toujours…pourquoi attendre au 1er janvier?

Parce que même si ce n’est pas toujours facile à appliquer, si quelque chose ne te plaît pas dans ta vie, ça ne devrait pas attendre. Si tu veux être plus en santé,  ça ne devrait pas attendre non plus. Si tu veux être plus heureux…ça ne devrait surtout pas attendre. 

Selon les statistiques, environ 30 % des Québécois prennent une résolution. Environ 53% de ce 30% les tiendront.  C’est donc dire qu’environ 15% des Québécois réalisent vraiment leur résolution. C’est mieux que rien, mais c’est pas beaucoup quand même.

 Pourquoi ? Selon moi, c’est qu’une résolution le 1er janvier, c’est pris après trop de soirées bien arrosées. Quand t’as l’âme fatiguée. Ça l’air gros. Ça devient plus comme une obligation qu’on se donne un peu à reculons (alors qu’on devrait aller de l’avant…) et que l’on devra respecter tout au long de l’année…

Lorsqu’on arrive pas à  tenir notre résolution, on est déçu. C’est un échec. On a pas été capable d’arrêter de fumer, pas été au gym aussi souvent que prévu,  pas été capable de se priver de dessert, pas pris assez de temps pour soi… Et souvent, ça  implique un peu le jugement des autres. Car étrangement, même si une résolution devrait être très personnelle, on la clâme souvent haut et fort.

Et si on se faisait plutôt une promesse? 

Si on se promettait que tout au long de la nouvelle année, on prendra soin de soi? 

Des autres aussi, bien sûr.  Mais pour être présent et attentif aux besoins des autres,  on doit d’abord combler nos propres besoins et être bien avec soi-même. On a trop souvent tendance à  s’oublier alors que la seule personne qui fera de cette nouvelle année une meilleure que la dernière,  c’est nous-même. 

Promettons-nous seulement de nous respecter,  dans nos besoins et nos désirs en constante évolution. De ne pas avoir peur de  sortir de notre zone de confort si nécessaire afin de faire certains changements dans notre vie. De s’aimer et de rester soi-même, avec nos forces et nos faiblesses. De croire en nos rêves et de développer nos passions. D’apprécier la vie, avec ses hauts et ses bas. 

Ne faites pas partie des statistiques et de toutes ces résolutions non tenues.

Soyez seulement à la hauteur de vos attentes.

                                      Bonne année! 😉

                                                                                             __L’encre à la mère 

Parler de moi…mais pourquoi?

Secrètement,  j’ai toujours eu envie d’avoir un blog personnel car j’adore écrire.

Un jour, je discutais avec un ami peintre. Il me disait qu’il aimait lire les textes qui accompagnent mes toiles,  que je devrais écrire plus. À propos de moi, de ma vie, mes histoires… Je lui ai dit : « Parler de moi? Je ne vois pas ce que les gens trouveraient d’intéressant là-dedans. Ma vie est ben ordinaire. »

Il m’a répondu que beaucoup de gens se sentent seuls.  Parfois,  sans qu’on s’en doute, une petite chose que l’on vit et que l’on partage va toucher quelqu’un…et parfois, cette petite chose qui l’a rejoint fait une grosse différence dans sa vie.

Ah ben ça alors…sans le savoir, il venait de dire « la chose » qu’il fallait pour que je me lance et commence à  partager des textes sur mon blog L’encre à la mère. 

C’est pas que ma vie est plus intéressante ou plus belle que la vôtre…loin de là. Et ce n’est pas le but de mon blog.

Je n’ai pas envie de vous faire part de tous mes hauts et mes bas même si j’ai souvent l’impression que ma vie n’est faite que de ça. Une grosse montagne russe d’émotions. Mais  je me suis aperçue qu’en partageant mes pensées,  mes anecdotes, mes angoisses, mes joies…ça faisait réagir les gens.

Parce que dans le fond, même si on a l’impression d’être parfois tout seul à  vivre ce que l’on vit, ben je me rend compte à  travers les commentaires des gens, qu’on vit pas mal tous les mêmes affaires.

La différence je crois,  c’est ce qu’on en fait.

Alors si ce que je pense  ou ce  que je vis peut aider quelqu’un, tant mieux. Chacun y trouve son compte.

On m’a déjà demandé si je recevais parfois des commentaires négatifs suite à la publication d’un texte. Oh que oui!! Et c’est normal. On ne peut pas tous avoir la même opinion sur tout. Et je respecte ça.  Comme j’ai le choix aussi de publier ou non les commentaires désobligeants…

Bref, ce que je veux dire,  c’est qu’aujourd’hui,  avec les réseaux sociaux,  on a la chance de pouvoir atteindre plus de gens, de partager un peu notre vécu. Alors si vous avez envie de parler de quelque chose,  ne vous demandez pas si ça va plaire ou non, faites-le!

D’abord pour vous, car l’écriture est un exutoire extraordinaire.

 Et ensuite, qui sait, vous ferez peut-être la différence dans la vie de quelqu’un qui avait juste besoin que l’on mette des mots sur ce qu’il vit.  ❤

                                                                                            __L’encre à la mère 

Ce petit sac à deuils que l’on doit porter…

Dans la vie, il y a toutes sortes de tabous. La mort en est un. Un gros.

Dès la petite enfance, c’est un sujet qui nous fait peur. Les grandes personnes évitent d’en parler aux petits de peur qu’ils ne comprennent pas…alors qu’eux-mêmes ont bien de la difficulté à  l’accepter..

En fait, on agit comme si ça  n’existait pas...comme si le fait de ne pas en parler faisait en sorte que  ça n’existera pas. Jamais. On ne veut pas mourir. On ne veut pas voir les gens qu’on aime partir. Parce que la mort, c’est pas réel…c’est pas tangible. On ne veut pas y croire. Croire que ça peut arriver.

Jusqu’à ce que ça  nous frappe en pleine face. Je dis « frappe », parce que lorsqu’on perd pour la première fois une personne qui nous est chère,  c’est l’effet que ça fait. Un énorme coup de poing dans le coeur. 

J’ai perdu mon père il y a 9 ans. Le 14 decembre. Juste avant Noël. Une crise cardiaque foudroyante à 65 ans. La derniere fois que je l’ai vu, c’était  un mois plus tôt, lors de mon anniversaire. Il est décédé sans avoir le temps de dire au revoir à  personne. Et sans que personne n’ait le temps de lui dire adieu. 

Et c’est là que tu te rends compte que la mort, quand ça te touche de façon plus personnelle, c’est pas si irréel que ça  . Que oui, ça  peut arriver à  n’importe qui, n’importe quand. Comme ça ,  sans raison ni crier gare.

Et le pire dans tout ça, c’est que plus tu vieillis, plus tu réalises que tu perdras les gens que tu aimes. Et de plus en plus. Parce que la mort, aussi ridicule que ça  puisse paraître à dire,  ça  fait partie de la vie… c’est une petite étincelle de Big Bang qui s’éteint quelquepart dans l’univers . 

 Un petit souffle d’âme qui s’envole on ne sait trop où

C’est à  ce moment-là  que tu rassembles ta peine, tes regrets, tes « j’aurais donc dû… », ton amour et tes souvenirs pour cette personne qui t’as quittée et que tu  mets tout ça dans ton petit sac à deuils. Au début, tu le détestes ce petit sac de malheur. Tu le gardes toujours  bien fermé parce que l’ouvrir ferait trop mal. Tu le places sur ton épaule, comme un petit baluchon qui avec le temps deviendra toujours un peu plus lourd à porter.

Mais même si son poids te fait courber un peu l’échine, qu’il rend parfois tes pas un peu plus pénibles pour aller de l’avant, dis-toi que quand tu t’ennnuies,  t’as le droit d’arrêter sur le bord du chemin et l’ouvrir pour y regarder un peu…

Parce que dans l’fond, ce qui fait peur dans la mort, c’est que tout ce qui subsiste, ce sont les souvenirs dans le coeur de ceux qui restent. Et la mémoire étant une faculté qui oubli ,  on a peur d’oublier. Que les traits du visage s’effacent, que le timbre de la voix s’estompe…que le temps ne se souvienne plus et qu’ un jour on ne se rappelle plus de l’essentiel…

Mais malgré ce qu’on pourrait croire, malgré la peine que suscite un départ , la vie est drôlement bien  faite. Car non, on n’oubliera jamais. Parce que bien que la mort soit intangible et incompréhensible ,  ce qui fut jadis était bien réel .  Et le temps n’efface rien.

Le temps adoucit la peine et le petit sac à  deuil devient plus lourd…mais plus lourd de souvenirs heureux. 

Alors oui, tu as le droit, quand la nostalgie te tiraille le coeur ,  de l’ouvrir ton petit sac. D’y replonger un peu. 

Parce qu’avec le temps, même si parfois ça  peut être  long, ce qui se cache dedans, c’est de plus en plus beau.

 En tout cas, aujourd’hui, je regarde dans le mien et ça me fait du bien…❤

                                                                                                  __L’encre à la mère 

Un service de garde sans enfant à garder…dure réalité.

Dans quelques semaines, je serai sans emploi, bien malgré moi.

Il y a presque dix ans, j’ai fait le choix de quitter un emploi d’éducatrice en garderie pour ouvrir mon propre service de garde en milieu familial. À  ce moment là,  je n’étais pas encore maman, mais je savais que ce serait une belle opportunité, quand le temps serait venu, d’être présente pour mes bébés, tout en travaillant.

Parce que oui, malgré  ce que certains pensent, avoir un service de garde en milieu familial, c’est un vrai travail. Nous sommes « éducatrices » et non des « gardiennes » . On ne passe pas notre temps à seulement regarder jouer les enfants. On en prend soin comme si c’étaient les nôtres. On les éduque , leur donne de l’amour, les prépare pour la maternelle. On travaille 50 heures semaine, on fait les repas, on fait le ménage,  les achats, la comptabilité, la préparation d’activités éducatives,  etc… On a des comptes à  rendre au bureau coordonnateur en fournissant tous les documents requis, fiches de présences, contrats et autres. On doit suivre des formations.  On a droit à  des visites surprise 3 fois par année par des agents de conformité.  On ne se pogne pas le beigne et on ne fait pas tout à  la légère.

Mais pour pouvoir bien faire son travail,  faut toujours ben avoir des enfants à  garder…et c’est ça le problème.

Lorsque j’ai ouvert mon service de garde en avril 2007, j’étais au privé,  à  25$ par jour. Dès que je publiais une annonce de places disponibles, je recevais une tonne de courriels et le téléphone ne dérougissait pas. Au point où un moment donné, je ne donnais même plus mon # de téléphone  pour être  certaine de ne pas me faire appeler dépassé 21h…parce que certains parents semblaient oublier les bonnes manières tellement il était difficile d’avoir une place subventionnée.

Après  1 an, je fut accréditée,  donc le tarif est passé à  7$ par jour. Imaginez la folie…Encore plus d’appels qu’avant. Dès qu’un enfant quittait, il se faisait aussitôt remplacé par un autre.

Mais depuis 2 ans environ, il se passe quelque chose d’étrange. Les parents ne semblent plus s’intéresser autant qu’avant aux places libres en milieu familial. Pourquoi? Voici ce que j’en pense…

Bon, je ne vais pas m’embarquer dans l’énumération de tous les changements qu’a  fait le gouvernement concernant la fiscalité des services de garde, car ce serait d’un ennui mortel. Mais en gros, depuis que les parents se sont vu augmenter le tarif en fonction de leur salaire (la fameuse modulation), il en revient presqu’au même prix pour une famille au revenu annuel moyen , d’envoyer leur enfant au privé plutôt  qu’en place subventionnée. En plus, ceux qui sont en milieu familial à  7,55$ se font « rammasser » quand le temps des impôts arrivent. Tandis que ceux au privé reçoivent un retour anticipé chaque mois, donc pas de surprise pour le porte-feuille.

Un autre problème majeur, c’est que le Ministère de la famille permet l’ouverture à  qui mieux mieux de garderies en installations privées de 60-80 enfants. Ça pousse comme de la mauvaise herbe dans le coin de Beloeil et dans certaines régions du Québec. Résultat, il y a beaucoup,  mais beaucoup trop de places libres pour le nombre d’enfants disponibles…Faudrait un méchant gros baby boom pour venir équilibrer tout ça, genre une tempête de verglas qui durerait 3 mois. Tsé,  quand tu dis que même les CPE ont de la misère à  combler leurs places libres…au détriment des éducatrices en milieu familial qui se font voler les enfants car les parents se font sans cesse appeler,  quasiment harceler. Les longues listes d’attente, ça  n’existe plus en  2016.

Les services de garde en milieu familial deviennent donc des services « bouche-trou »,  des « en attendant » qu’un CPE téléphone pour offrir ses services.

Alors nous, pauvres éducatrices,  on se retrouve avec l’incertitude constante de voir partir un enfant, parfois 2 en même temps quand ils sont dans la même famille. On publie des annonces partout où  c’est possible et il n’est pas rare, même en plusieurs mois d’affichage, de ne pas avoir une seule demande d’information…et ce même avec des places pour poupons que les parents s’arrachaient littéralement auparavant lorsque terminait un congé de maternité.

Et ce beau bordel, c‘est ce que je vis présentement. Trois enfants qui quittent presque en même temps et aucun espoir de les remplacer avant longtemps. Quand je regarde sur internet toutes les places de libres autour…c’est juste décourageant.

Mes deux filles comptent dans mon ratio, car elles comptent jusqu’à  9 ans, et contrairement  à ce que certains crois, je ne retire aucune rémunération pour elles. Sur 4 places à  offrir aux parents, il ne me reste donc qu’un seul enfant payant.

Ah pis rendu là, je ne vous ferai pas de cachoterie… Un enfant équivaut à 178$ par semaine avant impôts et dépenses. Mon épicerie hebdomadaire se situe autour de 230$, plus mon assurance civile et assurances biens pour la garderie, l’assurance vie obligatoire à  prendre avec Desjardins, le syndicat, etc. Faites le calcul, il ne reste plus grand chose.

Devrais-je tout de même continuer d’espérer ? Me lever chaque matin en me demandant quand je comblerai le vide dans mon service de garde ? Vivre un stress énorme tout en étant impuissante face à cette insécurité financière?

Et bien non. Ce serait de courir bras ouverts vers la dépression.

Alors j’ai dû prendre la difficile décision de fermer, en laissant le préavis obligatoire d’un mois.

Devoir annoncer, les yeux à la flotte, au dernier parent utilisateur, qu’il devra chercher un autre endroit pour faire garder sa fille. Non sans peine et malgré le fait que j’aimais mon travail. Malgré le fait que je devrai me trouver un nouvel emploi, probablement trouver une garderie pour ma fille qui entrera à  l’école juste dans un an et envoyer ma grande au service de garde scolaire. Malgré  le fait que j’ai un peu l’impression de donner raison au Ministère de la Famille qui semble avoir tout orchestré d’une main de maître pour nuire aux responsables de services de garde.

Alors je lui donne raison à  ce gouvernement qui nous considère comme de simples mamans malgré tout le travail accompli. J’ai finit de me plier à  ses exigences stupides pour un revenu sous la barre du salaire minimum.

Je redeviens une simple maman à  la maison.

Mais sachez que lorsqu’on ose cracher en l’air, les chances sont grandes pour que ça  nous retombe en pleine face.

__L’encre à la mère. 

 

 

 

Vous protéger de ce monde qui devient fou…

Un jour, ma plus grande qui n’avait que 5 ans environ, m’a dit : « Maman, les méchants, ça  existent. Mais ils habitent tous aux pays des méchants. » J’ai trouvé  ça bien drôle. L’innocence d’un coeur d’enfant. Dans sa tête, difficile de s’imaginer que le mal existe. Tout le monde autour d’elle lui veut du bien. Les émissions qu’elle regarde ou les propos qu’elle entend de temps à  autre lui suggèrent que certaines personnes sont moins gentilles, mais ça  reste vague. Ça reste dans l’imaginaire.

Il faut les préparer à  la vraie vie. Et dans la vraie vie, y’a pas que des gentils. Mais comment on explique à  des enfants que le mal est bien présent? Sans leur faire peur…sans leur enlever la confiance en l’humanité ? Pour ma petite, les bandits, ça  volent des choses…comment lui expliquer qu’ils volent aussi des vies? Alors que la leur ne fait que commencer.

J’ai peur. Le mot est faible. Je suis effrayée de toute cette haine qui s’éparpille gratuitement et qui s’attaque aux innocents. Les guerres, les meutres, les enlèvements,  les viols, les attaques meurtrières…toutes des réalités qui existent depuis toujours, mais ce sont aussi tous des mots qui selon moi ne devraient pas exister. Des mots qui ne devraient jamais sortir de la bouche d’un adulte pour se rendre aux oreilles d’un enfant. Des images qui ne devraient jamais se rendre jusqu’à leurs petits yeux qui voient la vie en rose.

J’aimerais pouvoir leur éviter toutes les douleurs morales et physiques de ce monde qui devient fou. Parce que quand je pense à  leur petit coeur pur, que je pense à  mon coeur de maman si un jour il leur arrivait malheur…je ne le supporte juste pas. Je ne veux pas imaginer ça. Je pleure pour tous ceux et celles qui perdent un enfant, peu importe comment. Je suis triste pour ceux où celles qui apprennent un peu trop rapidement ce qu’est la violence.

Alors j’explique du mieux que je peux à mes filles ce qu’est le mal. Je leur dit que certaines personnes sont tellement tristes ou fâchées que parfois, elles deviennent méchantes et font du mal aux autres. Que certaines personnes ont parfois l’air gentilles mais que c’est un déguisement et qu’en fait , ce sont des monstres qui se cachent en dessous. Et ma grande qui me répond : « Oui mais maman, si on leur explique que c’est pas beau faire des bobos, peut-être qu’ils peuvent changer? Peut-être qu’ils peuvent redevenir gentils… » Et ma petite de rajouter :  » Pis si ils veulent pas pis qu’ils sont encore des bandits, ben les policiers vont les mettre en prison. Ils sont là  pour nous protéger  hein maman? » Si c’était si simple.

Il faut les prévenir des dangers, sans les effrayer. Leur expliquer de ne pas faire confiance à  n’importe qui tout en s’ouvrant aux autres. Les laisser vivre leur propre vie sans trop les éloigner de la nôtre. Comment leur apprendre à  pardonner l’impardonnable. Leur donner envie de rendre le monde meilleur même si on sait très bien que certaines pommes sont pourries et gâchent le reste du panier.

Je n’ai pas encore trouver les bons mots pour leur expliquer. Peut-être parce qu’en fait, il n’y a pas de mots justes pour justifier l’injustifiable. Alors en attendant, en retardant le jour où elles comprendront vraiment, je m’assure du mieux que je peux que cette porte qui mène au pays des méchants reste bien fermée.

__L’encre à  la mère.