Parler de moi…mais pourquoi?

Secrètement,  j’ai toujours eu envie d’avoir un blog personnel car j’adore écrire.

Un jour, je discutais avec un ami peintre. Il me disait qu’il aimait lire les textes qui accompagnent mes toiles,  que je devrais écrire plus. À propos de moi, de ma vie, mes histoires… Je lui ai dit : « Parler de moi? Je ne vois pas ce que les gens trouveraient d’intéressant là-dedans. Ma vie est ben ordinaire. »

Il m’a répondu que beaucoup de gens se sentent seuls.  Parfois,  sans qu’on s’en doute, une petite chose que l’on vit et que l’on partage va toucher quelqu’un…et parfois, cette petite chose qui l’a rejoint fait une grosse différence dans sa vie.

Ah ben ça alors…sans le savoir, il venait de dire « la chose » qu’il fallait pour que je me lance et commence à  partager des textes sur mon blog L’encre à la mère. 

C’est pas que ma vie est plus intéressante ou plus belle que la vôtre…loin de là. Et ce n’est pas le but de mon blog.

Je n’ai pas envie de vous faire part de tous mes hauts et mes bas même si j’ai souvent l’impression que ma vie n’est faite que de ça. Une grosse montagne russe d’émotions. Mais  je me suis aperçue qu’en partageant mes pensées,  mes anecdotes, mes angoisses, mes joies…ça faisait réagir les gens.

Parce que dans le fond, même si on a l’impression d’être parfois tout seul à  vivre ce que l’on vit, ben je me rend compte à  travers les commentaires des gens, qu’on vit pas mal tous les mêmes affaires.

La différence je crois,  c’est ce qu’on en fait.

Alors si ce que je pense  ou ce  que je vis peut aider quelqu’un, tant mieux. Chacun y trouve son compte.

On m’a déjà demandé si je recevais parfois des commentaires négatifs suite à la publication d’un texte. Oh que oui!! Et c’est normal. On ne peut pas tous avoir la même opinion sur tout. Et je respecte ça.  Comme j’ai le choix aussi de publier ou non les commentaires désobligeants…

Bref, ce que je veux dire,  c’est qu’aujourd’hui,  avec les réseaux sociaux,  on a la chance de pouvoir atteindre plus de gens, de partager un peu notre vécu. Alors si vous avez envie de parler de quelque chose,  ne vous demandez pas si ça va plaire ou non, faites-le!

D’abord pour vous, car l’écriture est un exutoire extraordinaire.

 Et ensuite, qui sait, vous ferez peut-être la différence dans la vie de quelqu’un qui avait juste besoin que l’on mette des mots sur ce qu’il vit.  ❤

                                                                                            __L’encre à la mère 

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Ce petit sac à deuils que l’on doit porter…

Dans la vie, il y a toutes sortes de tabous. La mort en est un. Un gros.

Dès la petite enfance, c’est un sujet qui nous fait peur. Les grandes personnes évitent d’en parler aux petits de peur qu’ils ne comprennent pas…alors qu’eux-mêmes ont bien de la difficulté à  l’accepter..

En fait, on agit comme si ça  n’existait pas...comme si le fait de ne pas en parler faisait en sorte que  ça n’existera pas. Jamais. On ne veut pas mourir. On ne veut pas voir les gens qu’on aime partir. Parce que la mort, c’est pas réel…c’est pas tangible. On ne veut pas y croire. Croire que ça peut arriver.

Jusqu’à ce que ça  nous frappe en pleine face. Je dis « frappe », parce que lorsqu’on perd pour la première fois une personne qui nous est chère,  c’est l’effet que ça fait. Un énorme coup de poing dans le coeur. 

J’ai perdu mon père il y a 9 ans. Le 14 decembre. Juste avant Noël. Une crise cardiaque foudroyante à 65 ans. La derniere fois que je l’ai vu, c’était  un mois plus tôt, lors de mon anniversaire. Il est décédé sans avoir le temps de dire au revoir à  personne. Et sans que personne n’ait le temps de lui dire adieu. 

Et c’est là que tu te rends compte que la mort, quand ça te touche de façon plus personnelle, c’est pas si irréel que ça  . Que oui, ça  peut arriver à  n’importe qui, n’importe quand. Comme ça ,  sans raison ni crier gare.

Et le pire dans tout ça, c’est que plus tu vieillis, plus tu réalises que tu perdras les gens que tu aimes. Et de plus en plus. Parce que la mort, aussi ridicule que ça  puisse paraître à dire,  ça  fait partie de la vie… c’est une petite étincelle de Big Bang qui s’éteint quelquepart dans l’univers . 

 Un petit souffle d’âme qui s’envole on ne sait trop où

C’est à  ce moment-là  que tu rassembles ta peine, tes regrets, tes « j’aurais donc dû… », ton amour et tes souvenirs pour cette personne qui t’as quittée et que tu  mets tout ça dans ton petit sac à deuils. Au début, tu le détestes ce petit sac de malheur. Tu le gardes toujours  bien fermé parce que l’ouvrir ferait trop mal. Tu le places sur ton épaule, comme un petit baluchon qui avec le temps deviendra toujours un peu plus lourd à porter.

Mais même si son poids te fait courber un peu l’échine, qu’il rend parfois tes pas un peu plus pénibles pour aller de l’avant, dis-toi que quand tu t’ennnuies,  t’as le droit d’arrêter sur le bord du chemin et l’ouvrir pour y regarder un peu…

Parce que dans l’fond, ce qui fait peur dans la mort, c’est que tout ce qui subsiste, ce sont les souvenirs dans le coeur de ceux qui restent. Et la mémoire étant une faculté qui oubli ,  on a peur d’oublier. Que les traits du visage s’effacent, que le timbre de la voix s’estompe…que le temps ne se souvienne plus et qu’ un jour on ne se rappelle plus de l’essentiel…

Mais malgré ce qu’on pourrait croire, malgré la peine que suscite un départ , la vie est drôlement bien  faite. Car non, on n’oubliera jamais. Parce que bien que la mort soit intangible et incompréhensible ,  ce qui fut jadis était bien réel .  Et le temps n’efface rien.

Le temps adoucit la peine et le petit sac à  deuil devient plus lourd…mais plus lourd de souvenirs heureux. 

Alors oui, tu as le droit, quand la nostalgie te tiraille le coeur ,  de l’ouvrir ton petit sac. D’y replonger un peu. 

Parce qu’avec le temps, même si parfois ça  peut être  long, ce qui se cache dedans, c’est de plus en plus beau.

 En tout cas, aujourd’hui, je regarde dans le mien et ça me fait du bien…❤

                                                                                                  __L’encre à la mère 

Laissons-les croire à la magie…

Décembre.

Je ressens déjà l’exaspération de plusieurs parents qui se disent « Ah non, les foutus lutins sont revenus… » Alors que d’autres se demandent à  quoi ça rime de faire croire aux enfants que c’est le gros bonhomme barbu qui donnera  les cadeaux quand ce sont eux qui dépensent  (trop…) pour acheter les bebelles.

Vous voulez mon avis? Oui, non, peut-être …anyway, je vous le donne pareil parce que Noël ,  c’est la générosité et le partage .  Pis on refuse pas ce que quelqu’un nous offre 😉.

J’ai deux filles. Une de presque 7 ans et une de 4 ans. Tandis que ma plus petite y croit encore dur comme fer, ma grande de 7 ans commence à  avoir des doutes sur l’existence du Père-Noël. Alors je leur ai expliqué que non, au centre d’achat, le Père-Noël n’est pas LE vrai Père-Noël…ce sont des amis à  lui. Il ne peut pas être  partout en même temps le pauvre. Et surtout, parce que le vrai, le seul, l’unique, c’est le Père Nicolas Noël. Si vous le rencontrez et avez la chance de discuter avec lui un jour, vous comprendrez!

Tout ça me fait penser à  la traverse de lutins à  Saint-Élie-de-Caxton. On est allé  visiter ce petit village l’été dernier.  Mes filles ont eu une petite déception quand elles ont compris qu’elles ne verraient pas vraiment de lutins traverser le chemin…mais en même temps, elles ont vite compris que c’est normal parce qu’ils sont trop occupés à  travailler à  leur petite usine à  paparmanes roses. Vous savez pas de quoi je parle? Ben oui…l’arbre dans lequel il pousse des paparmanes roses géantes, comme des grosses rondelles de guimauve rose. Les lutins ramassent celles qui tombent lorsqu’elles sont mures. Ensuite,ils en font des petits bonbons. Des paparmanes roses. Mes filles ont capoté ben raide. Elles voulaient en planter pour faire pousser un arbre chez nous!

Vous devez tous avoir aussi quelque part dans le fond d’un tiroir, une photo de vous en maternelle ou en première année d’école, sur laquelle vous avez un beau sourire pas de dents ? De toute beauté sans doute… Ma fille m’a demandée si la Fée des dents existe vraiment. Honnêtement, j’ai  pas su tout de suite quoi lui répondre.  J’aurais dû dire quoi? Que je sais pas trop ce que la Fée des dents fait avec les dents de lait des enfants…des colliers en macramé peut-être? Pourquoi elle donne des sous…pour que les enfants aillent s’acheter plus de bonbons pour perdre leurs autres dents plus vite? Donc par un  soir de perte de palette d’en avant, on a joué un tour à  la Fée .  On a laissé l’appareil photo dans la chambre des filles et on a filmé toute la nuit pour essayer de la piéger .  Ben imaginez-vous donc que ça a fonctionné…On a peut-être bien la seule vidéo de  la Fée des dents qui  existe sur cette planète.

À  l’école ,  certaines  amies de ma grande, qui je le rappelle n’a même pas encore 7 ans, lui ont déjà dit que les princesses de Disney n’existent pas. Euh…je lui ai dit « T’as juste à  leur demander  si elles sont déjà allées à  Disney. Non? Bon, eh bien toi oui. Tu le sais bien que celles que tu vois aux Hotels Jaro, ce sont seulement des doublures…parce que les vraies vivent à  Disney. » Tout le monde qui y est déjà allé sait ça voyons. 

Ça  fait que pour toutes ces bonnes raisons là, que je ne vois pas un Grinch venir gâcher Noël. L’hiver, c’est déprimant. C’est froid, y fait noir de bonne heure…est-ce qu’on a le droit de mettre un peu de lumière, de joie de vivre pis de chaleur dans nos petites vies pour  mieux passer au travers? Sans Noël, l’hiver serait juste pas mal plus plate.  Elle est passée où la petite étincelle de magie dans ton coeur?

Et je dis « Tais-toi! » à  cette veille rabougrie qui pendant la visite à Saint-Élie-de-Caxton a chiale haut et fort qu’ils auraient dû déguiser des enfants en lutins pis leur faire traverser le chemin quand on passe à  la pancarte qui annonce la traverse…Fred Pellerin a su donner vie à  son village avec ses légendes  et son imagination contagieuse. Fais donc éclore  un peu la tienne. Moi, quand je vais être une vieille mémé pas de dentier, je veux un arbre pareil que le leur pour sucer  des paparmanes roses à longueur de journée. 

Et l’enfant qui perd un peu de son innocence en même temps que ses dents, est-ce qu’on est vraiment obligé de lui dire qu’on a inventé la Fée des dents juste pour les consoler un peu? Qu’est-ce qu’il y a de mal à  vouloir embellir la réalité et faire passer un peu mieux l’évidence que son sourire pas de dents sur sa photo d’école fait que ça  sera peut-être pas sa meilleure?

Et si tu me dis que les princesses n’existent pas, es-tu aussi en train de me dire avec certitude que le prince charmant aussi c’est juste des conneries? 

Alors que moi-même je veux y croire, revivre la magie de mon enfance à travers les yeux de mes filles. M’émerveiller en les entendant rire aux éclats à 6h30 quand elles découvrent  le mauvais coup des petits lutins chaque matin de décembre. ..pour oublier un peu ma déprime saisonnière.

Et le  jour où  elles n’y croiront plus (ça viendra bien assez vite…), j’espère de tout mon coeur de mère qu’elles ne m’en voudront pas d’avoir voulu embellir leur réalité et d’avoir mis plus de couleurs que pas assez à  leur vie.

J’espère sincèrement qu’elles comprendront et qu’elles continueront aussi à  y croire un peu secrètement . Qu’elles sauront  entretenir cette magie qui fait la beauté de leur coeur d’enfant. ❤

                                                                                           ___L’encre à la mère .