Maman, je comprends maintenant…

Avant d’être maman, je détestais que ma mère me dise : « Attends, tu vas voir quand tu vas avoir des enfants, tu vas comprendre! » Souvent, elle utilisait cette phrase lorsqu’elle était fâchée j’imagine. Honnêtement, je ne m’en souviens pas trop, parce que je n’y prêtais pas trop attention…

En fait, je ne la croyais juste pas. C’est comme l’autre jour, j’ai entendu une fille dire que ça l’énervait les mères qui pensent détenir la vérité sur plein de choses de la vie. Ben je pensais comme ça  aussi, avant. Avant de devenir moi-même une maman.

Parce que oui, y’a des affaires que tu peux pas savoir tant que t’es pas mère. Je dis « des », mais en réalité, c’est une même et unique vérité.

L’amour inconditionnel.

Ça fait quétaine,  mais c’est ça pareil. Parce que tu auras beau aimer ton chum, ton chat, ton chien ou tes amis, plus que tout au monde (c’est ce que tu pensais), tu te rends compte quand tu deviens maman, que jamais tu n’as autant aimé et que jamais tu n’aimeras autant que cet amour que tu as pour tes enfants. C’est grandiose comme amour. C’est magique. Ça  vit dans chaque cellule de ton corps, tout le temps.

Mais comme j’ignorais ça avant, je ne pouvais pas savoir ce que voulait dire ma mère quand elle me disait « tu vas voir… »

Mais maman, je comprends maintenant.

Toutes les fois où  tu m’as punie pour un mauvais comportement, parce que tu voulais faire de moi une personne respectueuse.

Toutes les fois où tu n’as pas voulu m’acheter une surprise à  l’épicerie, car tu voulais m’apprendre la valeur de l’argent.

Toutes les fois où tu m’as servie du foie de veau ou du boudin, parce que tu voulais faire de moi une femme forte et en santé. 

Toutes les fois où tu ne voulais pas que je sorte tard le soir, parce que tu voulais me protéger des dangers.

Toutes les fois où tu voulais que je range ma chambre, car tu voulais faire de moi une personne responsable.

Toutes les fois où tu as pris soin de moi, parce que tu t’inquiétais pour ma santé. 

Toutes les fois où tu m’as aimée sans nécessairement le dire avec des mots.

Toutes les fois, où en tant que femme, tu as dû faire des sacrifices pour mon bien.

Toutes les fois où tu as dû douter de toi en te demandant si ce que tu faisais était la bonne façon d’agir…

Ça n’a pas toujours dû être facile chaque jour. Parce que maintenant que je suis maman, je m’aperçois que ce n’est pas toujours évident. Je fais de mon mieux. Je fais ce que je peux. Mais y’a des jours, où je doute sérieusement de mes capacités maternelles.

Tsé,  le genre de journée où t’es pas trop d’humeur et qu’une fois les enfants couchés, tu tombes sur un article facebook de pseudo psychologue qui nomme les « X choses à ne jamais dire à  ton enfant« , pis que tu te rends compte que ces phrases à  éviter, tu les as pas mal toutes utilisées…dans la même journée.  Outch…

Est-ce que c’est ça que tu voulais dire? Est-ce qu’il t’es arrivé à  toi aussi, de brailler ta vie parce que tu te trouvais poche? Sûrement.

Mais comme moi, tu as dû  aussi te dire qu’être maman, c’est souvent une tâche ingrate. Qu’être maman, c’est se sentir coupable souvent. S’inquiéter tout le temps. Mais qu’au-delà des doutes, y’a l’amour. Cet amour qui survit à  toutes les petites erreurs de jugement de maman trop fatiguée qui a réagit un peu trop sur le coup de l’émotion.

Cet amour qui te déchire par moment le coeur et qui le lendemain d’une journée merdique, te le fais déborder parce que ta petite fille vient te faire un câlin en se réveillant pour te dire que t’es la meilleure maman du monde…

Mais tu  as continuer à  faire de ton mieux. Pis c’est pour ça que je t’aime et que maintenant, je comprends.❤

__L’encre à la mère

Ps. J’aime le boudin maintenant. Pire. J’essaie d’en faire manger à  mes filles. 😉

Maman retourne à l’école!

Ce n’était pas dans mon plan de vie d’être un jour maman à  la maison. Mais la vie et les circonstances ont fait en sorte que je le suis depuis quelques mois et au moins pour la prochaine année. 

Quand on se retrouve sans emploi, on se retrouve face à  un vide. Et pour le combler ce vide là,  et bien on se remet en question. Sur notre métier,  sur ce qu’on désir comme avenir, sur nos passions…bref, ça  chamboule pas mal d’affaires.

Et comme je ne suis pas du genre à  me morfondre et me tourner les pouces, j’ai voulu rentabiliser mon temps disponible. Je me suis dit « Pourquoi pas un retour aux études? »

Bon, avec une petite puce de 4 ans qui ne va pas à  la garderie et une autre en première année,  pas question pour moi de retourner asseoir mes fesses sur un banc d’école. 

Alors j’ai reluquer du côté de l’université à  distance,  la TÉLUQ pour ne pas la nommer. Tu choisis ton domaine, ton nombre de cours et tu étudies « relativement » à  ton rythme, en ayant tout de même des échéances,  on s’entend.

Donc bing bang,  pas de niaisage,  je fonce et je m’inscris! Deux cours dans le cadre d’un certificat. Toute heureuse, le coeur un peu juvénile de retourner aux études à  34 ans. Je suis confiante, tout ira bien. Le self estime au top du top!

Et la semaine dernière,  j’ai reçu mes documents d’études. Jusque là,  tout va encore bien. C’est excitant. Heille, j’ai même une carte étudiante!!🤓

Et hier matin, date officielle de début de trimestre d’hiver, j’ai ouvert mes manuels d’études. Lu les descriptions de cours,  pris connaissance des travaux à  remettre…et j’ai capoté. Mais solide…

Tsé,  quand ça fait 13 ans que t’as pas étudier de façon sérieuse, t’as un peu oublié ce que c’était.   Les dissertations,  les textes argumentatifs,  la recherche de documentation,  les travaux à  remettre à  temps…

Pis là,  tu te rappelles comment t’étais heureuse d’avoir finit ton DEC. 

Parce que quand tu vas au cegep ou à l’université,  que tu es « dans le bain »comme on dit, tu as une tonne de travaux, mais c’est ça ta vie. Ton univers tourne autour de ça. Mais quand tu as travaillé,  que tu as une famille, des occupations et des obligations, faire une place aux études,  c’est pas si évident. Ça fait peur.

Surtout à  distance, parce que tu dois t’organiser seule avec ton horaire pour respecter le rythme d’études proposé. Ça  implique aussi être capable de faire des lectures en te faisant interrompre aux 2 minutes, de  devoir mettre des priorités sur des choses du genre  « Est-ce que je joue aux petits bonhommes avec ma fille, je lave la salle de bain ou je déprime en voyant le ménage à faire mais je tente de lire? »

Bref, hier matin, j’étais vraiment découragée.

Retourner aux études à  mon âge…veux-tu ben me dire à  quoi j’ai pensé?😨

Mais aujourd’hui, je eu le courage de jeter un autre coup d’oeil à  toute ma paperasse. J’ai étudier comme j’ai pu, le temps que j’ai pu. Pis j’me dis que si dans le temps j’ai réussi, je dois pas être plus conne qu’avant. 

Quel exemple je donnerais à  mes filles (qui trouvent ça bien drôle que leur maman retourne à  l’école)  si j’abandonnais par peur de l’échec et de la nouveauté?

Non, je veux que mes filles comprennent l’importance de croire en elles et leurs capacités , de ne pas avoir peur du changement et d’aller toujours vers l’avant dans la poursuite de leurs rêves. 

Ce ne sera peut-être pas facile, mais il n’est jamais trop tard pour apprendre!

                                                                                                __L’encre à la mère 

Laissons-les croire à la magie…

Décembre.

Je ressens déjà l’exaspération de plusieurs parents qui se disent « Ah non, les foutus lutins sont revenus… » Alors que d’autres se demandent à  quoi ça rime de faire croire aux enfants que c’est le gros bonhomme barbu qui donnera  les cadeaux quand ce sont eux qui dépensent  (trop…) pour acheter les bebelles.

Vous voulez mon avis? Oui, non, peut-être …anyway, je vous le donne pareil parce que Noël ,  c’est la générosité et le partage .  Pis on refuse pas ce que quelqu’un nous offre 😉.

J’ai deux filles. Une de presque 7 ans et une de 4 ans. Tandis que ma plus petite y croit encore dur comme fer, ma grande de 7 ans commence à  avoir des doutes sur l’existence du Père-Noël. Alors je leur ai expliqué que non, au centre d’achat, le Père-Noël n’est pas LE vrai Père-Noël…ce sont des amis à  lui. Il ne peut pas être  partout en même temps le pauvre. Et surtout, parce que le vrai, le seul, l’unique, c’est le Père Nicolas Noël. Si vous le rencontrez et avez la chance de discuter avec lui un jour, vous comprendrez!

Tout ça me fait penser à  la traverse de lutins à  Saint-Élie-de-Caxton. On est allé  visiter ce petit village l’été dernier.  Mes filles ont eu une petite déception quand elles ont compris qu’elles ne verraient pas vraiment de lutins traverser le chemin…mais en même temps, elles ont vite compris que c’est normal parce qu’ils sont trop occupés à  travailler à  leur petite usine à  paparmanes roses. Vous savez pas de quoi je parle? Ben oui…l’arbre dans lequel il pousse des paparmanes roses géantes, comme des grosses rondelles de guimauve rose. Les lutins ramassent celles qui tombent lorsqu’elles sont mures. Ensuite,ils en font des petits bonbons. Des paparmanes roses. Mes filles ont capoté ben raide. Elles voulaient en planter pour faire pousser un arbre chez nous!

Vous devez tous avoir aussi quelque part dans le fond d’un tiroir, une photo de vous en maternelle ou en première année d’école, sur laquelle vous avez un beau sourire pas de dents ? De toute beauté sans doute… Ma fille m’a demandée si la Fée des dents existe vraiment. Honnêtement, j’ai  pas su tout de suite quoi lui répondre.  J’aurais dû dire quoi? Que je sais pas trop ce que la Fée des dents fait avec les dents de lait des enfants…des colliers en macramé peut-être? Pourquoi elle donne des sous…pour que les enfants aillent s’acheter plus de bonbons pour perdre leurs autres dents plus vite? Donc par un  soir de perte de palette d’en avant, on a joué un tour à  la Fée .  On a laissé l’appareil photo dans la chambre des filles et on a filmé toute la nuit pour essayer de la piéger .  Ben imaginez-vous donc que ça a fonctionné…On a peut-être bien la seule vidéo de  la Fée des dents qui  existe sur cette planète.

À  l’école ,  certaines  amies de ma grande, qui je le rappelle n’a même pas encore 7 ans, lui ont déjà dit que les princesses de Disney n’existent pas. Euh…je lui ai dit « T’as juste à  leur demander  si elles sont déjà allées à  Disney. Non? Bon, eh bien toi oui. Tu le sais bien que celles que tu vois aux Hotels Jaro, ce sont seulement des doublures…parce que les vraies vivent à  Disney. » Tout le monde qui y est déjà allé sait ça voyons. 

Ça  fait que pour toutes ces bonnes raisons là, que je ne vois pas un Grinch venir gâcher Noël. L’hiver, c’est déprimant. C’est froid, y fait noir de bonne heure…est-ce qu’on a le droit de mettre un peu de lumière, de joie de vivre pis de chaleur dans nos petites vies pour  mieux passer au travers? Sans Noël, l’hiver serait juste pas mal plus plate.  Elle est passée où la petite étincelle de magie dans ton coeur?

Et je dis « Tais-toi! » à  cette veille rabougrie qui pendant la visite à Saint-Élie-de-Caxton a chiale haut et fort qu’ils auraient dû déguiser des enfants en lutins pis leur faire traverser le chemin quand on passe à  la pancarte qui annonce la traverse…Fred Pellerin a su donner vie à  son village avec ses légendes  et son imagination contagieuse. Fais donc éclore  un peu la tienne. Moi, quand je vais être une vieille mémé pas de dentier, je veux un arbre pareil que le leur pour sucer  des paparmanes roses à longueur de journée. 

Et l’enfant qui perd un peu de son innocence en même temps que ses dents, est-ce qu’on est vraiment obligé de lui dire qu’on a inventé la Fée des dents juste pour les consoler un peu? Qu’est-ce qu’il y a de mal à  vouloir embellir la réalité et faire passer un peu mieux l’évidence que son sourire pas de dents sur sa photo d’école fait que ça  sera peut-être pas sa meilleure?

Et si tu me dis que les princesses n’existent pas, es-tu aussi en train de me dire avec certitude que le prince charmant aussi c’est juste des conneries? 

Alors que moi-même je veux y croire, revivre la magie de mon enfance à travers les yeux de mes filles. M’émerveiller en les entendant rire aux éclats à 6h30 quand elles découvrent  le mauvais coup des petits lutins chaque matin de décembre. ..pour oublier un peu ma déprime saisonnière.

Et le  jour où  elles n’y croiront plus (ça viendra bien assez vite…), j’espère de tout mon coeur de mère qu’elles ne m’en voudront pas d’avoir voulu embellir leur réalité et d’avoir mis plus de couleurs que pas assez à  leur vie.

J’espère sincèrement qu’elles comprendront et qu’elles continueront aussi à  y croire un peu secrètement . Qu’elles sauront  entretenir cette magie qui fait la beauté de leur coeur d’enfant. ❤

                                                                                           ___L’encre à la mère . 

Faire le deuil de ce bébé qui ne sera jamais.

L’histoire de cette femme, dans le journal La Presse, qui a fait une fausse-couche dans une toilette d’hôpital, m’a involontairement replongée dans des souvenirs douloureux ce matin.

Parce qu’on n’oublie  jamais la perte d’un foetus, même si ça remonte à environ 7 ans et que les gens font trop souvent comme si c’était un fait anodin.

J’avais 27 ans et j’étais enceinte de mon premier bébé. Ma famille était déjà au courant malgré que j’en étais seulement à un 1 mois et demi de grossesse. Attendre un bébé,  c’est généralement une bonne nouvelle. Pis dans ta tête de future maman trop heureuse, tu penses pas que le pire pourrait arriver.

Et pourtant…

Ça  a commencé par de légers saignements. L’infirmière d’Info-Santé appelait ça du spoting, terme jusque-là inconnu pour moi. C’est un phénomène qui peut survenir en début de grossesse. Tant que ça  ne devient pas du sang rouge clair, pas matière à s’inquiéter. Faque là, je me suis mise à paranoïer chaque fois que j’allais à la toilette, craignant le pire.

Et là,  c’est arrivé. Je perdais du sang. J’ai  ressortis les serviettes sanitaires que je croyais rangées pour les 9 mois à venir. L’infirmière du 811 m’a conseillé d’aller à  l’urgence. C’était un jeudi soir si je me souviens bien. Je me suis présentée à l’urgence vers 19h30.

L’infirmière au triage m’a posé quelques questions, m’a donné des serviettes hygiéniques et m’a envoyée m’assoir dans la salle d’attente de l’urgence en me disant de l’avertir si je remplissais une serviette à l’heure, car c’est signe d’hémorragie.

À côté de moi, y’avait un gars avec une jambe possiblement cassée, une fille qui avait avalé  des petits os de côtelettes de porc par mégarde  (wtf), des bébés qui toussaient, etc. Pis parmi tout ces beaux cas là,   y’avait moi. Assise sur ma petite chaise pas confortable. Le bas ventre qui me criait à l’aide en me graffignant  de l’intérieur. J’avais pas l’air malade. Les gens avec qui je jasais me demandaient ce que je faisais là et se sentaient gênés quand je disais que je faisais probablement une fausse-couche. Je semblais bien aller malgré tout. Et pourtant, je faisais des allers-retours à la toilette, la remplissant chaque fois de sang. Un déluge. Mais l’infirmière ne me croyait pas  car il n’y avait presque rien dans ma serviette…

Après 8 heures d’attente environ, sans encore avoir vu de médecin, je me suis tannée. Il devait être autour de 3h30 du matin. J’ai demandé à  mon chum de surveiller la porte de la toilette et je suis allée chercher l’infirmière pour lui montrer tout  le sang que je perdais. Elle a un peu fait le saut pis m’a dit : « Oh…ok! Est-ce que vous vous sentez bien? Allez vous assoir pis bougez pas de là, on va vous trouver une salle pour vous examiner. » Je répète que ça  faisait 8 heures que j’attendais…

On m’a alors installée sur un civière dans une salle où j’étais seule en attendant qu’un médecin m’examine. Après peut-être 1 heure, quelqu’un est enfin arrivé. Une femme, plus jeune que moi. Une résidente. Elle m’a posée quelques questions et m’a examinée, mais ne voyait rien tellement il y avait du sang. Elle est allée  consulter un médecin dans la salle d’à côté. J’ai encore attendu…Pour que finalement, elle revienne et me dise que j’ai dû faire une fausse couche. Que le foetus a dû sortir sans que je m’en rende compte.

Je n’ai pas eu d’échographie,  ni de curetage.  On m’a simplement donné 2 ou 3 empracet et on m’a dit de retourner lundi pour une échographie.

J’ai dû retourner chez moi aux petites heures du matin après 10 heures à  l’urgence. Dévastée et en pleurs parce que le petit bébé que je m’imaginais déjà bercer et qui avait bel et bien existé en moi, n’était plus là.  Enfin,  c’est ce qu’on me disait. Mais moi, je ne sais pas si c’était seulement l’espoir ou l’instinct,  mais je n’y croyais pas.

Le lundi matin, je ne saignais plus. Je me suis rendue comme convenu à  l’hôpital pour mon échographie. Et c’est par du personnel peu souriant et empathique,  que j’ai appris sur l’écran du moniteur,  que mon mini-bébé était toujours en moi…mais que son coeur avait cessé de battre. J’avais eu un décollement placentaire, ce qui avait causé l’arrêt de son petit coeur.

On m’a simplement dit d’aller attendre dans une autre pièce,  qu’on me ferait un curetage.

Une infirmière est finalement venue me voir pour me dire que vu que je ne saignais plus, donc que je n’étais plus en hémorragie,  on ne ferait pas de curetage. J’ai demandé à  discuter une gynécologue. On a refusé,  prétextant qu’elle était occupée à  l’étage des accouchements et on m’a dit que revenir le lendemain pour lui parler. Heille, là c’était juste trop…j’allais pas partir de là dans parler à  quelqu’un.  C’est mal me connaître.

Un homme, médecin généraliste je crois, m’a finalement rencontrée. Il m’a expliqué qu’avant 8 semaines de grossesse, on faisait rarement un curetage, sauf en cas d’hémorragie. J’étais à 6 semaines et demi et je ne saignais plus. Il m’a dit que la nature ferait son oeuvre et que « ça « allait sortir tout seul…que quand j’allais le voir dans la toilette, de le m’être dans un sac, de le congeler et de l’amener à  l’hôpital pour le faire analyser…sérieusement ??

J’ai donc attendu, une semaine, 2 semaines, 3 semaines…1 mois. Et un jour, j’ai littéralement accouché. Contractions intenses, vomissements et expulsion. Je ne sais pas si c’était le foetus ou le placenta, mais j’ai recueilli quelquechose…que j’ai mis dans un sac et je l’ai mis au congélateur. C’était horrible.

Finalement, je ne suis pas allée le porter à  l’hôpital.   Je ne voulais pas remettre les  pieds là. J’en ai disposé d’une façon que je trouvais plus convenable. Ensuite, me suis battue avec eux pour réussir à  avoir un billet du médecin afin de pouvoir aller au privé faire une échographie pour vérifier que tout était sorti. L’homme qui m’a fait l’échographie dans la clinique privée, était gentil et empathique. Je ne me sentais pas comme un numéro.  Dans mon ventre, il ne restait plus rien. Il m’a dit que je pourrais dès le mois suivant, refaire un essaie bébé.

J’ai fait venir mon dossier complet de  l’hôpital. J’avais envie de les poursuivre. Ça  n’avait pas de sens de faire vivre ça à une femme qui perd son bébé. Mais je ne l’ai pas fait. Ça  n’aurait servi à  rien.

Quand on perd un bébé,  que ce soit à  un mois ou plus, ça  fait mal. Pas juste physiquement. Mentalement surtout. Les gens autour, à  moins de l’avoir vécu eux-mêmes (je parle des femmes), ne comprennent pas à  quel point c’est difficile à vivre. Les hormones sont encore au maximum. Ton beau rêve s’est écroulé d’un seul coup. Et tu dois , même s’ils veulent juste être gentils, endurer les commentaires des gens qui te disent que ça arrive à  une femme sur 5, que t’es encore jeune pis que tu vas pouvoir te reprendre, que si le bébé n’a pas tenu, c’est parce qu’il devait avoir quelque chose de pas normal et qu’il était juste pas viable. Tu le sais que tout ça, c’est sûrement vrai. Mais ce que tu sais surtout, c’est que tu te sens vide par en-dedans et aussi très seule. Parce que même avec un conjoint,  on se sent seule pareil. Parce que pour lui, c’était pas encore du concret. Mais pour toi qui a ressenti sa petite présence en toi (parce que oui, même à un mois et demi, on se sent enceinte) , c’était déjà réel.

Faire une fausse-couche,  c’est un deuil. Un véritable deuil. C’est une perte qui implique un processus psychologique. Et malheureusement, dans notre système de santé, on n’a aucun suivi par la suite. Aucune aide ou soutien. C’est triste.

Je suis retombée enceinte deux mois après ma première fausse-couche.  J’ai vécu un début de grossesse rempli d’angoisse. Je m’attendais à devoir revivre ce cauchemar là encore une fois.

Aujourd’hui, j’ai deux autres grossesses à mon actif.  Je suis maman de deux belles grandes filles que j’ai menées à terme sans trop de problème. Et elles sont en pleine santé. Donc oui, malgré une fausse-couche,  il y a de quand même de l’espoir pour la suite.

Le seul conseil que je donnerais aux mamans qui  vivent cette situation présentement, c’est de pleurer. Acceptez d’avoir de la peine parce que c’est tout à  fait légitime, même si tout le monde autour semble trouver ça  banal. Parlez-en autant que vous voulez en n’ayant pas peur d’écoeurer votre entourage avec vote histoire…ça fait du bien d’en parler. Discutez avec des mamans qui l’ont vécue aussi, elles vous comprendront mieux que n’importe qui.

Et surtout, surtout… si vous attendez des heures à  l’urgence, donnez vous le droit de péter un plomb pour qu’on s’occupe mieux de vous. Parce qu’une femme devrait avoir  le droit de perdre son enfant dans des conditions aussi dignes que lorsqu’elle donne la vie.

  __ L’encre à la mère 

 

La rentrée: je l’aime pis je l’haïs. 

Ce matin, je suis allée reconduire ma fille de 6 ans  à  l’école.

 Je sais pas pourquoi, j’étais certaine que puisqu’on avait déjà  vécu sa première vraie rentrée l’an passé,  la maternelle, cette année  ce serait plus facile. Pour mon coeur de maman je veux dire…mais non. Ça  fait mal pareil.

J’ai eu la chance de passer tout l’été avec mes filles puisque je travaille de la maison. Elle a pu profiter de son été,  relaxer, décrocher vraiment de l’école. Et moi,  j’ai pu la voir grandir chaque jour encore un petit peu avant le retour en classe.

Certains parents en peuvent pu de l’été,  ont juste hâte que l’école recommence. Pis je les juge pas là. À  chacun son niveau de patience. Mais moi,  personnellement, j’aime avoir mes filles avec moi, les savoir en sécurité tout le temps…ok, je suis mère-poule,  pis après? Je voyais les enfants du camps jour qui me semblaient être mille en même temps dans la piscine municipale,  pis j’étais heureuse d’entendre ma fille me dire : « Maman,   j’aimerais pas ça  aller au camp  de jour. Je suis contente de pouvoir rester à  la maison! » Vive ma petite pataugeoire en plastique. Ben plus sécuritaire.

Mais bon, ce qui devait arriver arriva. La rentrée était là.

Je m’en fous des achats scolaires, ça  me stress pas.  Je vais au Buropro, je suis la ligne de « tape » sur le plancher, je prends ce qu’il faut en me fiant aux numéros de la liste pis that’s it. Sérieusement,  je pense que ça  m’a pris 10 minutes remplir le panier pis tout était en spécial. Une chose de réglée. 

C’est juste du matériel. Pis ça sent tellement  bon des nouvelles affaires d’école!  (souvenir de petite fille)

Ce qui me gosse de la rentrée, c’est de voir ma fille, 3 jours avant, réaliser que ses vacances sont bientôt finies pour vrai. L’entendre de me dire qu’elle a le trac  (ben quoi, elle a du vocabulaire ma fille 😂) . Qu’elle me dise qu’elle a hâte de voir ses amis et sa nouvelle école.  Devoir la consoler, la veille de la rentrée, parce qu’elle a peur de trouver la journée trop longue. La rassurer en lui disant que tout va bien aller, que c’est super l’école, que la journée passera vite. Recommencer tout ça le lendemain matin parce que là,  c’est vraiment vrai,  l’école recommence…Pour ensuite partir de la maison pour la reconduire et la laisser à  l’école en la confiant à  un professeur dont on ignorait même le nom jusqu’à 5 minutes avant de devoir lui donner un dernier bisou et repartir sans elle…

Elle n’a pas pleuré à  l’école. Moi non plus d’ailleurs contrairement à  d’autres mamans qui braillaient comme des madeleines en appelant leur chum, la petite main qui shake sur le cellulaire.

Mais c’est juste parce que je suis une maudite bonne comédienne. Parce qu’après ça,  une fois rendue dans mon salon, y me fallait juste une petite chanson un peu triste à  la radio pour enfants sur Illico pour que ça me rattrape. 

C’est beau de voir grandir ses enfants, mais en même  temps,  maudit que c’est pas facile. 

Pis l’école, ben autant ça nous rempli de fierté de les voir s’épanouir,  autant ça nous angoisse et que  ça les éloigne toujours un peu plus…

D’un petit pas de plus à  chaque rentrée…

                                                                                                  __L’encre à la mère. 

« Est-ce qu’il fait ses nuits? »

Après un accouchement, il se passe un phénomène bien étrange que j’ai peine à comprendre ; le sommeil de ton bébé devient alors d’une importance capitale pour tout le monde. Je dis ça parce que « Est-ce qu’il fait ses nuits? » atteint le #1 au classement des questions redondantes qu’on entend (trop souvent) en tant que parents.

Si seulement c’était toi qui se levait la nuit pour changer la couche ou pour allaiter, je comprendrais un peu mieux ce que ça  change dans ta vie, mais sinon…

La cigogne devait m’en vouloir un peu, parce que mes filles n’aiment pas dormir. Quand ma première était bébé et qu’on me demandait si elle faisait ses nuits, je répondais que non. Avec le recul, j’aurais dû mentir et dire que oui,  parce que si par malheur ton bébé dort mal, s’ensuit le fameux discours du 5-10-15. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas cette technique supposement infaillible, il s’agit de coucher bébé et s’il pleure, retourner le voir après 5 minutes, ensuite attendre 10 minutes avant d’y retourner et ensuite 15 minutes…et normalement,  bébé s’est endormi et comme par magie, après une semaine gros max, ton petit fait ses nuits.

Et bien bravo à  ceux pour qui ce fut une réussite,  car ici ce fut un gros échec! Ma première pleurait et se fâchait tellement qu’elle en vomissait. C’est avec le coeur brisé que j’ai quand même essayer de faire le 5-10-15, sans succès.  Pis je me sentais poche parce que ça ne fonctionnait pas. Donc j’ai essayé d’autres trucs, comme de rester assise près du lit de bébé, à  lui flatter le dos et d’attendre qu’elle s’endorme sans la prendre, même si elle pleurait. Je peux vous dire que j’en ai passé des heures à pleurer autant qu’elle, épuisée et découragée de ne pas être capable de répondre aux standards de sommeil d’un bébé « normal ». Sentiment horrible et culpabilité terrible.

Et un jour, j’étais tannée de me battre pour coucher ma fille,  d’appréhender chaque soir l’heure du dodo. Triste que ma fille s’endorme en pleurant. Fatiguée de l’allaiter la nuit et perde mon temps de sommeil à  tenter de la recoucher dans son lit. J’ai lâché prise. Et le soir, je l’endormais au sein, en la berçant et la déposais dans son lit ensuite. Et elle finissait la nuit dans notre lit, pour que je puisse dormir aussi.

Pour ma deuxième fille, je n’ai même pas essayé le 5-10-15…direct au cododo! Elle chignait un peu, pas de problème ! Baisse un peu le haut de  pyjama, attrappe un sein et hop, retour aux pays des rêves. Pis comme ma plus grande se réveillait encore et qu’on ne voulait pas dormir à 4 dans un lit Queen,  on lui avait installé un petit matelas à côté de notre lit et elle venait y dormir si elle se réveillait. Elle a 6 ans et le matelas est toujours là d’ailleurs.

Et là, les commentaires sont devenus du genre de « Tu l’allaites encore la nuit? » (et ce même de la part de la pédiatre), « Y’est temps qu’elle dorme dans son lit… », etc.

Mais vous savez quoi…je m’en foutais! Dans mes oreilles, ce n’est que blablabla et blablabla.

Parce que moi, même si tu as 4 ans et que  tu t’endors dans mes bras à 10h le soir devant la télé, parce que t’as fait une sieste d’après-midi et que t’es pas fatiguée, ben j’aime ça. Sentir tes petits cheveux mouillés et me demander s’ils sentiront encore ça quand tu seras grande…mais je ne le saurai pas car tu ne t’endormira plus dans mes bras.

Parce que j’aime vous savoir près de moi la nuit quand je dors. Pas parce que je suis mère-poule,  mais parce que je suis plus du genre louve qui protège et veille sur ses petits. Parce que j’aime ça entendre votre respiration.

Savoir dès que vous faites de la fièvre parce que ta petite main chaude m’a touchée la joue.  Entendre tes petits bruits si par malheur en pleine nuit tu vomis…

T’entendre chigner et donner des coups de pieds en dormant parce que tu as mal aux jambes à  cause des douleurs de croissance. Vous grandissez tellement vite…

Et si le matin je me réveille avant vous et que vous êtes encore dans votre chambre, je ne peux pas m’empêcher de me lever pour aller voir si vous respirez encore…juste pour et certaine.

Mais tout ça,  ça  NOUS appartient. Non, mes filles de 4 et 6 ans ne font pas toujours « leurs nuits » (expression que j’haïs donc…)  Et puis? Ça  change quoi au final dans votre vie? Pensez-y la prochaine fois que vous oserez poser la question à  de nouveaux parents.

On connaît l’amour véritable lorsqu’on a la chance de le bercer chaque soir.❤

__L’encre à la mère.

 

 

 

 

 

Ces parents qui manquent de savoir-vivre.

Certaines personnes chialent contre les enfants qui font du bruit au resto, qui pleurent en avion, qui font des crises dans les allées d’épicerie…mais on ne peut pas leur en vouloir. Ce ne sont que des enfants.

Je suis maman de deux petites filles de 4 et 6 ans, mais sachez qu’avant ça,  j’ai été de celles que les cris d’enfants et les crises de bacon irritaient. Je  comprends, je sympathise même,  avec les sans-enfant. Mais écoutez bien, en tant que parents de petits monstres à  batteries, on fait notre gros possible pour leur apprendre à  bien agir en société. J’aime pas ca plus que toi quand ma fille crie « gros péteux »  dans l’allée des fruits et légumes. Mais je me répète,  ce ne sont que des enfants. Faudrait pas l’oublier.

Mais là…là là…je vais vous dire ce qui est encore plus irritant qu’un enfant en public. Ces parents qui manquent de savoir vivre. Parce que eux, ces parents, on peut pas leur pardonner le fait qu’ils ne sont que des enfants. Non non non, ils sont supposés avoir atteint l’âge de la raison (ça commence à  7 ans faque pas de défaite…).

Je m’explique. (respire Jeanne, respire…)

Admettons qu’on parle de l’avion, parce que c’est un des endroits où tu te sens toujours un peu cheap d’avoir un enfant (ou deux…) parce que tu veux donc pas qu’il dérange personne. Et bien, par expérience, je peux affirmer que tous les vols désagréables que j’ai fait mettaient en cause des parents.

Exemple…je suis allée à  Cancun en mars dernier. Mes filles ont regardé des films, mangé  des collations et dormi presque toute la durée du trajet. Tout le long, ça sentait le pète. Au début, je me disais que ça devait venir de mes filles, qu’elles avaient une petite fuite dans le tuyau à  gaz. Jusqu’à ce que j’entende les enfants de genre 8 et 10 ans dans le banc juste derrière dire à  leur père « Ouach, papa! T’as encore pété !  Ça  pu!!!! » Ah ben tab*¿#%@☆¡…il se trouvait drôle en plus. Pendant que moi, je suis là  à  accuser mentalement mes filles d’empester l’avion jusqu’au  cockpit, c’est le père d’en arrière qui se lâche lousse! Une toilette d’avion, c’est pas grand, mais si t’as envie de faire un numéro 2, c’est quand même plus approprié comme endroit. Je sais pas, y’avait peut-être mis une pull-up…

À  Noël dernier, on était au centre d’achat pour voir l’arrivée du Père-Noël. Suite au spectacle, la parade commence et nous étions invités à  y prendre part. Un peu plus loin, un lutin donnait des ballons à l’hélium. Je tiens mes filles par la main question de pas les perdre dans la foule et se rendre dans le calme jusqu’au dit lutin, quand une mamie, dans un excès de rage de poussette, me bouscule et me roule sur le pied afin de me dépasser,  pour être certaine d’avoir sa balloune avant moi. Les parents virent fous dès qu’il y a quelque chose de gratuit pour leur enfant, comme si tout à coup, leur survie en dépendait. Y’a qu’à  se rappeler la chasse aux cocos de Pâques à  Laval…

La semaine dernière, j’ai participé à une fête de quartier organisée par la ville de Beloeil. J’adore ces petites fêtes où tout le monde est joyeux et relax. J’attendais en file pour que mes filles aillent dans un jeu gonflable. Qui dit jeu gonflable dit file d’attente, ça vient ensemble. Mais les enfants aiment tellement ça, que 15-20 minutes à attendre, c’est rien. C’est alors qu’un petit garçon, de 20 mois environ, dépasse tout le monde. Et son père qui était de l’autre côté de la clôture,  au lieu de l’avertir, demande à  la grand-maman d’enlever ses souliers et d’y aller avec lui. Je lui dis donc gentiment deux  fois plutôt qu’une qu’il y a une file d’attente…il devait avoir une banane dans l’oreille, parce qu’il ne semblait pas m’entendre. La grand-mère et le petit garçon sont allés tout bonnement, comme ça, dans le jeu gonflable, passant devant tout le monde qui avait attendu patiemment leur tour. Le petit avait moins de deux ans, je peux comprendre qu’il se foute de dépasser les autres, mais le papa et la grand-mère…come on! Y’a des claques en arrière de la tête qui se perdent.

Et à  chaque fois que ce genre de situations arrivent, je suis déchirée entre le fait de me taire et laisser aller ou vraiment dire ce que je pense pour que justice soit faite.

Mais en même temps, j’me dis que si tu pètes librement dans un avion, que tu me pousses pour un ballon et que t’es pas capable d’attendre ton tour…tu comprendras sûrement pas ce que veut dire le savoir-vivre. 

__L’encre à la mère. 

 

La vie d’adulte…

Parfois, je trouve que la vie d’adulte, c’est une bitch.

Quand on est enfant, on se créer des idéaux. Petite, on s’imagine princesse galopant à travers des contrées lointaines avec le prince charmant. Adolescente, on se voit faire un métier vraiment payant ou qui sauvera le monde (ça  dépend de vos valeurs…). On s’imagine faire le tour du monde avec un sac-à-dos, le coeur léger et explorateur.

L’innocence de la jeunesse fait en sorte qu’on ne voit pas la vie d’adulte avec des yeux réalistes. Dans un sens, c’est peut-être mieux comme ça…

Parce que je me verrais mal expliquer à mes filles que parfois, le prince est moins charmant que dans les contes de fée. Que tôt ou tard, il va laisser traîner ses bas sales pis manger la bouche ouverte. Que l’amour, tout en étant si beau, peut souvent faire des petites craques sur le coeur, pis qu’il faut s’arranger comme on peut pour les patcher.

Qu’à  15-16 ans, elles devront décider de leur avenir professionnel  alors qu’elles sont encore en train d’apprendre à  se connaître. Que ça  se peut qu’elles fassent des erreurs,  qu’elles aient fait le mauvais choix de carrière et qu’elles n’aient pas le métier rêvé qui les rendra riche et célèbre. Que sauver le monde, ça  se fait, mais à  pas mal plus petite échelle que l’on imaginait possible.

Que voyager, ça  coûte cher et que leur premier voyage risque d’être un tout-inclus cheap à  Cuba. Que faire le tour du monde avec juste un sac-à-dos devient un peu plus complexe quand tu as des enfants, parce que même si tu essaies vraiment fort de voyager léger, tu te ramasses avec la valise du char qui ferme de justesse.

On ne nous dit pas toutes ces choses là quand on est petit. Parce que je ne sais pas si en sachant cela, on voudrait encore grandir…

Si mes filles viennent me voir dans 20-30 ans en pleurant pour me dire que la vie, c’est pas toujours facile, qu’elles auraient aimer savoir tout ce qui les attendait, même le moins beau,  je leur répondrai que oui, la vie d’adulte, c’est rempli de déceptions, de mauvaises surprises et de responsabilités.

Mais qu’au fond, ce sont tous ces imprévus qui font la beauté de la vie, qui la rende palpitante. Que chaque jour est une surprise, parfois belle, parfois un peu moins. Que peu importe l’histoire qu’on nous a raconté quand on était petit,  en tant qu’adulte, on a le pouvoir d’en écrire une nouvelle page, mais cette fois-ci, à  notre façon.

Parce que même quand ton soleil est un peu gris, dis-toi qu’il brille quand même.

__L’encre à la mère. 

 

Génération Nintendo.

J’ai 33 ans. Je fais donc partie de la génération qui a vu apparaître, étant enfant, le fameux Nintendo. Mario Bros, Luigi, Princess Peach, le Bowser,  les petits champignons bruns, les tunnels pis les cennes dorées qui flottent dans les airs…pu trop de secrets pour moi!

Comme je viens d’une famille nombreuse, que j’ai grandi sur une ferme et qu’on vivait bien sans être  riches (on dirait que j’ai cent ans…), mes parents n’avaient pas les moyens de nous acheter une console. Mais de temps en temps, on allait au village et on en louait une pour la fin de semaine au club vidéo.  J’peux-tu te dire qu’on faisait pas grand chose d’autre que ça  de notre temps ces fins de semaine là?

Un jour, mon frère a échanger son BMX, contre un Super Nintendo…waahhhh!! Coup de foudre avec Yoshi. Non mais tsé,  te promener sur le dos d’un dinosaure qui crache des oeufs picotés pour éliminer les ennemis…imagines le fun qu’on aurait dans la  vraie vie avec ça!  On venait d’atteindre un autre niveau. Pis ensuite, il y a eu le Gamecube avec ses images 3D, la Wii, la Wii fit, etc. Mais là je ne vous ferai toujours ben pas un review de chaque…

Tout ça pour dire que maintenant, je ne suis plus très gamer dans l’âme. Je vais sûrement en choquer quelques-uns, mais je trouve que de s’assoir et de passer des heures à  jouer à  des jeux vidéo,  c’est pas mal une perte  de temps. Ok, c’est un passe-temps comme un autre, mais personnellement  (et pitchez-moi pas des roches, parce que j’ai bien dit  « personnellement » …) je ne vois pas l’intérêt.

C’est comme les jeux sur facebook…ARRÊTEZ  donc de m’envoyer des invitations pour jouer!!! Je comprends pas le but, pourquoi tu m’invites? Tu t’ennuies du temps où tu appelais tes amis pour leur demander s’ils voulaient venir jouer chez vous? Ppffff…prochaine fois que je reçois ça,  je pense que je vais te poker…plusieurs fois, trop de fois…si t’as toujours pensé qu’un poke ça  sert à  rien, tu vas peut-être comprendre.

Parlant de poke…dernièrement, c’est la folie Pokemon Go…tu vois, ça non plus je comprends pas trop. Je vois des enfants se promener seuls dans ma rue en tenant leur cellulaire devant eux, comme des zombies qui cherchent de la cervelle. Si au moins les Pokemon se mangeaient, s’ils  goûtaient les jujubes, je comprendrais. Mais non, même pas.

Ou encore, ce matin, je vois un homme qui passe devant chez moi avec son téléphone,  clairement pas à  la recherche de son âme soeur…à  moins qu’elle ressemble à  Pikachu. Pis là,  je vois son fils d’environ 6 ans qui le suit 100 mètres derrière,  avec un téléphone aussi. Et le père  de crier à  son garçon de se dépêcher, sans même se retourner pour regarder où  il est. Est-ce qu’il va falloir que ton fils se transforme en manga japonais dans ton cell pour que tu te préoccupes de sa sécurité pis que tu l’attendes?

J’entends dire des affaires du genre : « Avant, vous chialiez que les jeunes restaient trop longtemps devant leurs écrans,  pis là, vous chialez qu’ils sont partout avec leur maudit jeu. » Oui, ok. Ce jeu fait sortir les gens de chez eux, certes. Mais sans toutefois  être davantage  conscients de tout ce qui les entoure.

Les enfants marchent sur les terrains de gens qu’ils ne connaissent même pas, des gens s’approchent trop près des trains. Il y en a même qui se rendent dans des endroits tellement peu fréquentés qu’ils y découvrent des cadavres cachés (ark la belle surprise )…tout ça  pour trouver des pokemons.

En même temps, j’me dis que ça aurait pu être pire comme évolution du jeu Nintendo .  Parce que si la réalité avait rencontré le monde virtuel de Mario, on serait peut-être  bien dehors en train de sauter comme des cons sur des champignons ou de se lancer des carapaces de tortues par la tête.

__L’encre à la mère. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous protéger de ce monde qui devient fou…

Un jour, ma plus grande qui n’avait que 5 ans environ, m’a dit : « Maman, les méchants, ça  existent. Mais ils habitent tous aux pays des méchants. » J’ai trouvé  ça bien drôle. L’innocence d’un coeur d’enfant. Dans sa tête, difficile de s’imaginer que le mal existe. Tout le monde autour d’elle lui veut du bien. Les émissions qu’elle regarde ou les propos qu’elle entend de temps à  autre lui suggèrent que certaines personnes sont moins gentilles, mais ça  reste vague. Ça reste dans l’imaginaire.

Il faut les préparer à  la vraie vie. Et dans la vraie vie, y’a pas que des gentils. Mais comment on explique à  des enfants que le mal est bien présent? Sans leur faire peur…sans leur enlever la confiance en l’humanité ? Pour ma petite, les bandits, ça  volent des choses…comment lui expliquer qu’ils volent aussi des vies? Alors que la leur ne fait que commencer.

J’ai peur. Le mot est faible. Je suis effrayée de toute cette haine qui s’éparpille gratuitement et qui s’attaque aux innocents. Les guerres, les meutres, les enlèvements,  les viols, les attaques meurtrières…toutes des réalités qui existent depuis toujours, mais ce sont aussi tous des mots qui selon moi ne devraient pas exister. Des mots qui ne devraient jamais sortir de la bouche d’un adulte pour se rendre aux oreilles d’un enfant. Des images qui ne devraient jamais se rendre jusqu’à leurs petits yeux qui voient la vie en rose.

J’aimerais pouvoir leur éviter toutes les douleurs morales et physiques de ce monde qui devient fou. Parce que quand je pense à  leur petit coeur pur, que je pense à  mon coeur de maman si un jour il leur arrivait malheur…je ne le supporte juste pas. Je ne veux pas imaginer ça. Je pleure pour tous ceux et celles qui perdent un enfant, peu importe comment. Je suis triste pour ceux où celles qui apprennent un peu trop rapidement ce qu’est la violence.

Alors j’explique du mieux que je peux à mes filles ce qu’est le mal. Je leur dit que certaines personnes sont tellement tristes ou fâchées que parfois, elles deviennent méchantes et font du mal aux autres. Que certaines personnes ont parfois l’air gentilles mais que c’est un déguisement et qu’en fait , ce sont des monstres qui se cachent en dessous. Et ma grande qui me répond : « Oui mais maman, si on leur explique que c’est pas beau faire des bobos, peut-être qu’ils peuvent changer? Peut-être qu’ils peuvent redevenir gentils… » Et ma petite de rajouter :  » Pis si ils veulent pas pis qu’ils sont encore des bandits, ben les policiers vont les mettre en prison. Ils sont là  pour nous protéger  hein maman? » Si c’était si simple.

Il faut les prévenir des dangers, sans les effrayer. Leur expliquer de ne pas faire confiance à  n’importe qui tout en s’ouvrant aux autres. Les laisser vivre leur propre vie sans trop les éloigner de la nôtre. Comment leur apprendre à  pardonner l’impardonnable. Leur donner envie de rendre le monde meilleur même si on sait très bien que certaines pommes sont pourries et gâchent le reste du panier.

Je n’ai pas encore trouver les bons mots pour leur expliquer. Peut-être parce qu’en fait, il n’y a pas de mots justes pour justifier l’injustifiable. Alors en attendant, en retardant le jour où elles comprendront vraiment, je m’assure du mieux que je peux que cette porte qui mène au pays des méchants reste bien fermée.

__L’encre à  la mère.