Un service de garde sans enfant à garder…dure réalité.

Dans quelques semaines, je serai sans emploi, bien malgré moi.

Il y a presque dix ans, j’ai fait le choix de quitter un emploi d’éducatrice en garderie pour ouvrir mon propre service de garde en milieu familial. À  ce moment là,  je n’étais pas encore maman, mais je savais que ce serait une belle opportunité, quand le temps serait venu, d’être présente pour mes bébés, tout en travaillant.

Parce que oui, malgré  ce que certains pensent, avoir un service de garde en milieu familial, c’est un vrai travail. Nous sommes « éducatrices » et non des « gardiennes » . On ne passe pas notre temps à seulement regarder jouer les enfants. On en prend soin comme si c’étaient les nôtres. On les éduque , leur donne de l’amour, les prépare pour la maternelle. On travaille 50 heures semaine, on fait les repas, on fait le ménage,  les achats, la comptabilité, la préparation d’activités éducatives,  etc… On a des comptes à  rendre au bureau coordonnateur en fournissant tous les documents requis, fiches de présences, contrats et autres. On doit suivre des formations.  On a droit à  des visites surprise 3 fois par année par des agents de conformité.  On ne se pogne pas le beigne et on ne fait pas tout à  la légère.

Mais pour pouvoir bien faire son travail,  faut toujours ben avoir des enfants à  garder…et c’est ça le problème.

Lorsque j’ai ouvert mon service de garde en avril 2007, j’étais au privé,  à  25$ par jour. Dès que je publiais une annonce de places disponibles, je recevais une tonne de courriels et le téléphone ne dérougissait pas. Au point où un moment donné, je ne donnais même plus mon # de téléphone  pour être  certaine de ne pas me faire appeler dépassé 21h…parce que certains parents semblaient oublier les bonnes manières tellement il était difficile d’avoir une place subventionnée.

Après  1 an, je fut accréditée,  donc le tarif est passé à  7$ par jour. Imaginez la folie…Encore plus d’appels qu’avant. Dès qu’un enfant quittait, il se faisait aussitôt remplacé par un autre.

Mais depuis 2 ans environ, il se passe quelque chose d’étrange. Les parents ne semblent plus s’intéresser autant qu’avant aux places libres en milieu familial. Pourquoi? Voici ce que j’en pense…

Bon, je ne vais pas m’embarquer dans l’énumération de tous les changements qu’a  fait le gouvernement concernant la fiscalité des services de garde, car ce serait d’un ennui mortel. Mais en gros, depuis que les parents se sont vu augmenter le tarif en fonction de leur salaire (la fameuse modulation), il en revient presqu’au même prix pour une famille au revenu annuel moyen , d’envoyer leur enfant au privé plutôt  qu’en place subventionnée. En plus, ceux qui sont en milieu familial à  7,55$ se font « rammasser » quand le temps des impôts arrivent. Tandis que ceux au privé reçoivent un retour anticipé chaque mois, donc pas de surprise pour le porte-feuille.

Un autre problème majeur, c’est que le Ministère de la famille permet l’ouverture à  qui mieux mieux de garderies en installations privées de 60-80 enfants. Ça pousse comme de la mauvaise herbe dans le coin de Beloeil et dans certaines régions du Québec. Résultat, il y a beaucoup,  mais beaucoup trop de places libres pour le nombre d’enfants disponibles…Faudrait un méchant gros baby boom pour venir équilibrer tout ça, genre une tempête de verglas qui durerait 3 mois. Tsé,  quand tu dis que même les CPE ont de la misère à  combler leurs places libres…au détriment des éducatrices en milieu familial qui se font voler les enfants car les parents se font sans cesse appeler,  quasiment harceler. Les longues listes d’attente, ça  n’existe plus en  2016.

Les services de garde en milieu familial deviennent donc des services « bouche-trou »,  des « en attendant » qu’un CPE téléphone pour offrir ses services.

Alors nous, pauvres éducatrices,  on se retrouve avec l’incertitude constante de voir partir un enfant, parfois 2 en même temps quand ils sont dans la même famille. On publie des annonces partout où  c’est possible et il n’est pas rare, même en plusieurs mois d’affichage, de ne pas avoir une seule demande d’information…et ce même avec des places pour poupons que les parents s’arrachaient littéralement auparavant lorsque terminait un congé de maternité.

Et ce beau bordel, c‘est ce que je vis présentement. Trois enfants qui quittent presque en même temps et aucun espoir de les remplacer avant longtemps. Quand je regarde sur internet toutes les places de libres autour…c’est juste décourageant.

Mes deux filles comptent dans mon ratio, car elles comptent jusqu’à  9 ans, et contrairement  à ce que certains crois, je ne retire aucune rémunération pour elles. Sur 4 places à  offrir aux parents, il ne me reste donc qu’un seul enfant payant.

Ah pis rendu là, je ne vous ferai pas de cachoterie… Un enfant équivaut à 178$ par semaine avant impôts et dépenses. Mon épicerie hebdomadaire se situe autour de 230$, plus mon assurance civile et assurances biens pour la garderie, l’assurance vie obligatoire à  prendre avec Desjardins, le syndicat, etc. Faites le calcul, il ne reste plus grand chose.

Devrais-je tout de même continuer d’espérer ? Me lever chaque matin en me demandant quand je comblerai le vide dans mon service de garde ? Vivre un stress énorme tout en étant impuissante face à cette insécurité financière?

Et bien non. Ce serait de courir bras ouverts vers la dépression.

Alors j’ai dû prendre la difficile décision de fermer, en laissant le préavis obligatoire d’un mois.

Devoir annoncer, les yeux à la flotte, au dernier parent utilisateur, qu’il devra chercher un autre endroit pour faire garder sa fille. Non sans peine et malgré le fait que j’aimais mon travail. Malgré le fait que je devrai me trouver un nouvel emploi, probablement trouver une garderie pour ma fille qui entrera à  l’école juste dans un an et envoyer ma grande au service de garde scolaire. Malgré  le fait que j’ai un peu l’impression de donner raison au Ministère de la Famille qui semble avoir tout orchestré d’une main de maître pour nuire aux responsables de services de garde.

Alors je lui donne raison à  ce gouvernement qui nous considère comme de simples mamans malgré tout le travail accompli. J’ai finit de me plier à  ses exigences stupides pour un revenu sous la barre du salaire minimum.

Je redeviens une simple maman à  la maison.

Mais sachez que lorsqu’on ose cracher en l’air, les chances sont grandes pour que ça  nous retombe en pleine face.

__L’encre à la mère. 

 

 

 

31 commentaires sur « Un service de garde sans enfant à garder…dure réalité. »

  1. Je fais ce metier depuis plus de 20 ans. J’ai ouvert mon service de garde en milieu familial après avoir visité plusieurs installations pour y placer mes propres enfants. Ce mode de garde ne convenait pas à mes valeurs. Je préferais que mes enfants puissent bénéficier de soins de qualité, mais dans un atmosphère familial plutôt que de type institution. J’ai donc décidé de me former et offrir un service reconnu à la maison. Les parents utilisateurs de mon service recherchent également un lieu de ce genre pour leurs enfants. L’aspect  » FAMILIAL » est bien plus que juste moins de microbes ou moins de bruit. Nos milieux sont des endroits ou les liens qui se tissent sont profond et durable. Nous developpons une complicité avec les enfants mais également avec les parents. Une équipe spectaculaire? C’est magnifique de voir l’évolution des familles, surtout quand ont à la chance de s’occuper de leurs 4 enfants. Je fréquente encore des familles d’enfants qui m’ont été confié en 1994…..!!!! On ne retrouve ça dans aucun autre mode garde. Je trouve déplorable que le ministère retire ce choix aux parents du Québec. Un service qui peut être régi et comtrollé pour sa qualité, mais qui offre quelque chose d’unique en son genre. Je ne sais pas ce que demain me réserve. Vais-je pouvoir continuer d’offrir mon amour aux enfants de l’avenir ? Les installations ne convenant toujours pas à mes valeurs, vais je devoir trouver autre chose comme métier.

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    1. J’ai aussi gardé contact avec les plupart des parents et enfants qui sont passés chez moi.
      Je ne sais pas encore ce qui m’attend comme prochain emploi, mais chose certaine, je ne pouvais pas me permettre de continuer comme ça. Bonne chance à vous et merci.

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  2. bravo a se beau texte qui reflète notre réalité en tant que RSG. Quand le gouvernement a permis le retour anticiper pour les parents pour qu’ils puissent eux aussi bénéficier d’une place bon marcher ce fut fait …La question est pourquoi la modulation touche juste les services de garde subventionner? c’est un non sens ! ou est cette équité de paiement accorder a tous les parents ? Une place privé en milieu familial n’est pas tenue de respecter les lois, la réglementation, le ratio, les antécédent familial, de formation RCR , formation de 6 hrs obligatoire pour les RSG , aucun contrôle sur la qualité des service offert en milieu familial et j’en passe !!!!Une question qui trotte dans la tête de plusieurs parents de jeune enfants…Pourquoi le gouvernement favorise des places en privé en n’augmentant pas le prix des places en privé ? Pour que la parent puisse avoir le choix, sans tenir compte de l’argent comme avant 2015 Nous nous posons la question a savoir pour notre gouvernement …quelle est la valeur a ses yuex des enfants Québécois garder en service de garde en milieu familial !!!!

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  3. Je compatis avec votre situation. Mais le gouvernement fait bien des choses de travers, ce n’est pas nouveau. Moi, j’ai fait le choix de rester à la maison pour éduquer mes trois enfants et les préparer à la rentrée scolaire et pour cela je n’en retire pas un sous. Je ne comprends pas pourquoi une mère qui éduque d’autres enfants que les siens soit rémunérer mais lorsque ce sont les siens elle ne touche pas un sous.

    Bref, on croit que la famille c’est important pour notre société mais j’ai bien peut parfois qu’il ne s’agit pas de la famille qui a de la valeur mais plutôt le fait de produire de futurs contribuables. On ne reconnaît pas une mère à la maison comme une éducatrice, et pourtant, on n’a plus les mères d’autrefois qui ne veillaient pas nécessairement à stimuler leurs enfants et les préparer à l’école. Aujourd’hui les mamans font des pieds et des mains pour que leur enfants se développent au mieux et soit prêts à affronter agréablement le monde!

    Bon courage et bonne continuation pour la suite!

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    1. Autrefois, nous n avions presque pas d allocation familiale, tandis que maintenant, nous avons un bon montant dépendamment de notre revenue!! Donc, selon moi, nous avons un petit salaire, surtout lorsqu on l utilise pour payer nos comptes 😉 C est sur que ce n est pas la lune, mais bon, c est déjà mieux qu autrefois et si finalement le conjoint a un petit revenue, tu peux toujours aller faire un DEC ou BAC à temps partiel pour que finalement, tes enfants aillent seulement à la garderie 2 jours semaines 🙂 Moi, c est exactement ce que j ai fais et je suis finalement en train de finaliser mon DEC après…. 5 ans hihi 😉

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    2. Imaginez les abus qu’il y aurait si les mères étaient rémunérées à la maison…On l’aurait le baby-boom c’est certain! L’idée est bonne, mais je ne crois pas que ce soit la solution idéale.

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  4. c’est vraiment notre réalité en Montérégie et plusieurs autres régions. Je suis désolée pour toi que le vent n’est pas tourné du bon côté. Je fais ce métier depuis 16 ans. Les 4 dernières années ont été pour moi insécurité. En ce moment je suis à 6 enfants bénis des Dieux mais je ne sais pas pour combien de temps. Espérons que le gouvernement change ses valeurs un jour avant ma retraite.

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  5. Ma conjointe a longtemps eu de la misère à remplir ses places en garderie éducative privée. Avec le nouveau régime ce n’est plus un problème.

    Nous avons donc vécu la situation inverse à la vôtre. Peut-être pourriez-vous redevenir privé ? C’est moins payant c’est sûr.

    C’est bien dommage mais perdre un emploi, ça arrive peu importe où on travaille. C’est fini le temps où l’on travaillait au même endroit de 20 ans jusqu’à sa retraite.

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    1. Bien des filles font la tentative du retour au privé sans succès dernièrement…ça dépend peut-être des régions. Certaines sont moins touchées que d’autre. Dans mon cas, je te tenterai pas le coup. Je vois cette situation comme un signe qu’il est temps pour moi de me tourner vers aute chose. J’aurai tout de même fait ce travail pendant presque 10 ans. De nouveaux défis m’attendent. 😉

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  6. Merci beaucoup , vous avez parler au nom de toutes le RSG c’est le même problème et la triste réalité partout au Quebec .mais ,même avec un BAC en éducation je perds espoir de travailler un jour dans le domaine de la petite enfance vue les coupures qui se font dans le domaine.

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  7. Je suis dans le même cas que toi ou presque ! Ça fait 13 ans et je me retrouve avec 0 enfant. Cette semaine. ..je pense faire comme toi m’orienter dans autre choses et fermer à contrecoeur mon service de garde qui est sans enfants. ..😢 bonne chance pour ton future. D’une Rsg de St Anselme. ..

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  8. q’Je trouve extrêmement triste cette réalité… Je suis une maman qui retire ses enfants d’un milieu familial pour les transférer dans une garderie de « type institution ». J’aurais tant voulu trouver le bon milieu familial! Mais il y a un critère majeur, outre la proximité, qui a contribué à ma décision : les vacances… En milieu familial, il y a au moins 3 semaines dans l’année où le service de garde sera fermé… Souvent les trois semaines collées, en été… Je suis persuadée que je ne suis pas la seule à trouver que c’est un calvaire de faire concorder nos vacances avec celles de la RSG. Sans non plus avoir le choix des dates… J’ai donc décidé de faire le grand saut… On verra ce que ça va donner… Mais je parierais que pour beaucoup de familles, c’est un point qui fait vraiment pencher la balance pour les plus grosses garderies. Ne pas avoir ce stress-là, c’est toujours bien un stress de moins!
    Je ne sais pas si ce serait possible, mais vous associer, 2-3 RSG, afin de ne pas fermer pendant l’année pour des vacances, mais quand même offrir un service plus proximal, serait peut-être un monde idéal? On jase… En tout cas, si un tel milieu ouvrait près de chez moi, avec l’approche Montessori, je veux une place tout de suite!! 😉
    Bonne chance pour vos projets futurs!

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    1. Je comprends très bien que les vacances des rsg sont un aspect négatif des services de garde en milieu familial. Mais je vais tout de même donner mon point de vue sur la chose 😉
      Lorsqu’un parent signe un contrat avec une rsg, il est averti d’avance des fermetures et il a le choix de signer ou non.
      Beaucoup de parents préfèrent envoyer leur enfant dans des services de garde en milieu familial pour les valeurs de proximité avec l’enfant qui sont différentes des grosses installations et pour plein d’autres raisons. Beaucoup ont des plans B, genre des grand-parents qui peuvent prendre le relais lors des vacances…Par contre pour ceux qui n’ont pas de plan B, je comprends que ça peut être un casse-tête et que le CPE est une meilleure option.
      Nous travaillons 50 heures semaines et avons aussi une famille en dehors des heures d’ouverture. Et on a besoin de vacances comme tout le monde. La difficulté , c’est que nous sommes seule dans ce que certains appellent « notre entreprise ». Certaines filles se font remplacer pendant leur vacances. ..mais moi personnellement, je refuse de laisser ma maison entre les mains d’une remplaçante pendant 2 semaines, parce qu’il ne faut pas oublier que c’est notre maison en plus du lieu de travail.
      Si faire coïncider les vacances de la rsg avec celles des parents est déjà compliqué, imaginez si les rsg devaient faire coïncider leurs vacances entre elles…et on a des contrats à respecter aussi, on ne peut pas envoyer les enfants ailleurs comme ça. Il y a des règles à suivre lorsqu’on est rsg, et ce n’est pas parce qu’on est en vacances que le contrat s’arrête.
      Bref, dans un monde idéal ou les rsg tenteraient de ressembler au CPE qui ont plusieurs éducatrices au sein de leur entreprise et non une seule, oui, ce serait merveilleux pour les parents.
      Mais bon. Je ne crois que la principale raison qui justifie la situation où plusieurs rsg se retrouvent sans enfants soit les vacances, même si ça joue peut-être un peu dans la balance.
      Merci pour votre commentaire. 😉

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      1. Il faut dire que je n’ai pas été chanceuse jusqu’à présent… Les trois derniers étés, si je n’avais pas été en congé parental ou retrait préventif, je n’aurais pas pu prendre mes vacances en même temps que mes enfants… Mon chum oui, mais ça aurait signifié trois étés/années à ne pas avoir de temps en famille sauf le dimanche (je travaille un samedi sur deux). Et cet été, nous avons su les dates de vacances de la RSG seulement une semaine d’avance! Heureusement que j’étais en congé parental!! Mettons que j’ai encore un peu de difficulté à digérer tout ça… 😔
        Je n’ai pas été chanceuse, je crois bien… Mais je sais que ce n’est pas la situation de tous! Heureusement!!
        Je vais me répéter, mais j’aurais vraiment voulu trouver le milieu familial idéal pour ma famille… Mais la notion de conciliation travail famille n’étant pas encore vraiment comprise par beaucoup de patrons/gestionnaires, on est parfois obligé de faire des choix…
        Pis mettons que notre gouvernement provincial n’est pas vraiment aidant pour la majorité d’entre nous, dans presque toutes les sphères de notre société…😡 (Je considère qu’ils sont la cause initiale de bien des problèmes actuels, dont celui de ce texte)…
        Encore une fois, j’espère que vos changements de vie seront, au final, que pour le mieux!

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      2. Vote rsg était-elle au privé ? Car accréditée, les vacances doivent été annoncé un minimum de 4 semaines à l’avance…ça n’arrange pas tout le mais au moins ça laisse le temps aux parents de s’arranger parfois.
        je comprends aussi vote point de vue en tant que parents, car si mes enfants allaient dans un service de garde, j’aurais peut-être a faire face au même problème…
        Je vous souhaite bonne chance aussi pour trouver le meilleur endroit possible pour vos enfants. 😊

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      3. Jai une garderie en milieu fam. a 7.30$. Je vous rappelle que le ministère oblige les RSG a fermer leur service 17 jours par année. Nous n’avons pas le droit de prendre une remplacante pour rester ouvert durant ces 17 jours obligatoire de fermeture.

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  9. Je comprends votre situation et je suis désolée pour ce que vous devez vivre. Pourtant, je comprends très bien les parents qui choisissent un CPE, ayant moi-même fait ce choix après avoir fréquenté un service de garde en milieu familial. J’ai également plusieurs amis et collègues qui ont fait ce choix. Votre lecture des raisons qui nous y ont poussés est à mon avis incomplète.

    J’imagine que ce n’est sans doute pas votre cas, mais nous sommes plusieurs à avoir souffert d’irrégularités dans les services de garde en milieu familial : des contrats abusifs, semaines de vacances et/ou fermeture du service de garde fréquents, politique floue concernant les enfants malades, aucun recours en cas de conflit avec l’éducatrice, manque de transparence, traitements inégaux d’un parents à l’autre, non respect des recommandations en terme de sortie à l’extérieur ou encore d’alimentation, sans compter les besoins des plus grands souvent négligés en multi-âges puisque les bébés ont des besoins plus urgents….et bien d’autres choses encore.

    Je ne dis pas que tous les services de garde en milieu familial sont ainsi, ni même la majorité, mais une seule mauvaise expérience suffit pour que nous ayions envie d’une alternative. Malheureusement, presque tous les parents que je connais ont vécu au moins une de ces mauvaises expériences.

    Je suis désolée que vous ayez à en payer le prix. Comme vous, les autres parents tentent de choisir ce qu’ils considèrent être le mieux pour leurs enfants et leur vie familiale.

    Bonne chance,
    Mélanie, maman de trois beaux enfants qui fréquentent un service de garde.

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    1. Merci pour votre commentaire.
      Oui, j’en conviens, je ne soulève pas tous les points dans mon texte. Le but principal de celui-ci était seulement de soulever le fait que plusieurs femmes se retrouvent dans la même situation que moi. En 10 ans dans ce domaine, j’ai vu des départs de parents pour toutes sortent de raisons. Et je les comprends. Ça reste le choix des parents et le milieu familial ne convient pas à tous.
      Mais dans ma région, il est évident que la raison majeure de la difficulté à combler les places demeurent le fait qu’il y a trop de grosses installations, pour la plupart au privé. Et c’est ce que je voulais dénoncer entre autre.
      Et je suis d’accord avec vous , ce ne sont pas tous les milieux qui sont pareils.
      Pour ma part, j’ai toujours repsecté la réglementation appliquée par le bureau coordonnateur, toujours été juste envers les parents, toujours respecté la régie interne établie dans mon milieu concernant les fermetures, maladie et autres et le parent devait la signer à son arrivée dans mon service de garde donc il savait dans quoi ils d’embarquaient. J’ai toujours offert le meilleur possible aux parents car il ne faut pas oublier que mes deux filles avaient aussi à évoluer dans ce milieu.
      Oui, parfois je devais fermer car mes filles ou moi-même étions malades, mais soyez assurée que ça venait toujours avec la culpabilité de mettre certains parents dans le trouble. Mais bien que ce soit un travail à la maison, ça reste un travail qui est aussi difficile à concilier parfois avec la famille…
      Et quand un parent décide de qui quitter, il peut le faire sans préavis et nous n’avons aucun recours…malheureusement.
      Merci et bonne chance dans vos expériences futures avec les services de garde de vos enfants.

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  10. Ici à Victoriaville autant les milieux familiaux privés que subventionnée,les places sont difficiles à comblées. C’est certain qu’il y a des secteurs plus difficiles que d’autres, mais bcp de mamans en congé de maternité ont décidés d’ouvrir leur service de garde pour pouvoir concilier travail et famille. Résultat, beaucoup trop de disponibilité pour le nombre d’enfants. Sur le groupe de recherche de garderie, dès qu’un parent cherche une place, le nombre de réponse des service de gardes peut-être des dizaines. En tant que parents ont a l’embarras du choix pour trouver l’endroit qui bous convient, mais pour les rsg les temps sont durs.

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    1. Nous sommes à Victo également ! Mais la pré-maternelle (i.e. garderie éducative) de ma conjointe n’a pas pris de temps à se remplir ! Il y a même des personnes qui voulaient se mettre dans la liste d’attente.

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      1. Justement, les vraies éducatrices sont rares. Beaucoup n’ont aucune formation. Je ne dis pas qu’elles ne sont pas bonnes, celle qui s’occupe de mes enfants fait partie de celles-là. Ce que je veux dire c’est que n’importe qui peut s’improviser rsg au privé contrairement à celles qui son subventionnées qui exige un minimum de formation.

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  11. L’éducation des enfants en bas âge , pour moi , c’est plus qu’un travail; c’est une vocation. Ce que nous faisont en tant quéducatrice c’est bâtir les fondements qui seront les bases de toute l’éducation scolaire de l’enfant .
    J’ai toujours travailler avec les enfants , depuis plus de 20 ans. J’ai choisis détudier en éducation à l’enfance pour aller chercher des outils d’intervention efficacent , pour devenir une Technicienne en éducation à l’enfance. Je savais que je voulais avoir un milieu familiale . C’était mon rêve , mon bonheur. J’ai travaillé en CPE , en milieux scolaire , en familles d’accueil et j’en passe. Mais ce que je préfère , c’est le milieu familiale. Avec les tous petits .Je suis accrédités depuis presque 5 ans .
    Mais tout a changé , depuis deux ans , cest difficile de combler mes places , quand au debut cétait réglé en 24 h . Je dois sans cesse remplacer des enfants qui quittent , mais pas à cause de mon travail, qui lui est toujours apprécié .
    Il y a 2 semaines TOUS MES MINIS ONT QUITTER LA MÊME SEMAINES , celle de mes vacances . Et en plus à la rentrée , il y a beaucoup de places qui se libèrent en CPE et un peut partout . Ma garderie s’est vidée d’un coup et mon cœur est brisé.
    Quand j’ai lu cette article , je m’y suis vu . C’est exactement la même chose chez moi , je ne veux pas laisser tomber mon rêve , mais j’y serai forcé si ça ne s’arrange pas . L’auteur cerne un problème TRÈS RÉPENDU . Il serait grand temps de se poser une question cruciale : QUALITÉ ou QUANTITÉ ?
    N’est pas de l’éducation des enfants dont il est question ici ??

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  12. Malheureusement, un autre service de garde en milieu familial qui ferme.

    Mais,quel est le « vrai » débat ici. Est-ce que la priorité pour les parents d’aujourd’hui est le bien-être de leur enfant ou les accommodements des services pour leurs propres besoins ? On magasine notre service de garde comme on magasine notre achat d’auto. Quelles sont les options dont j’ai avantage. Ne nous leurrons pas. Que le parent habite à côté ou loin du service, que les heures d’ouverture soit correctes ou pas, que ce soit une ou 7 personnes qui s’occupe de leur enfant pendant la journée, etc. Ça n’a rien à voir. Toutes ces raisons sont valides ou invalides pour la recherche d’un service. C’est le montant que le parent va payer qui est important.

    Dans le passé, j’ai eu une clientèle qui « faisait avec » les dates de vacances qui , en passant, étaient de 3 semaines aussi fermées (les parents réalisaient que l’éducatrice qui s’occupait de sa précieuse progéniture devait quand même se reposer au moins un minimum dans l’année). Est-ce que la raison était que les parents avaient plus de latitude pour choisir leurs vacances ? Non. Les parents se « contentaient » d’un maximum de 10 heures par jour (même si ça semble terrible qu’un jeune enfant passe autant de temps au service). Des parents parcouraient des kilomètres pour avoir une place dont ils avaient eu une référence . Et pour ceux et celles qui donnent ces raisons pour quitter un service en milieu familial, qu’est-ce qu’ils vont faire lorsque leur enfant fréquentera l’école et que le service de garde en milieu scolaire sera fermé : la semaine de relâche, 2 semaines lors du congé de Noël et du jour de l’An, la semaine avant la rentré des classes ? Oui, il y a des milieux familiaux qui ne donnent pas un service selon les attentes des parents mais il y a aussi des CPE et des garderies, mais ça, on en entend beaucoup moins parler… Il y a du bon et du mauvais partout et le réseau des services de garde en milieu familial est celui qui est le plus méconnu.

    Pour moi, c’est clair. Après nous avoir imposé un faux statut de travailleur autonome, imposé un Bureau coordonnateur, imposé la prise de vacances avec obligation de fermer, nous avoir « tassé » du guichet unique d’accès à la place 0-5 (anciennement EnfanceFamille), favoriser le choix d’un service privé pour une certaine classe de contribuables-parents à cause du retour anticipé, l’ouverture massive de garderies « éducatives » (dites à but lucratif dans le temps et que nous appelons les garderies commerciales ) et de plus en plus subventionnées. Les CPE qui sollicitent les parents qui sont déjà dans nos services de garde.
    Ainsi que les pré-maternelles qui sont de plus en plus populaires. Même que le Bureau coordonnateur est obligé d’accepter d’accréditer les RSG qui offre un service privé en milieu familial mais sans leur offrir des places subventionnées . Ma prédiction: le milieu familial subventionné va disparaitre si rien n’est fait.

    Que dire des CPE qui ont aussi des problèmes à combler leurs places. À leur grand étonnement !

    Non, nous, les RSG, ne pouvons pas faire concurrence en faisant plus que 10 heures par jour ceci 5 jours par semaine. D’offrir un service ouvert à l’année (même si on nous y empêche en nous obligeant de fermer). Et se plier à toutes les demandes des parents. J’ai beau avoir un D.E.C. en service de garde et plus de 30 ans d’expérience, je suis pas mal découragée et déçue de la tournure de ce réseau qui était notre fierté. Le réseau est épuisé. Mais ce qui m’inquiète ici, c’est qu’on parle de petits êtres humains en devenir. Est-ce que la société est prête à réaliser l’importance de ce travail et de donner les outils aux éducatrices/ éducateurs pour bien faire leur travail dans des conditions acceptables ? Je me pose sérieusement la question !

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