Jouer au parc avec son coeur d’enfant.

J’ai la chance d’habiter dans un quartier où  il y a  beaucoup de parcs. De l’autre côté  du boisé,  il y a le parc de la glissade orange. Au bout de la rue c’est le parc de la glissade rouge, un peu plus loin c’est le parc de la cabane à sucre. Encore plus loin ya le parc du bateau de pirates,…bref on a l’embarras du choix. On suit nos envies et on alterne!

Je trouve mes filles chanceuses car quand moi j’étais jeune, le seul parc se trouvait dans le village et j’habitais en campagne. Pis même si j’avais habité au village, le parc s’en allait chez le diable…c’était pour les flâneurs, les graffiteurs et les saccageurs. Adolescente, je suis déménagée au village, donc j’ai pu rattraper le temps perdu pour le parc et j’ai fait ma part de flânage…mais ça  c’est une autre histoire.

Tout ça  pour dire que chez nous, même si on a passé la journée à  jouer dehors, c’est assez fréquent qu’on décide rien que sur une pinotte d’aller faire un tour au parc après le souper. Ma grande est toujours ben énervée de voir si une de ses amies de l’école va y être!    Je trouve toujours ça  super mignon de les voir courir l’une vers l’autre en criant leur nom quand elles se voient! De voir ma grande fille intéragir avec ses amis, montrer ses prouesses dans le module de jeux et de prendre de la distance de ses parents en nous envoyant quasiment péter dans les fleurs.#autonomie 

Et quand il n’y a pas d’ami et qu’on se remet à  exister, ben au diable l’orgueil, on s’amuse aussi. S’ensuit le concours de celui qui se balance le plus haut, faire des pirouettes sur la barre d’exercice du module, faire des courses dans le sable du terrain de volley-ball, glisser dans le tunnel orange en criant comme si j’étais dans un manège de la Ronde…pis savez-vous quoi? J’y trouve du plaisir,vraiment.#crazymom FB_IMG_1468290985905

Évidemment, il y a des jours où ça me tente moins, où j’ai juste envie de rester assise sur un banc pis les regarder s’amuser et courir partout, où j’ai même pas l’énergie pour aller donner une petite poussée dans le dos de  ma plus petite  qui veut se balancer plus haut. Et c’est normal, c’est dur à  suivre des fois ces petites bêtes là! Mais j’essaie d’être là, intellectuellement au moins, du mieux que je peux, en me disant qu’elles ont du plaisir et que je suis là  si elles ont besoin de moi.

Mais ce qui me fend le coeur en tant que maman, c’est de voir , et ça arrive souvent, des parents amener leur enfant au parc, s’assoir avec leur cellulaire et ne jamais lever les yeux pour voir ce que fait leur petit. Ton Candy Crush ou ton scrolling sur Instagram peut sûrement attendre. Ou encore, et c’est un fait vécu récemment, voir un père au parc avec ses 3 enfants, mais que pendant une demi-heure,  tout ce que j’ai entendu sortir de sa bouche, c’était des mots d’église pis des propos peu élogieux envers sa progéniture. Ok, ça  se peut que t’aies  eu une très mauvaise journée,  que tes enfants  jouent avec ta patience x1000, mais je te juge quand même un peu. Tu vas au parc avec tes enfants, ils doivent s’attendre à  passer un beau moment avec leur père, même  s’ils ne l’ont sûrement pas verbalisé, mais come on…j’te connais pas , pis je suis sûre que tu peux faire mieux. Ce sera quoi les souvenirs de sorties au parc que tes enfants vont garder quand ils seront grands? Ce sera quoi les beaux moments à  t’amuser avec tes tout-petits  que toi tu te rappeleras quand tu seras  devenu un p’tit vieux?    Le temps passe terriblement vite quand on est parents. On est pris dans la routine, le travail, les responsabilités… Nos enfants grandissent en accéléré  pis on peut pas faire rewind sur la cassette. Malheureusement.

Ça  fait que fouilles dans ton p’tit coeur pis retrouves ce qui en reste d’enfant. Profites de l’été,  va faire le fou au parc…enlèves tes gougounes pis marches pieds nus dans le sable comme si t’étais sur une plage à Cancun. Balances toi toujours plus haut, jusqu’à temps que le nombril te chatouille. Creuses un trou  jusqu’en Chine avec une petite  pelle en plastique. Pis si tu réussis ça,  mais juste si tu réussis vraiment,  là  t’auras le droit de sortir ton cell pour mettre ça  sur Instagram. 

__L’encre à la mère. 

Les petites mains dévoreuses.

Être maman, c’est de l’art. Un art que toutes les petites filles pratiqueront en jouant aux poupées, un art que notre mère nous a transmis en grandissant et un art qu’on apprend  une fois devenue nous-même maman. Nous sommes toutes autodidactes et on ne fait que perfectionner nos techniques chaque jour selon nos talents respectifs.

Quand j’étais enfant, pis aussi loin que je me rappelle, nous avons toujours eu un grand jardin où poussaient, en bons voisins, les tomates, les patates, les radis, les petits pois , les concombres, couleuvres…et j’en passe. Mais ce que je préférais, c’était de cueillir des petits fruits. Partir à la recherche de miniatures fraises sauvages, traverser le champs pour se rendre à la lisière de la forêt avec un vieux pot de crème glacée vide pour cueillir des bleuets sauvages (avec toujours en tête la crainte de voir surgir un ours noir prêt à nous dérober notre récolte), aller remplir des chaudières et des chaudières de fraises dans les champs avec ma mère et en avoir pour des heures à les couper et préparer afin de les congeler. Ou encore, arrêter sur le bord de la route pour ramasser des framboises sauvages en faisant attention de ne pas toucher à l’herbe à poux. À la maison, nous avions un groseillier et un arbre de cassis. Les gadelles, et bien j’allais de temps en temps en subtiliser chez le voisin, quand je savais qu’il n’était pas là…je m’en excuse d’ailleurs aujourd’hui, mais elles étaient bien bonnes malgré leur petit arrière goût de culpabilité.

Quand j’ai eu des enfants, je m’étais promise de leur faire connaître ces petits plaisirs que la nature et la vie nous apportent. On leur apprend que les fruits sont bons pour la santé, mais leur apprendre à les voir pousser, en prendre soin, travailler la patience en attendant qu’ils soient murs, les cueillir avec les petites mains, les partager avec les voisins en allant leur porter un petit bol en surprise, être un peu tristes parce qu’on devra attendre à l’an prochain avant la prochaine cueillette , mais contents en même temps car d’année en année, la récolte est toujours meilleure. Tout ça fait parti du plaisir.

Alors que ma plus grande avait juste un an et demi environ, nous avons mis en terre deux petits gadelliers. Des gadelles pour Adèle! Ensuite, vinrent les bleuets et la rhubarbe, qu’elles mangent crue en faisant la grimace, les petites fraises des champs qu’on cherche à genoux dans le gazon, les framboises sauvages qui poussent au travers des marches du balcon derrière la maison. Et le jardin, où les tomates ont à peine le temps de rougir qu’elles se sont déjà faites dévorer. Sans oublier les bébés concombres qui se font croquer à même le plant!

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Je m’aperçois qu’être maman, ce n’est pas si compliqué finalement. C’est l’art d’offrir à nos enfants le meilleur de la vie, le mieux de ce que nous-même nous avons connu et goûté. Le plus beau chef-d’oeuvre de maman, à mes yeux, c’est de pouvoir transmettre à mes filles les petits plaisirs simples de la vie et de les conscientiser en même temps au respect de la nature, une reconnaissance pour ce qu’elle nous offre. Et j’espère, sans vantardise, que lorsqu’elles seront elles-mêmes mamans, elles se souviendront un peu de mes techniques et les utiliseront à leur tour pour perfectionner leur propre talent.

__L’encre à la mère