Dans la cour des grands.

Ma grande de 6 ans, qui est en congé scolaire pour l’été,  s’ennuie tellement de l’école,  que ce matin, en jouant avec  les amis de ma garderie (j’ai un service de garde en milieu familial) , me dit tout sérieusement : « Maman, j’ai pu besoin d’y penser, je sais déjà ce que je vais faire comme métier quand je vais être une adulte.  Je vais être une professeur de maternelle! » Et honnêtement, lorsque je la regarde aller du haut de ses 6 ans, je suis persuadée qu’elle serait excellente.

À  son âge,  je faisais pareil, je jouais au prof avec ma petite soeur…ou mes toutous, mes c’était un peu moins dynamique. J’organisais des dictées, parce que ma matière préférée a toujours été  le français.   Je me souviens même qu’en sixième année, j’écrivais des histoires et des petites nouvelles dans un cahier Canada jaune. Et mon enseignante, Catherine, amenait parfois tout le groupe dans la cour d’école et lisait, à  l’ombre d’un arbre, ce que j’avais écrit. Wow…je ne pouvais pas être plus fière dans mon coeur de petite fille qui aspirait à  devenir écrivaine. J’ai un peu de peine car j’ai perdu le dit cahier que j’aimerais bien relire,  par curiosité. Pour retrouver cette imagination enfantine.

En fait, j’ai jamais été  capable de me décider sur un métier en particulier quant à  mon avenir. Je voulais être  comédienne, artiste.  J’ai pensé devenir enseignante. Ma passion pour les animaux m’a longtemps fait pencher vers la médecine vétérinaire, mais moi, les maths pis la science, pas trop un bon mélange. J’ai aussi pour mon dire qu’à 16 ans, quand on te demande de choisir ce que tu veux faire dans la vie, tu ne te connais clairement pas encore assez pour faire un choix éclairé, un choix permanent.J’avais trop de passions, trop de champs d’intérêts pour n’en choisir qu’un seul. Dans un certain sens, j’admire les personnes qui sont convaincus d’être fait pour un métier précis,  que quand tu les regardes, c’est juste une évidence que c’est ça  « leur » métier, que c’était quasiment dans leurs gènes. Comme si c’était tout tracé  d’avance.

Mon  coeur utopique et mon envie de changer le monde m’ont finalement dirigée vers le travail social. Oh que j’ai vite déchanté quand j’ai fait mon stage dans un centre jeunesse où je prenais les appels de signalements et que j’ai vu que la plupart des employés étaient en burn out. Je ne dis pas que le travail n’en vaut pas la peine, car ils s’agit quand même d’aider des enfants qui en ont besoin, mais je me connais, j’aurais été  du genre à  traîner cette énergie négative là avec moi le soir jusqu’à la maison. Parce que croyez-moi, on en entend des vertes pis des pas mûres…

Donc, après mes études, j’ai travaillé  dans un Tim Horton…pendant 7 heures. Pis finalement, j’aimais pas le style vestimentaire faque j’ai laisser tomber, malgré  le fait que le boss était quasiment déjà prêt à me nommer gérante et m’amener en vacances sur son gros yacht. Je doute un peu que c’était pour mon talent à  faire des « double double » pis servir des boston à  l’érable…on s’entend.#vieuxcochon Ensuite, j’ai décroché un emploi dans une clinique vétérinaire comme aide aux prises de sang, réception et tout.  Pour ensuite travailler dans une garderie et finalement ouvrir mon service de garde. Un beau métier, exigeant, mais qui me permet en même temps d’être 100% présente pour mes enfants.

Aujourd’hui, à  33 ans, je regarde la vie en face, pis je  ne suis pas encore certaine de ce que je veux faire comme carrière. De plus en plus, mon coeur balance entre l’écriture et l’art, mais pourrais-je  vraiment en vivre un jour? Est-ce que ce sont juste mes rêves fous de petites filles qui me rattrapent? 

 Je regarde mes princesses jouer et j’imagine.  Ma grande qui est fonceuse, ti-boss des bécosses, curieuse et passionnée…sera-t-elle vraiment prof de maternelle, scientifique ou une grande voyageuse? Ma petite qui est toute timide, très émotive, observatrice et attentionnée…Sera-t-elle une artiste, un médecin, une psychologue? Va savoir. Parce qu’en tant que parents, j’imagine qu’on se doit juste  de les encourager dans leur intérêts et les laisser aller en les accompagnant dans leurs passions, sans essayer d’influencer leurs choix.

Pis un jour, comme aujourd’hui mettons, tu te rends compte que ton emploi, c’est superficiel. C’est pour le matériel, pour mettre du beurre sur la table. Que ma job de rêve, ça  va paraître super  cliché,  mais je l’ai déjà.  Regarder mes filles grandir.

Ça, pis vous conter mes histoires comme si j’étais encore assise dans la cour d’école. 😉

_L’encre à la mère