Maman, je comprends maintenant…

Avant d’être maman, je détestais que ma mère me dise : « Attends, tu vas voir quand tu vas avoir des enfants, tu vas comprendre! » Souvent, elle utilisait cette phrase lorsqu’elle était fâchée j’imagine. Honnêtement, je ne m’en souviens pas trop, parce que je n’y prêtais pas trop attention…

En fait, je ne la croyais juste pas. C’est comme l’autre jour, j’ai entendu une fille dire que ça l’énervait les mères qui pensent détenir la vérité sur plein de choses de la vie. Ben je pensais comme ça  aussi, avant. Avant de devenir moi-même une maman.

Parce que oui, y’a des affaires que tu peux pas savoir tant que t’es pas mère. Je dis « des », mais en réalité, c’est une même et unique vérité.

L’amour inconditionnel.

Ça fait quétaine,  mais c’est ça pareil. Parce que tu auras beau aimer ton chum, ton chat, ton chien ou tes amis, plus que tout au monde (c’est ce que tu pensais), tu te rends compte quand tu deviens maman, que jamais tu n’as autant aimé et que jamais tu n’aimeras autant que cet amour que tu as pour tes enfants. C’est grandiose comme amour. C’est magique. Ça  vit dans chaque cellule de ton corps, tout le temps.

Mais comme j’ignorais ça avant, je ne pouvais pas savoir ce que voulait dire ma mère quand elle me disait « tu vas voir… »

Mais maman, je comprends maintenant.

Toutes les fois où  tu m’as punie pour un mauvais comportement, parce que tu voulais faire de moi une personne respectueuse.

Toutes les fois où tu n’as pas voulu m’acheter une surprise à  l’épicerie, car tu voulais m’apprendre la valeur de l’argent.

Toutes les fois où tu m’as servie du foie de veau ou du boudin, parce que tu voulais faire de moi une femme forte et en santé. 

Toutes les fois où tu ne voulais pas que je sorte tard le soir, parce que tu voulais me protéger des dangers.

Toutes les fois où tu voulais que je range ma chambre, car tu voulais faire de moi une personne responsable.

Toutes les fois où tu as pris soin de moi, parce que tu t’inquiétais pour ma santé. 

Toutes les fois où tu m’as aimée sans nécessairement le dire avec des mots.

Toutes les fois, où en tant que femme, tu as dû faire des sacrifices pour mon bien.

Toutes les fois où tu as dû douter de toi en te demandant si ce que tu faisais était la bonne façon d’agir…

Ça n’a pas toujours dû être facile chaque jour. Parce que maintenant que je suis maman, je m’aperçois que ce n’est pas toujours évident. Je fais de mon mieux. Je fais ce que je peux. Mais y’a des jours, où je doute sérieusement de mes capacités maternelles.

Tsé,  le genre de journée où t’es pas trop d’humeur et qu’une fois les enfants couchés, tu tombes sur un article facebook de pseudo psychologue qui nomme les « X choses à ne jamais dire à  ton enfant« , pis que tu te rends compte que ces phrases à  éviter, tu les as pas mal toutes utilisées…dans la même journée.  Outch…

Est-ce que c’est ça que tu voulais dire? Est-ce qu’il t’es arrivé à  toi aussi, de brailler ta vie parce que tu te trouvais poche? Sûrement.

Mais comme moi, tu as dû  aussi te dire qu’être maman, c’est souvent une tâche ingrate. Qu’être maman, c’est se sentir coupable souvent. S’inquiéter tout le temps. Mais qu’au-delà des doutes, y’a l’amour. Cet amour qui survit à  toutes les petites erreurs de jugement de maman trop fatiguée qui a réagit un peu trop sur le coup de l’émotion.

Cet amour qui te déchire par moment le coeur et qui le lendemain d’une journée merdique, te le fais déborder parce que ta petite fille vient te faire un câlin en se réveillant pour te dire que t’es la meilleure maman du monde…

Mais tu  as continuer à  faire de ton mieux. Pis c’est pour ça que je t’aime et que maintenant, je comprends.❤

__L’encre à la mère

Ps. J’aime le boudin maintenant. Pire. J’essaie d’en faire manger à  mes filles. 😉

Bedaine et canicule.

Température ressentie 42 °. Je décide de me mettre en maillot de bain pour profiter des jets d’eau avec les enfants. Comme je déteste les maillots une pièce  qui  collent sur la peau une fois mouillée, j’avais mis mon bikini. Ma plus petite passe à  côté  de moi et me dit à  quel point elle le trouve beau ce costume là,  que c’est son préféré. Elle en veut un pareil quand elle sera grande, pour être belle comme maman. Deux secondes plus tard, ma grande passe à  côté  de moi, me tape sur le ventre et me dit : « Grosse bedaine! » Me v’là l’égo redescendu dans les talons.

L’été dernier, j’étais au top de ma forme. Plus en shape à  32 ans que je ne l’avais jamais été dans toute ma vie. Je courais en moyenne  20 km par semaine, fais plusieurs course de 5 et 10km. Je me sentais vraiment bien dans mon corps de femme. Je ne le faisais pas pour la perte de poids , parce que j’en avais même  pris. Dix lbs dans l’été, mais tout en muscle. Les cuisses dures comme de la roche, plus aucune cellulite, le ventre plat et les fesses rebondies. Mais outre l’apparence, je le faisais parce que sortir courir, c’était comme de m’accorder un moment pour moi toute seule.  Pourtant, cette année, la motivation est moins présente pour diverses raisons. Entre autre à cause de douleurs aux tibias qui tardent à  guérir, de manque de temps, et je dois l’avouer, j’ai un peu moins de plaisir en courant. Je ne sais pas pourquoi.

Donc veut veut pas, les fesses m’ont un peu rebaissées, mes cuisses sont moins fermes et le ventre moins plat. La gravité a bien fait sa job. Faque tout le long qu’on  jouait dehors, je me tâtais la cellulite, me regardais le petit bedon un peu mou, pis je désespérais.  Où est la femme début trentaine au max de sa forme comme de  l’an passé ?  Suis-je en train de me laisser aller et dépérir ? #mesensvieille 

Quand on regarde les photos des filles sur instagram qui se font des booty selfie, qui sont toutes « cut », qui se nourrissent de shakes  ou de quinoa, on se sent toujours un peu flasque, surtout après deux enfants. Mais bon, j’avoue, je suis aussi un peu du genre à  faire des selfies (esprit de compétion oblige) les jours où je me trouve pas pire ,question de me remonter un peu l’égo.  Pis sais-tu quoi? Je m’assume . Ben quoi, Jean-Pierre Ferland dit que c’est à  trente ans que les femmes sont belles…j’en profite avant que ça passe.

Mais bon, hier, c’etait pas trop une de ces journées là. Donc, malgré  la canicule, je me suis botté le derrière. J’ai mis mes running, du Pierre Lapointe full pin dans mes oreilles et je suis partie. Je ne misais pas sur ma vitesse ou ma performance comme j’ai trop souvent tendance à  le faire dernièrement . J’ai gambadé dans les rues le coeur qui s’allégeait un peu à  chaque pas. J’ai même essayé d’écrire mon nom (Jeanne) avec le GPS en courant, mais j’ai mufféScreenshot_2016-07-14-17-45-57~2  mon « a » et mon premier « n ». Je promets de réussir un jour. Et j’ai atteint le 5 km que je m’étais fixé.  Presque pas de douleur aux tibias et pas trop essoufflée.  Et pour une fois, depuis bien longtemps, j’ai eu du plaisir en courant. J’avais oublié que ce qui me motivait au départ était la tape sur la bedaine que ma fille m’avait donnée.

Je suis revenue en sueur, dégueulasse et déshydratée. Crevée mais heureuse. Pis je me suis demandée pourquoi  je m’etais laissée abattre par un simple petit commentaire sans méchanceté lancé par ma fille qui voulait juste rire. Pourquoi je me sentais laide, vieille et grosse…que je remettais ma vie en question? Pourquoi j’avais l’humeur en montagne russe étant donné que mon estime était maintenant revenu? J’veux bien croire que l’exercice fait du bien au moral, mais quand même…est-ce que je serais maniaco-dépressive sur les bords?

Pis là,  j’ai tout compris. La réponse m’est venue comme une illumination. Parce que y’a juste une raison évidente qui te pousse à  courir 5 km pis suer ta vie pour des raisons moyennes en pleine canicule…pis ca se résume en trois lettres…spm. Oups… #mauditeshormones

Je vais pouvoir remettre mon bikini…dans une semaine.

__L’encre à  la mère.