Vous protéger de ce monde qui devient fou…

Un jour, ma plus grande qui n’avait que 5 ans environ, m’a dit : « Maman, les méchants, ça  existent. Mais ils habitent tous aux pays des méchants. » J’ai trouvé  ça bien drôle. L’innocence d’un coeur d’enfant. Dans sa tête, difficile de s’imaginer que le mal existe. Tout le monde autour d’elle lui veut du bien. Les émissions qu’elle regarde ou les propos qu’elle entend de temps à  autre lui suggèrent que certaines personnes sont moins gentilles, mais ça  reste vague. Ça reste dans l’imaginaire.

Il faut les préparer à  la vraie vie. Et dans la vraie vie, y’a pas que des gentils. Mais comment on explique à  des enfants que le mal est bien présent? Sans leur faire peur…sans leur enlever la confiance en l’humanité ? Pour ma petite, les bandits, ça  volent des choses…comment lui expliquer qu’ils volent aussi des vies? Alors que la leur ne fait que commencer.

J’ai peur. Le mot est faible. Je suis effrayée de toute cette haine qui s’éparpille gratuitement et qui s’attaque aux innocents. Les guerres, les meutres, les enlèvements,  les viols, les attaques meurtrières…toutes des réalités qui existent depuis toujours, mais ce sont aussi tous des mots qui selon moi ne devraient pas exister. Des mots qui ne devraient jamais sortir de la bouche d’un adulte pour se rendre aux oreilles d’un enfant. Des images qui ne devraient jamais se rendre jusqu’à leurs petits yeux qui voient la vie en rose.

J’aimerais pouvoir leur éviter toutes les douleurs morales et physiques de ce monde qui devient fou. Parce que quand je pense à  leur petit coeur pur, que je pense à  mon coeur de maman si un jour il leur arrivait malheur…je ne le supporte juste pas. Je ne veux pas imaginer ça. Je pleure pour tous ceux et celles qui perdent un enfant, peu importe comment. Je suis triste pour ceux où celles qui apprennent un peu trop rapidement ce qu’est la violence.

Alors j’explique du mieux que je peux à mes filles ce qu’est le mal. Je leur dit que certaines personnes sont tellement tristes ou fâchées que parfois, elles deviennent méchantes et font du mal aux autres. Que certaines personnes ont parfois l’air gentilles mais que c’est un déguisement et qu’en fait , ce sont des monstres qui se cachent en dessous. Et ma grande qui me répond : « Oui mais maman, si on leur explique que c’est pas beau faire des bobos, peut-être qu’ils peuvent changer? Peut-être qu’ils peuvent redevenir gentils… » Et ma petite de rajouter :  » Pis si ils veulent pas pis qu’ils sont encore des bandits, ben les policiers vont les mettre en prison. Ils sont là  pour nous protéger  hein maman? » Si c’était si simple.

Il faut les prévenir des dangers, sans les effrayer. Leur expliquer de ne pas faire confiance à  n’importe qui tout en s’ouvrant aux autres. Les laisser vivre leur propre vie sans trop les éloigner de la nôtre. Comment leur apprendre à  pardonner l’impardonnable. Leur donner envie de rendre le monde meilleur même si on sait très bien que certaines pommes sont pourries et gâchent le reste du panier.

Je n’ai pas encore trouver les bons mots pour leur expliquer. Peut-être parce qu’en fait, il n’y a pas de mots justes pour justifier l’injustifiable. Alors en attendant, en retardant le jour où elles comprendront vraiment, je m’assure du mieux que je peux que cette porte qui mène au pays des méchants reste bien fermée.

__L’encre à  la mère. 

 

Jouer au parc avec son coeur d’enfant.

J’ai la chance d’habiter dans un quartier où  il y a  beaucoup de parcs. De l’autre côté  du boisé,  il y a le parc de la glissade orange. Au bout de la rue c’est le parc de la glissade rouge, un peu plus loin c’est le parc de la cabane à sucre. Encore plus loin ya le parc du bateau de pirates,…bref on a l’embarras du choix. On suit nos envies et on alterne!

Je trouve mes filles chanceuses car quand moi j’étais jeune, le seul parc se trouvait dans le village et j’habitais en campagne. Pis même si j’avais habité au village, le parc s’en allait chez le diable…c’était pour les flâneurs, les graffiteurs et les saccageurs. Adolescente, je suis déménagée au village, donc j’ai pu rattraper le temps perdu pour le parc et j’ai fait ma part de flânage…mais ça  c’est une autre histoire.

Tout ça  pour dire que chez nous, même si on a passé la journée à  jouer dehors, c’est assez fréquent qu’on décide rien que sur une pinotte d’aller faire un tour au parc après le souper. Ma grande est toujours ben énervée de voir si une de ses amies de l’école va y être!    Je trouve toujours ça  super mignon de les voir courir l’une vers l’autre en criant leur nom quand elles se voient! De voir ma grande fille intéragir avec ses amis, montrer ses prouesses dans le module de jeux et de prendre de la distance de ses parents en nous envoyant quasiment péter dans les fleurs.#autonomie 

Et quand il n’y a pas d’ami et qu’on se remet à  exister, ben au diable l’orgueil, on s’amuse aussi. S’ensuit le concours de celui qui se balance le plus haut, faire des pirouettes sur la barre d’exercice du module, faire des courses dans le sable du terrain de volley-ball, glisser dans le tunnel orange en criant comme si j’étais dans un manège de la Ronde…pis savez-vous quoi? J’y trouve du plaisir,vraiment.#crazymom FB_IMG_1468290985905

Évidemment, il y a des jours où ça me tente moins, où j’ai juste envie de rester assise sur un banc pis les regarder s’amuser et courir partout, où j’ai même pas l’énergie pour aller donner une petite poussée dans le dos de  ma plus petite  qui veut se balancer plus haut. Et c’est normal, c’est dur à  suivre des fois ces petites bêtes là! Mais j’essaie d’être là, intellectuellement au moins, du mieux que je peux, en me disant qu’elles ont du plaisir et que je suis là  si elles ont besoin de moi.

Mais ce qui me fend le coeur en tant que maman, c’est de voir , et ça arrive souvent, des parents amener leur enfant au parc, s’assoir avec leur cellulaire et ne jamais lever les yeux pour voir ce que fait leur petit. Ton Candy Crush ou ton scrolling sur Instagram peut sûrement attendre. Ou encore, et c’est un fait vécu récemment, voir un père au parc avec ses 3 enfants, mais que pendant une demi-heure,  tout ce que j’ai entendu sortir de sa bouche, c’était des mots d’église pis des propos peu élogieux envers sa progéniture. Ok, ça  se peut que t’aies  eu une très mauvaise journée,  que tes enfants  jouent avec ta patience x1000, mais je te juge quand même un peu. Tu vas au parc avec tes enfants, ils doivent s’attendre à  passer un beau moment avec leur père, même  s’ils ne l’ont sûrement pas verbalisé, mais come on…j’te connais pas , pis je suis sûre que tu peux faire mieux. Ce sera quoi les souvenirs de sorties au parc que tes enfants vont garder quand ils seront grands? Ce sera quoi les beaux moments à  t’amuser avec tes tout-petits  que toi tu te rappeleras quand tu seras  devenu un p’tit vieux?    Le temps passe terriblement vite quand on est parents. On est pris dans la routine, le travail, les responsabilités… Nos enfants grandissent en accéléré  pis on peut pas faire rewind sur la cassette. Malheureusement.

Ça  fait que fouilles dans ton p’tit coeur pis retrouves ce qui en reste d’enfant. Profites de l’été,  va faire le fou au parc…enlèves tes gougounes pis marches pieds nus dans le sable comme si t’étais sur une plage à Cancun. Balances toi toujours plus haut, jusqu’à temps que le nombril te chatouille. Creuses un trou  jusqu’en Chine avec une petite  pelle en plastique. Pis si tu réussis ça,  mais juste si tu réussis vraiment,  là  t’auras le droit de sortir ton cell pour mettre ça  sur Instagram. 

__L’encre à la mère. 

« À bout » de la route!

Il y a deux genres d’enfants, ceux qui dorment en auto et ceux qui pleurent. Et il doit y avoir deux sortes de parents, des très patients et des menteurs. Parce qu’à  chaque fois que je dis que mes filles détestent faire de la route, je me fais dire des affaire du genre « Ah non,  moi ça va super bien, ils dorment tout le long » ou encore « ah…moi j’ai jamais eu de misère avec ça, ça toujours bien été.  »

Sachant ça, les miennes doivent avoir un sérieux problème de fabrication (et moi aussi…),  parce que dès qu’on dit qu’on va quelquepart, la première question c’est toujours de savoir si ça  va être long. J’ai  même dû inventer des comparatifs du genre, aller à  tel resto ça prend 10 minutes faque c’est comme le temps de prendre ton bain. Aller au mini-putt, c’est le temps d’une émission de Pat Patrouille. Aller chez papi et mamie, ça  prend 1h15…oui…ça va être long. Aller à  l’hotel Québec, c’est long comme 2 fois chez papi faque ça va être …pénible! Misère.

Bébé,  déjà,  ma grande détestait la voiture. Elle avait un problème de reflux gastro-oesophagien, et la position de son siège de bébé faisait en sorte qu’elle avait constamment mal. Douleur égal pleurs à s’en étouffer, donc je devais m’assoir derrière avec elle pour la réconforter et la surveiller. Par le fait même,  elle a pris l’habitude de ne jamais dormir lors de longs trajets. Je me souviens d’une fois où nous sommes allés en vacances dans Charlevoix. Elle avait 20 mois je crois. Quatre heures à  l’entendre placoter et d’entertainment non stop. C’est loin Charlevoix. Faut vraiment que t’aimes ça  les bélugas.

Ma plus petite, elle, dès qu’elle était dans son siège et ne nous voyait plus (pour les sans-enfant, le banc doit être tourné face vers l’arrière  la première année ), elle pleurait sa vie et se crinquait tellement que ça finissait en vomi. La joie. Parce qu’être obligés d’arrêter sur une autoroute à  3 voies en construction juste avant le pont à  Québec…c’est pas cool.  Surtout quand t’es dans la voie de gauche et que y’a pas d’accotement. Panique. Tu veux pas ça.  #odeurdevomiquébecmontreal 

Je l’sais pas comment ça  se passe pour les petits garçons, mais moi, j’ai des princesses. Des princesses pisse-minute. Pis tu peux pas dire non  à  un enfant qui a envie de pipi, donc tu trouves la première sortie disponible, genre au Madrid…pis une fois arrivé à la toilette, tu te rends compte que c’était un pipi magique et qu’il a disparu. Pis là, t’es pognée pour aller voir les dinosaures pis tu viens de créer un précédent que tu vas peut-être regretter. Parce que le  Madrid, tu le vois de loin avec sa grosse pancarte lumineuse.

Screenshot_2016-07-10-23-11-13~2
Madrid 2.0

Je le sais parce que quand j’étais jeune,le Madrid, c’était comme « the » attraction sur l’autoroute 20. Même pas parce qu’on y arretait, parce que je pense que j’y suis arrêter pour la première fois j’avais 20 ans #jaivunormandlamour ,mais parce que mon trip, c’était de commencer à  lire les annonces sur la grosse pancarte dès que j’étais  capable « Buffet…2 pour 1…spécial…essence… » pis je continuais à lire en regardant par la fenêtre d’en arrière même une fois passée. Le gros fun noir.

De nos jours, ça va sonner matante mais c’est vrai,les enfants ont besoin de jeux sur des tablettes, de télé et dvd intégrés au siège comme dans les avions, de livres, de dessins…ils en oublient même qu’il y a une fenêtre à  côté d’eux et que la vraie vie, elle se passe dehors, que c’est beau, que ya plein de choses à  voir.  Compter les voitures jaunes, lire les pancartes de sorties, regarder les formes dans les nuages…mais « non maman,  c’est full plate.  » Quand on étaient petits, oui, on trouvait ça long, on devait inévitablement   demander mille fois quand est-ce qu’on arrive? Mais dans mes souvenirs, de savoir qu’on faisait une sortie, qu’il y avait quelque chose au bout du chemin, ça valait la peine , plus que ce qu’il y aurait à faire  en te rendant. Maintenant,  c’est comme s’il fallait faire des sorties, mais sans faire la route. Non mais, j’ai tu fucking hâte qu’on invente la téléportation moi?

En auto, c’est moi qui cogne des clous.  C’est inévitable,je pogne le fixe et les yeux me tournent. Mais avec des petites filles qui chignent, qui ont des problèmes avec la foutu tablette, qui savent pu quoi faire mais qui veulent pas dormir, quand la fatigue embarque , ça  me gosse, ça me rend à  bout. Mais récemment,   j’ai trouver mon arme secrète,  ma délivrance pour un petit 15 minutes de silence pour  pouvoir dormir la bouche ouverte avec de la bave qui coule…

Le secret? De la gomme ! Vous allez me dire que ça  fait des caries, qu’on donne pas ça  à  des enfants…

Et bien moi je te dis MERCI inventeur de la gomme, parce que tu m’évites de reproduire la scène des Beaux-Malaises où Martin Matte crie « VOS YEULES!!!  » à  ses enfants…ça ferait pleurer mes filles.

__L’encre à la mère. 

 

Dans la cour des grands.

Ma grande de 6 ans, qui est en congé scolaire pour l’été,  s’ennuie tellement de l’école,  que ce matin, en jouant avec  les amis de ma garderie (j’ai un service de garde en milieu familial) , me dit tout sérieusement : « Maman, j’ai pu besoin d’y penser, je sais déjà ce que je vais faire comme métier quand je vais être une adulte.  Je vais être une professeur de maternelle! » Et honnêtement, lorsque je la regarde aller du haut de ses 6 ans, je suis persuadée qu’elle serait excellente.

À  son âge,  je faisais pareil, je jouais au prof avec ma petite soeur…ou mes toutous, mes c’était un peu moins dynamique. J’organisais des dictées, parce que ma matière préférée a toujours été  le français.   Je me souviens même qu’en sixième année, j’écrivais des histoires et des petites nouvelles dans un cahier Canada jaune. Et mon enseignante, Catherine, amenait parfois tout le groupe dans la cour d’école et lisait, à  l’ombre d’un arbre, ce que j’avais écrit. Wow…je ne pouvais pas être plus fière dans mon coeur de petite fille qui aspirait à  devenir écrivaine. J’ai un peu de peine car j’ai perdu le dit cahier que j’aimerais bien relire,  par curiosité. Pour retrouver cette imagination enfantine.

En fait, j’ai jamais été  capable de me décider sur un métier en particulier quant à  mon avenir. Je voulais être  comédienne, artiste.  J’ai pensé devenir enseignante. Ma passion pour les animaux m’a longtemps fait pencher vers la médecine vétérinaire, mais moi, les maths pis la science, pas trop un bon mélange. J’ai aussi pour mon dire qu’à 16 ans, quand on te demande de choisir ce que tu veux faire dans la vie, tu ne te connais clairement pas encore assez pour faire un choix éclairé, un choix permanent.J’avais trop de passions, trop de champs d’intérêts pour n’en choisir qu’un seul. Dans un certain sens, j’admire les personnes qui sont convaincus d’être fait pour un métier précis,  que quand tu les regardes, c’est juste une évidence que c’est ça  « leur » métier, que c’était quasiment dans leurs gènes. Comme si c’était tout tracé  d’avance.

Mon  coeur utopique et mon envie de changer le monde m’ont finalement dirigée vers le travail social. Oh que j’ai vite déchanté quand j’ai fait mon stage dans un centre jeunesse où je prenais les appels de signalements et que j’ai vu que la plupart des employés étaient en burn out. Je ne dis pas que le travail n’en vaut pas la peine, car ils s’agit quand même d’aider des enfants qui en ont besoin, mais je me connais, j’aurais été  du genre à  traîner cette énergie négative là avec moi le soir jusqu’à la maison. Parce que croyez-moi, on en entend des vertes pis des pas mûres…

Donc, après mes études, j’ai travaillé  dans un Tim Horton…pendant 7 heures. Pis finalement, j’aimais pas le style vestimentaire faque j’ai laisser tomber, malgré  le fait que le boss était quasiment déjà prêt à me nommer gérante et m’amener en vacances sur son gros yacht. Je doute un peu que c’était pour mon talent à  faire des « double double » pis servir des boston à  l’érable…on s’entend.#vieuxcochon Ensuite, j’ai décroché un emploi dans une clinique vétérinaire comme aide aux prises de sang, réception et tout.  Pour ensuite travailler dans une garderie et finalement ouvrir mon service de garde. Un beau métier, exigeant, mais qui me permet en même temps d’être 100% présente pour mes enfants.

Aujourd’hui, à  33 ans, je regarde la vie en face, pis je  ne suis pas encore certaine de ce que je veux faire comme carrière. De plus en plus, mon coeur balance entre l’écriture et l’art, mais pourrais-je  vraiment en vivre un jour? Est-ce que ce sont juste mes rêves fous de petites filles qui me rattrapent? 

 Je regarde mes princesses jouer et j’imagine.  Ma grande qui est fonceuse, ti-boss des bécosses, curieuse et passionnée…sera-t-elle vraiment prof de maternelle, scientifique ou une grande voyageuse? Ma petite qui est toute timide, très émotive, observatrice et attentionnée…Sera-t-elle une artiste, un médecin, une psychologue? Va savoir. Parce qu’en tant que parents, j’imagine qu’on se doit juste  de les encourager dans leur intérêts et les laisser aller en les accompagnant dans leurs passions, sans essayer d’influencer leurs choix.

Pis un jour, comme aujourd’hui mettons, tu te rends compte que ton emploi, c’est superficiel. C’est pour le matériel, pour mettre du beurre sur la table. Que ma job de rêve, ça  va paraître super  cliché,  mais je l’ai déjà.  Regarder mes filles grandir.

Ça, pis vous conter mes histoires comme si j’étais encore assise dans la cour d’école. 😉

_L’encre à la mère