Quand le mal arrive en ville 

Un attentat, ça nous affecté tous, mais ça ne nous effraie pas tout à fait réellement tant que ça n’arrive pas chez nous.

Toutes ces attaques meurtrières  des dernières années, elles faisaient peur. Mais c’était ailleurs. On se pensait à  l’abri. On osait croire en cachette qu’on est différent dans notre beau pays et que ces choses-là ne nous arriveraient pas.

Mais l’être humain est influençable.  Où qu’il habite. 

On a l’impression d’avoir évolué, d’être devenu des êtres ayant la faculté de penser. Mais faut croire que certains sont restés  coincés au stade de la survie. 

Au point tel que même la religion devient un ennemi. Si l’autre ne pense pas comme toi, il devient une menace à  ton existence.

Je ne suis pas pratiquante. Je n’adhère à  aucune religion. C’est mon choix.

Je suis pour la liberté de penser. 

Mais si croire en une religion te rend meilleur et te permet de rendre le monde dans lequel tu vis meilleur aussi. Pourquoi pas?

Si pour toi croire en Dieu, quel qu’il soit, te paraît  inutile, tu as le droit aussi. Parce que tu penses que c’est ce qu’il y a de mieux pour toi. Par conséquent, ça devrait aussi  te rendre meilleur et faire du bien autour de toi. Pas vrai?

Juger quelqu’un par sa religion, c’est de la xénophobie. C’est avoir peur de se qu’on ne connaît pas, de ce qui est étranger et qu’on ne comprend pas.

Mais moi, ce que je ne comprends pas, c’est qu’on puisse entrer dans un lieu de culte et tirer sur des gens qui ne dérangeaient personne. Qui ne menaçaient personne. Des gens qui ont une famille qui les pleure maintenant.

Et le mal cette fois, il est venu de chez nous. De notre Québec tranquille qui semble inébranlable.

Je ne comprends pas qu’en semant la peur, on pense récolter le bien.
Est-ce qu’on peut agir en êtres humains qui luttent tous pour la même cause? 

Un monde où la paix et l’acceptation des différences seraient , dans notre coeur, la nouvelle grande religion universelle. ❤

« Imagine there’s no countries 

It isn’t hard to do

Nothing to kill or die for
And no religion, too
Imagine all the people
Living life in peace… You…

You may say I’m a dreamer
But I’m not the only one
I hope someday you’ll join us
And the world will be as one »  ___Imagine, John Lennon 🎵



                                                                                            __L’encre à la mère 

Maman retourne à l’école!

Ce n’était pas dans mon plan de vie d’être un jour maman à  la maison. Mais la vie et les circonstances ont fait en sorte que je le suis depuis quelques mois et au moins pour la prochaine année. 

Quand on se retrouve sans emploi, on se retrouve face à  un vide. Et pour le combler ce vide là,  et bien on se remet en question. Sur notre métier,  sur ce qu’on désir comme avenir, sur nos passions…bref, ça  chamboule pas mal d’affaires.

Et comme je ne suis pas du genre à  me morfondre et me tourner les pouces, j’ai voulu rentabiliser mon temps disponible. Je me suis dit « Pourquoi pas un retour aux études? »

Bon, avec une petite puce de 4 ans qui ne va pas à  la garderie et une autre en première année,  pas question pour moi de retourner asseoir mes fesses sur un banc d’école. 

Alors j’ai reluquer du côté de l’université à  distance,  la TÉLUQ pour ne pas la nommer. Tu choisis ton domaine, ton nombre de cours et tu étudies « relativement » à  ton rythme, en ayant tout de même des échéances,  on s’entend.

Donc bing bang,  pas de niaisage,  je fonce et je m’inscris! Deux cours dans le cadre d’un certificat. Toute heureuse, le coeur un peu juvénile de retourner aux études à  34 ans. Je suis confiante, tout ira bien. Le self estime au top du top!

Et la semaine dernière,  j’ai reçu mes documents d’études. Jusque là,  tout va encore bien. C’est excitant. Heille, j’ai même une carte étudiante!!🤓

Et hier matin, date officielle de début de trimestre d’hiver, j’ai ouvert mes manuels d’études. Lu les descriptions de cours,  pris connaissance des travaux à  remettre…et j’ai capoté. Mais solide…

Tsé,  quand ça fait 13 ans que t’as pas étudier de façon sérieuse, t’as un peu oublié ce que c’était.   Les dissertations,  les textes argumentatifs,  la recherche de documentation,  les travaux à  remettre à  temps…

Pis là,  tu te rappelles comment t’étais heureuse d’avoir finit ton DEC. 

Parce que quand tu vas au cegep ou à l’université,  que tu es « dans le bain »comme on dit, tu as une tonne de travaux, mais c’est ça ta vie. Ton univers tourne autour de ça. Mais quand tu as travaillé,  que tu as une famille, des occupations et des obligations, faire une place aux études,  c’est pas si évident. Ça fait peur.

Surtout à  distance, parce que tu dois t’organiser seule avec ton horaire pour respecter le rythme d’études proposé. Ça  implique aussi être capable de faire des lectures en te faisant interrompre aux 2 minutes, de  devoir mettre des priorités sur des choses du genre  « Est-ce que je joue aux petits bonhommes avec ma fille, je lave la salle de bain ou je déprime en voyant le ménage à faire mais je tente de lire? »

Bref, hier matin, j’étais vraiment découragée.

Retourner aux études à  mon âge…veux-tu ben me dire à  quoi j’ai pensé?😨

Mais aujourd’hui, je eu le courage de jeter un autre coup d’oeil à  toute ma paperasse. J’ai étudier comme j’ai pu, le temps que j’ai pu. Pis j’me dis que si dans le temps j’ai réussi, je dois pas être plus conne qu’avant. 

Quel exemple je donnerais à  mes filles (qui trouvent ça bien drôle que leur maman retourne à  l’école)  si j’abandonnais par peur de l’échec et de la nouveauté?

Non, je veux que mes filles comprennent l’importance de croire en elles et leurs capacités , de ne pas avoir peur du changement et d’aller toujours vers l’avant dans la poursuite de leurs rêves. 

Ce ne sera peut-être pas facile, mais il n’est jamais trop tard pour apprendre!

                                                                                                __L’encre à la mère 

Une promesse plutôt qu’une résolution.

J’ai toujours trouvé très drôles les gens qui attendent le 1er janvier de l’année suivante afin de prendre une résolution…

Je comprends qu’au jour de l’an, on fait le bilan de l’année qui s’achève. On prend conscience de ce qui a été moins bien et aussi de ce qui a fait parti du beau. On se dit que l’année qui arrive est l’occasion d’enfin changer les choses. Comme un vent de renouveau. 

Mais je me demande toujours…pourquoi attendre au 1er janvier?

Parce que même si ce n’est pas toujours facile à appliquer, si quelque chose ne te plaît pas dans ta vie, ça ne devrait pas attendre. Si tu veux être plus en santé,  ça ne devrait pas attendre non plus. Si tu veux être plus heureux…ça ne devrait surtout pas attendre. 

Selon les statistiques, environ 30 % des Québécois prennent une résolution. Environ 53% de ce 30% les tiendront.  C’est donc dire qu’environ 15% des Québécois réalisent vraiment leur résolution. C’est mieux que rien, mais c’est pas beaucoup quand même.

 Pourquoi ? Selon moi, c’est qu’une résolution le 1er janvier, c’est pris après trop de soirées bien arrosées. Quand t’as l’âme fatiguée. Ça l’air gros. Ça devient plus comme une obligation qu’on se donne un peu à reculons (alors qu’on devrait aller de l’avant…) et que l’on devra respecter tout au long de l’année…

Lorsqu’on arrive pas à  tenir notre résolution, on est déçu. C’est un échec. On a pas été capable d’arrêter de fumer, pas été au gym aussi souvent que prévu,  pas été capable de se priver de dessert, pas pris assez de temps pour soi… Et souvent, ça  implique un peu le jugement des autres. Car étrangement, même si une résolution devrait être très personnelle, on la clâme souvent haut et fort.

Et si on se faisait plutôt une promesse? 

Si on se promettait que tout au long de la nouvelle année, on prendra soin de soi? 

Des autres aussi, bien sûr.  Mais pour être présent et attentif aux besoins des autres,  on doit d’abord combler nos propres besoins et être bien avec soi-même. On a trop souvent tendance à  s’oublier alors que la seule personne qui fera de cette nouvelle année une meilleure que la dernière,  c’est nous-même. 

Promettons-nous seulement de nous respecter,  dans nos besoins et nos désirs en constante évolution. De ne pas avoir peur de  sortir de notre zone de confort si nécessaire afin de faire certains changements dans notre vie. De s’aimer et de rester soi-même, avec nos forces et nos faiblesses. De croire en nos rêves et de développer nos passions. D’apprécier la vie, avec ses hauts et ses bas. 

Ne faites pas partie des statistiques et de toutes ces résolutions non tenues.

Soyez seulement à la hauteur de vos attentes.

                                      Bonne année! 😉

                                                                                             __L’encre à la mère 

Parler de moi…mais pourquoi?

Secrètement,  j’ai toujours eu envie d’avoir un blog personnel car j’adore écrire.

Un jour, je discutais avec un ami peintre. Il me disait qu’il aimait lire les textes qui accompagnent mes toiles,  que je devrais écrire plus. À propos de moi, de ma vie, mes histoires… Je lui ai dit : « Parler de moi? Je ne vois pas ce que les gens trouveraient d’intéressant là-dedans. Ma vie est ben ordinaire. »

Il m’a répondu que beaucoup de gens se sentent seuls.  Parfois,  sans qu’on s’en doute, une petite chose que l’on vit et que l’on partage va toucher quelqu’un…et parfois, cette petite chose qui l’a rejoint fait une grosse différence dans sa vie.

Ah ben ça alors…sans le savoir, il venait de dire « la chose » qu’il fallait pour que je me lance et commence à  partager des textes sur mon blog L’encre à la mère. 

C’est pas que ma vie est plus intéressante ou plus belle que la vôtre…loin de là. Et ce n’est pas le but de mon blog.

Je n’ai pas envie de vous faire part de tous mes hauts et mes bas même si j’ai souvent l’impression que ma vie n’est faite que de ça. Une grosse montagne russe d’émotions. Mais  je me suis aperçue qu’en partageant mes pensées,  mes anecdotes, mes angoisses, mes joies…ça faisait réagir les gens.

Parce que dans le fond, même si on a l’impression d’être parfois tout seul à  vivre ce que l’on vit, ben je me rend compte à  travers les commentaires des gens, qu’on vit pas mal tous les mêmes affaires.

La différence je crois,  c’est ce qu’on en fait.

Alors si ce que je pense  ou ce  que je vis peut aider quelqu’un, tant mieux. Chacun y trouve son compte.

On m’a déjà demandé si je recevais parfois des commentaires négatifs suite à la publication d’un texte. Oh que oui!! Et c’est normal. On ne peut pas tous avoir la même opinion sur tout. Et je respecte ça.  Comme j’ai le choix aussi de publier ou non les commentaires désobligeants…

Bref, ce que je veux dire,  c’est qu’aujourd’hui,  avec les réseaux sociaux,  on a la chance de pouvoir atteindre plus de gens, de partager un peu notre vécu. Alors si vous avez envie de parler de quelque chose,  ne vous demandez pas si ça va plaire ou non, faites-le!

D’abord pour vous, car l’écriture est un exutoire extraordinaire.

 Et ensuite, qui sait, vous ferez peut-être la différence dans la vie de quelqu’un qui avait juste besoin que l’on mette des mots sur ce qu’il vit.  ❤

                                                                                            __L’encre à la mère 

Ce petit sac à deuils que l’on doit porter…

Dans la vie, il y a toutes sortes de tabous. La mort en est un. Un gros.

Dès la petite enfance, c’est un sujet qui nous fait peur. Les grandes personnes évitent d’en parler aux petits de peur qu’ils ne comprennent pas…alors qu’eux-mêmes ont bien de la difficulté à  l’accepter..

En fait, on agit comme si ça  n’existait pas...comme si le fait de ne pas en parler faisait en sorte que  ça n’existera pas. Jamais. On ne veut pas mourir. On ne veut pas voir les gens qu’on aime partir. Parce que la mort, c’est pas réel…c’est pas tangible. On ne veut pas y croire. Croire que ça peut arriver.

Jusqu’à ce que ça  nous frappe en pleine face. Je dis « frappe », parce que lorsqu’on perd pour la première fois une personne qui nous est chère,  c’est l’effet que ça fait. Un énorme coup de poing dans le coeur. 

J’ai perdu mon père il y a 9 ans. Le 14 decembre. Juste avant Noël. Une crise cardiaque foudroyante à 65 ans. La derniere fois que je l’ai vu, c’était  un mois plus tôt, lors de mon anniversaire. Il est décédé sans avoir le temps de dire au revoir à  personne. Et sans que personne n’ait le temps de lui dire adieu. 

Et c’est là que tu te rends compte que la mort, quand ça te touche de façon plus personnelle, c’est pas si irréel que ça  . Que oui, ça  peut arriver à  n’importe qui, n’importe quand. Comme ça ,  sans raison ni crier gare.

Et le pire dans tout ça, c’est que plus tu vieillis, plus tu réalises que tu perdras les gens que tu aimes. Et de plus en plus. Parce que la mort, aussi ridicule que ça  puisse paraître à dire,  ça  fait partie de la vie… c’est une petite étincelle de Big Bang qui s’éteint quelquepart dans l’univers . 

 Un petit souffle d’âme qui s’envole on ne sait trop où

C’est à  ce moment-là  que tu rassembles ta peine, tes regrets, tes « j’aurais donc dû… », ton amour et tes souvenirs pour cette personne qui t’as quittée et que tu  mets tout ça dans ton petit sac à deuils. Au début, tu le détestes ce petit sac de malheur. Tu le gardes toujours  bien fermé parce que l’ouvrir ferait trop mal. Tu le places sur ton épaule, comme un petit baluchon qui avec le temps deviendra toujours un peu plus lourd à porter.

Mais même si son poids te fait courber un peu l’échine, qu’il rend parfois tes pas un peu plus pénibles pour aller de l’avant, dis-toi que quand tu t’ennnuies,  t’as le droit d’arrêter sur le bord du chemin et l’ouvrir pour y regarder un peu…

Parce que dans l’fond, ce qui fait peur dans la mort, c’est que tout ce qui subsiste, ce sont les souvenirs dans le coeur de ceux qui restent. Et la mémoire étant une faculté qui oubli ,  on a peur d’oublier. Que les traits du visage s’effacent, que le timbre de la voix s’estompe…que le temps ne se souvienne plus et qu’ un jour on ne se rappelle plus de l’essentiel…

Mais malgré ce qu’on pourrait croire, malgré la peine que suscite un départ , la vie est drôlement bien  faite. Car non, on n’oubliera jamais. Parce que bien que la mort soit intangible et incompréhensible ,  ce qui fut jadis était bien réel .  Et le temps n’efface rien.

Le temps adoucit la peine et le petit sac à  deuil devient plus lourd…mais plus lourd de souvenirs heureux. 

Alors oui, tu as le droit, quand la nostalgie te tiraille le coeur ,  de l’ouvrir ton petit sac. D’y replonger un peu. 

Parce qu’avec le temps, même si parfois ça  peut être  long, ce qui se cache dedans, c’est de plus en plus beau.

 En tout cas, aujourd’hui, je regarde dans le mien et ça me fait du bien…❤

                                                                                                  __L’encre à la mère 

Laissons-les croire à la magie…

Décembre.

Je ressens déjà l’exaspération de plusieurs parents qui se disent « Ah non, les foutus lutins sont revenus… » Alors que d’autres se demandent à  quoi ça rime de faire croire aux enfants que c’est le gros bonhomme barbu qui donnera  les cadeaux quand ce sont eux qui dépensent  (trop…) pour acheter les bebelles.

Vous voulez mon avis? Oui, non, peut-être …anyway, je vous le donne pareil parce que Noël ,  c’est la générosité et le partage .  Pis on refuse pas ce que quelqu’un nous offre 😉.

J’ai deux filles. Une de presque 7 ans et une de 4 ans. Tandis que ma plus petite y croit encore dur comme fer, ma grande de 7 ans commence à  avoir des doutes sur l’existence du Père-Noël. Alors je leur ai expliqué que non, au centre d’achat, le Père-Noël n’est pas LE vrai Père-Noël…ce sont des amis à  lui. Il ne peut pas être  partout en même temps le pauvre. Et surtout, parce que le vrai, le seul, l’unique, c’est le Père Nicolas Noël. Si vous le rencontrez et avez la chance de discuter avec lui un jour, vous comprendrez!

Tout ça me fait penser à  la traverse de lutins à  Saint-Élie-de-Caxton. On est allé  visiter ce petit village l’été dernier.  Mes filles ont eu une petite déception quand elles ont compris qu’elles ne verraient pas vraiment de lutins traverser le chemin…mais en même temps, elles ont vite compris que c’est normal parce qu’ils sont trop occupés à  travailler à  leur petite usine à  paparmanes roses. Vous savez pas de quoi je parle? Ben oui…l’arbre dans lequel il pousse des paparmanes roses géantes, comme des grosses rondelles de guimauve rose. Les lutins ramassent celles qui tombent lorsqu’elles sont mures. Ensuite,ils en font des petits bonbons. Des paparmanes roses. Mes filles ont capoté ben raide. Elles voulaient en planter pour faire pousser un arbre chez nous!

Vous devez tous avoir aussi quelque part dans le fond d’un tiroir, une photo de vous en maternelle ou en première année d’école, sur laquelle vous avez un beau sourire pas de dents ? De toute beauté sans doute… Ma fille m’a demandée si la Fée des dents existe vraiment. Honnêtement, j’ai  pas su tout de suite quoi lui répondre.  J’aurais dû dire quoi? Que je sais pas trop ce que la Fée des dents fait avec les dents de lait des enfants…des colliers en macramé peut-être? Pourquoi elle donne des sous…pour que les enfants aillent s’acheter plus de bonbons pour perdre leurs autres dents plus vite? Donc par un  soir de perte de palette d’en avant, on a joué un tour à  la Fée .  On a laissé l’appareil photo dans la chambre des filles et on a filmé toute la nuit pour essayer de la piéger .  Ben imaginez-vous donc que ça a fonctionné…On a peut-être bien la seule vidéo de  la Fée des dents qui  existe sur cette planète.

À  l’école ,  certaines  amies de ma grande, qui je le rappelle n’a même pas encore 7 ans, lui ont déjà dit que les princesses de Disney n’existent pas. Euh…je lui ai dit « T’as juste à  leur demander  si elles sont déjà allées à  Disney. Non? Bon, eh bien toi oui. Tu le sais bien que celles que tu vois aux Hotels Jaro, ce sont seulement des doublures…parce que les vraies vivent à  Disney. » Tout le monde qui y est déjà allé sait ça voyons. 

Ça  fait que pour toutes ces bonnes raisons là, que je ne vois pas un Grinch venir gâcher Noël. L’hiver, c’est déprimant. C’est froid, y fait noir de bonne heure…est-ce qu’on a le droit de mettre un peu de lumière, de joie de vivre pis de chaleur dans nos petites vies pour  mieux passer au travers? Sans Noël, l’hiver serait juste pas mal plus plate.  Elle est passée où la petite étincelle de magie dans ton coeur?

Et je dis « Tais-toi! » à  cette veille rabougrie qui pendant la visite à Saint-Élie-de-Caxton a chiale haut et fort qu’ils auraient dû déguiser des enfants en lutins pis leur faire traverser le chemin quand on passe à  la pancarte qui annonce la traverse…Fred Pellerin a su donner vie à  son village avec ses légendes  et son imagination contagieuse. Fais donc éclore  un peu la tienne. Moi, quand je vais être une vieille mémé pas de dentier, je veux un arbre pareil que le leur pour sucer  des paparmanes roses à longueur de journée. 

Et l’enfant qui perd un peu de son innocence en même temps que ses dents, est-ce qu’on est vraiment obligé de lui dire qu’on a inventé la Fée des dents juste pour les consoler un peu? Qu’est-ce qu’il y a de mal à  vouloir embellir la réalité et faire passer un peu mieux l’évidence que son sourire pas de dents sur sa photo d’école fait que ça  sera peut-être pas sa meilleure?

Et si tu me dis que les princesses n’existent pas, es-tu aussi en train de me dire avec certitude que le prince charmant aussi c’est juste des conneries? 

Alors que moi-même je veux y croire, revivre la magie de mon enfance à travers les yeux de mes filles. M’émerveiller en les entendant rire aux éclats à 6h30 quand elles découvrent  le mauvais coup des petits lutins chaque matin de décembre. ..pour oublier un peu ma déprime saisonnière.

Et le  jour où  elles n’y croiront plus (ça viendra bien assez vite…), j’espère de tout mon coeur de mère qu’elles ne m’en voudront pas d’avoir voulu embellir leur réalité et d’avoir mis plus de couleurs que pas assez à  leur vie.

J’espère sincèrement qu’elles comprendront et qu’elles continueront aussi à  y croire un peu secrètement . Qu’elles sauront  entretenir cette magie qui fait la beauté de leur coeur d’enfant. ❤

                                                                                           ___L’encre à la mère . 

Parce que je me vois dans vos yeux…

Pourquoi tout le monde se sent toujours obligé de dire à  qui ressemble le plus ton enfant? Dans le genre « Heille…c’est drôle hein. Ta grande ressemble vraiment plus à  son père pis ta petite te ressemble à toi. »

 OK. C’est pas tout faux. Mais pourquoi tu te sens obligé de me le dire? 

Parce que je te confirme que malgré les soupçons de certains, oui, c’est bien moi la mère…

Je le sais bien, on le fait tous. Moi aussi ça me frappe quand un enfant ressemble plus à  un de ses parents qu’à  l’autre. Des fois c’est juste super évident. Mais il me semble que je me garde toujours une petite gêne de faire part de mes comparaisons. Parce que pour l’avoir vécu, quand tu viens juste d’accoucher , que t’es sensible, fatiguée et que t’aime ton bébé plus que tout au monde…c’est vraiment poche de se faire dire sans arrêt que ton bébé ne te ressemble pas du tout. Ça peut avoir l’air niaiseux comme ça, parce qu’on s’en fout un peu dans le fond à  qui ressemble ton enfant, mais me dérangeait pareil.

Pis je pense qu’avec le temps et le recul, j’ai enfin compris pourquoi ça me fatiguait autant.

Non, c’est pas parce que je voudrais des petits clones de moi-même. Ça va au delà de l’apparence physique.

Je les ai portées pendant 9 mois chacune. J’ai été la première personne au monde à  les sentir vivre bien au chaud dans le creux de mon ventre. J’ai su qu’elles existaient avant qui que ce soit d’autre. Elles ont fait parti de moi.

Jusqu’au jour où  elles sont venues au monde et que le cordon a été coupé.  À ce moment là , l’impression d’être une seule et même personne n’était  plus. Pis je pense que de se faire dire que ton bébé ne te ressemble pas, après avoir vécu en symbiose pendant 9 longs mois…c’est blessant.

Mais moi, au delà des apparences, je sais qu’on se ressemble.  Parce que moi, quand je regarde mes filles,  je me vois dans leurs yeux…

Je vois en vous une partie de moi. Par votre façon d’affronter la vie, vos réactions face à  diverses situations, vos goûts,  vos talents, vos qualités et vos défauts…chaque jour, je me reconnais un peu à travers vous.

Et maintenant, quand quelqu’un me dit que vous me ressemblez ou non, ça me dérange moins. Parce que y’a des choses que les autres ne peuvent pas voir.

Comme  cette petite lueur dans vos yeux quand vous m’appeler maman et qui n’appartiendra toujours qu’à  moi…❤

                                                                                          __L’encre à la mère. 

Faire le deuil de ce bébé qui ne sera jamais.

L’histoire de cette femme, dans le journal La Presse, qui a fait une fausse-couche dans une toilette d’hôpital, m’a involontairement replongée dans des souvenirs douloureux ce matin.

Parce qu’on n’oublie  jamais la perte d’un foetus, même si ça remonte à environ 7 ans et que les gens font trop souvent comme si c’était un fait anodin.

J’avais 27 ans et j’étais enceinte de mon premier bébé. Ma famille était déjà au courant malgré que j’en étais seulement à un 1 mois et demi de grossesse. Attendre un bébé,  c’est généralement une bonne nouvelle. Pis dans ta tête de future maman trop heureuse, tu penses pas que le pire pourrait arriver.

Et pourtant…

Ça  a commencé par de légers saignements. L’infirmière d’Info-Santé appelait ça du spoting, terme jusque-là inconnu pour moi. C’est un phénomène qui peut survenir en début de grossesse. Tant que ça  ne devient pas du sang rouge clair, pas matière à s’inquiéter. Faque là, je me suis mise à paranoïer chaque fois que j’allais à la toilette, craignant le pire.

Et là,  c’est arrivé. Je perdais du sang. J’ai  ressortis les serviettes sanitaires que je croyais rangées pour les 9 mois à venir. L’infirmière du 811 m’a conseillé d’aller à  l’urgence. C’était un jeudi soir si je me souviens bien. Je me suis présentée à l’urgence vers 19h30.

L’infirmière au triage m’a posé quelques questions, m’a donné des serviettes hygiéniques et m’a envoyée m’assoir dans la salle d’attente de l’urgence en me disant de l’avertir si je remplissais une serviette à l’heure, car c’est signe d’hémorragie.

À côté de moi, y’avait un gars avec une jambe possiblement cassée, une fille qui avait avalé  des petits os de côtelettes de porc par mégarde  (wtf), des bébés qui toussaient, etc. Pis parmi tout ces beaux cas là,   y’avait moi. Assise sur ma petite chaise pas confortable. Le bas ventre qui me criait à l’aide en me graffignant  de l’intérieur. J’avais pas l’air malade. Les gens avec qui je jasais me demandaient ce que je faisais là et se sentaient gênés quand je disais que je faisais probablement une fausse-couche. Je semblais bien aller malgré tout. Et pourtant, je faisais des allers-retours à la toilette, la remplissant chaque fois de sang. Un déluge. Mais l’infirmière ne me croyait pas  car il n’y avait presque rien dans ma serviette…

Après 8 heures d’attente environ, sans encore avoir vu de médecin, je me suis tannée. Il devait être autour de 3h30 du matin. J’ai demandé à  mon chum de surveiller la porte de la toilette et je suis allée chercher l’infirmière pour lui montrer tout  le sang que je perdais. Elle a un peu fait le saut pis m’a dit : « Oh…ok! Est-ce que vous vous sentez bien? Allez vous assoir pis bougez pas de là, on va vous trouver une salle pour vous examiner. » Je répète que ça  faisait 8 heures que j’attendais…

On m’a alors installée sur un civière dans une salle où j’étais seule en attendant qu’un médecin m’examine. Après peut-être 1 heure, quelqu’un est enfin arrivé. Une femme, plus jeune que moi. Une résidente. Elle m’a posée quelques questions et m’a examinée, mais ne voyait rien tellement il y avait du sang. Elle est allée  consulter un médecin dans la salle d’à côté. J’ai encore attendu…Pour que finalement, elle revienne et me dise que j’ai dû faire une fausse couche. Que le foetus a dû sortir sans que je m’en rende compte.

Je n’ai pas eu d’échographie,  ni de curetage.  On m’a simplement donné 2 ou 3 empracet et on m’a dit de retourner lundi pour une échographie.

J’ai dû retourner chez moi aux petites heures du matin après 10 heures à  l’urgence. Dévastée et en pleurs parce que le petit bébé que je m’imaginais déjà bercer et qui avait bel et bien existé en moi, n’était plus là.  Enfin,  c’est ce qu’on me disait. Mais moi, je ne sais pas si c’était seulement l’espoir ou l’instinct,  mais je n’y croyais pas.

Le lundi matin, je ne saignais plus. Je me suis rendue comme convenu à  l’hôpital pour mon échographie. Et c’est par du personnel peu souriant et empathique,  que j’ai appris sur l’écran du moniteur,  que mon mini-bébé était toujours en moi…mais que son coeur avait cessé de battre. J’avais eu un décollement placentaire, ce qui avait causé l’arrêt de son petit coeur.

On m’a simplement dit d’aller attendre dans une autre pièce,  qu’on me ferait un curetage.

Une infirmière est finalement venue me voir pour me dire que vu que je ne saignais plus, donc que je n’étais plus en hémorragie,  on ne ferait pas de curetage. J’ai demandé à  discuter une gynécologue. On a refusé,  prétextant qu’elle était occupée à  l’étage des accouchements et on m’a dit que revenir le lendemain pour lui parler. Heille, là c’était juste trop…j’allais pas partir de là dans parler à  quelqu’un.  C’est mal me connaître.

Un homme, médecin généraliste je crois, m’a finalement rencontrée. Il m’a expliqué qu’avant 8 semaines de grossesse, on faisait rarement un curetage, sauf en cas d’hémorragie. J’étais à 6 semaines et demi et je ne saignais plus. Il m’a dit que la nature ferait son oeuvre et que « ça « allait sortir tout seul…que quand j’allais le voir dans la toilette, de le m’être dans un sac, de le congeler et de l’amener à  l’hôpital pour le faire analyser…sérieusement ??

J’ai donc attendu, une semaine, 2 semaines, 3 semaines…1 mois. Et un jour, j’ai littéralement accouché. Contractions intenses, vomissements et expulsion. Je ne sais pas si c’était le foetus ou le placenta, mais j’ai recueilli quelquechose…que j’ai mis dans un sac et je l’ai mis au congélateur. C’était horrible.

Finalement, je ne suis pas allée le porter à  l’hôpital.   Je ne voulais pas remettre les  pieds là. J’en ai disposé d’une façon que je trouvais plus convenable. Ensuite, me suis battue avec eux pour réussir à  avoir un billet du médecin afin de pouvoir aller au privé faire une échographie pour vérifier que tout était sorti. L’homme qui m’a fait l’échographie dans la clinique privée, était gentil et empathique. Je ne me sentais pas comme un numéro.  Dans mon ventre, il ne restait plus rien. Il m’a dit que je pourrais dès le mois suivant, refaire un essaie bébé.

J’ai fait venir mon dossier complet de  l’hôpital. J’avais envie de les poursuivre. Ça  n’avait pas de sens de faire vivre ça à une femme qui perd son bébé. Mais je ne l’ai pas fait. Ça  n’aurait servi à  rien.

Quand on perd un bébé,  que ce soit à  un mois ou plus, ça  fait mal. Pas juste physiquement. Mentalement surtout. Les gens autour, à  moins de l’avoir vécu eux-mêmes (je parle des femmes), ne comprennent pas à  quel point c’est difficile à vivre. Les hormones sont encore au maximum. Ton beau rêve s’est écroulé d’un seul coup. Et tu dois , même s’ils veulent juste être gentils, endurer les commentaires des gens qui te disent que ça arrive à  une femme sur 5, que t’es encore jeune pis que tu vas pouvoir te reprendre, que si le bébé n’a pas tenu, c’est parce qu’il devait avoir quelque chose de pas normal et qu’il était juste pas viable. Tu le sais que tout ça, c’est sûrement vrai. Mais ce que tu sais surtout, c’est que tu te sens vide par en-dedans et aussi très seule. Parce que même avec un conjoint,  on se sent seule pareil. Parce que pour lui, c’était pas encore du concret. Mais pour toi qui a ressenti sa petite présence en toi (parce que oui, même à un mois et demi, on se sent enceinte) , c’était déjà réel.

Faire une fausse-couche,  c’est un deuil. Un véritable deuil. C’est une perte qui implique un processus psychologique. Et malheureusement, dans notre système de santé, on n’a aucun suivi par la suite. Aucune aide ou soutien. C’est triste.

Je suis retombée enceinte deux mois après ma première fausse-couche.  J’ai vécu un début de grossesse rempli d’angoisse. Je m’attendais à devoir revivre ce cauchemar là encore une fois.

Aujourd’hui, j’ai deux autres grossesses à mon actif.  Je suis maman de deux belles grandes filles que j’ai menées à terme sans trop de problème. Et elles sont en pleine santé. Donc oui, malgré une fausse-couche,  il y a de quand même de l’espoir pour la suite.

Le seul conseil que je donnerais aux mamans qui  vivent cette situation présentement, c’est de pleurer. Acceptez d’avoir de la peine parce que c’est tout à  fait légitime, même si tout le monde autour semble trouver ça  banal. Parlez-en autant que vous voulez en n’ayant pas peur d’écoeurer votre entourage avec vote histoire…ça fait du bien d’en parler. Discutez avec des mamans qui l’ont vécue aussi, elles vous comprendront mieux que n’importe qui.

Et surtout, surtout… si vous attendez des heures à  l’urgence, donnez vous le droit de péter un plomb pour qu’on s’occupe mieux de vous. Parce qu’une femme devrait avoir  le droit de perdre son enfant dans des conditions aussi dignes que lorsqu’elle donne la vie.

  __ L’encre à la mère 

 

La rentrée: je l’aime pis je l’haïs. 

Ce matin, je suis allée reconduire ma fille de 6 ans  à  l’école.

 Je sais pas pourquoi, j’étais certaine que puisqu’on avait déjà  vécu sa première vraie rentrée l’an passé,  la maternelle, cette année  ce serait plus facile. Pour mon coeur de maman je veux dire…mais non. Ça  fait mal pareil.

J’ai eu la chance de passer tout l’été avec mes filles puisque je travaille de la maison. Elle a pu profiter de son été,  relaxer, décrocher vraiment de l’école. Et moi,  j’ai pu la voir grandir chaque jour encore un petit peu avant le retour en classe.

Certains parents en peuvent pu de l’été,  ont juste hâte que l’école recommence. Pis je les juge pas là. À  chacun son niveau de patience. Mais moi,  personnellement, j’aime avoir mes filles avec moi, les savoir en sécurité tout le temps…ok, je suis mère-poule,  pis après? Je voyais les enfants du camps jour qui me semblaient être mille en même temps dans la piscine municipale,  pis j’étais heureuse d’entendre ma fille me dire : « Maman,   j’aimerais pas ça  aller au camp  de jour. Je suis contente de pouvoir rester à  la maison! » Vive ma petite pataugeoire en plastique. Ben plus sécuritaire.

Mais bon, ce qui devait arriver arriva. La rentrée était là.

Je m’en fous des achats scolaires, ça  me stress pas.  Je vais au Buropro, je suis la ligne de « tape » sur le plancher, je prends ce qu’il faut en me fiant aux numéros de la liste pis that’s it. Sérieusement,  je pense que ça  m’a pris 10 minutes remplir le panier pis tout était en spécial. Une chose de réglée. 

C’est juste du matériel. Pis ça sent tellement  bon des nouvelles affaires d’école!  (souvenir de petite fille)

Ce qui me gosse de la rentrée, c’est de voir ma fille, 3 jours avant, réaliser que ses vacances sont bientôt finies pour vrai. L’entendre de me dire qu’elle a le trac  (ben quoi, elle a du vocabulaire ma fille 😂) . Qu’elle me dise qu’elle a hâte de voir ses amis et sa nouvelle école.  Devoir la consoler, la veille de la rentrée, parce qu’elle a peur de trouver la journée trop longue. La rassurer en lui disant que tout va bien aller, que c’est super l’école, que la journée passera vite. Recommencer tout ça le lendemain matin parce que là,  c’est vraiment vrai,  l’école recommence…Pour ensuite partir de la maison pour la reconduire et la laisser à  l’école en la confiant à  un professeur dont on ignorait même le nom jusqu’à 5 minutes avant de devoir lui donner un dernier bisou et repartir sans elle…

Elle n’a pas pleuré à  l’école. Moi non plus d’ailleurs contrairement à  d’autres mamans qui braillaient comme des madeleines en appelant leur chum, la petite main qui shake sur le cellulaire.

Mais c’est juste parce que je suis une maudite bonne comédienne. Parce qu’après ça,  une fois rendue dans mon salon, y me fallait juste une petite chanson un peu triste à  la radio pour enfants sur Illico pour que ça me rattrape. 

C’est beau de voir grandir ses enfants, mais en même  temps,  maudit que c’est pas facile. 

Pis l’école, ben autant ça nous rempli de fierté de les voir s’épanouir,  autant ça nous angoisse et que  ça les éloigne toujours un peu plus…

D’un petit pas de plus à  chaque rentrée…

                                                                                                  __L’encre à la mère. 

Un service de garde sans enfant à garder…dure réalité.

Dans quelques semaines, je serai sans emploi, bien malgré moi.

Il y a presque dix ans, j’ai fait le choix de quitter un emploi d’éducatrice en garderie pour ouvrir mon propre service de garde en milieu familial. À  ce moment là,  je n’étais pas encore maman, mais je savais que ce serait une belle opportunité, quand le temps serait venu, d’être présente pour mes bébés, tout en travaillant.

Parce que oui, malgré  ce que certains pensent, avoir un service de garde en milieu familial, c’est un vrai travail. Nous sommes « éducatrices » et non des « gardiennes » . On ne passe pas notre temps à seulement regarder jouer les enfants. On en prend soin comme si c’étaient les nôtres. On les éduque , leur donne de l’amour, les prépare pour la maternelle. On travaille 50 heures semaine, on fait les repas, on fait le ménage,  les achats, la comptabilité, la préparation d’activités éducatives,  etc… On a des comptes à  rendre au bureau coordonnateur en fournissant tous les documents requis, fiches de présences, contrats et autres. On doit suivre des formations.  On a droit à  des visites surprise 3 fois par année par des agents de conformité.  On ne se pogne pas le beigne et on ne fait pas tout à  la légère.

Mais pour pouvoir bien faire son travail,  faut toujours ben avoir des enfants à  garder…et c’est ça le problème.

Lorsque j’ai ouvert mon service de garde en avril 2007, j’étais au privé,  à  25$ par jour. Dès que je publiais une annonce de places disponibles, je recevais une tonne de courriels et le téléphone ne dérougissait pas. Au point où un moment donné, je ne donnais même plus mon # de téléphone  pour être  certaine de ne pas me faire appeler dépassé 21h…parce que certains parents semblaient oublier les bonnes manières tellement il était difficile d’avoir une place subventionnée.

Après  1 an, je fut accréditée,  donc le tarif est passé à  7$ par jour. Imaginez la folie…Encore plus d’appels qu’avant. Dès qu’un enfant quittait, il se faisait aussitôt remplacé par un autre.

Mais depuis 2 ans environ, il se passe quelque chose d’étrange. Les parents ne semblent plus s’intéresser autant qu’avant aux places libres en milieu familial. Pourquoi? Voici ce que j’en pense…

Bon, je ne vais pas m’embarquer dans l’énumération de tous les changements qu’a  fait le gouvernement concernant la fiscalité des services de garde, car ce serait d’un ennui mortel. Mais en gros, depuis que les parents se sont vu augmenter le tarif en fonction de leur salaire (la fameuse modulation), il en revient presqu’au même prix pour une famille au revenu annuel moyen , d’envoyer leur enfant au privé plutôt  qu’en place subventionnée. En plus, ceux qui sont en milieu familial à  7,55$ se font « rammasser » quand le temps des impôts arrivent. Tandis que ceux au privé reçoivent un retour anticipé chaque mois, donc pas de surprise pour le porte-feuille.

Un autre problème majeur, c’est que le Ministère de la famille permet l’ouverture à  qui mieux mieux de garderies en installations privées de 60-80 enfants. Ça pousse comme de la mauvaise herbe dans le coin de Beloeil et dans certaines régions du Québec. Résultat, il y a beaucoup,  mais beaucoup trop de places libres pour le nombre d’enfants disponibles…Faudrait un méchant gros baby boom pour venir équilibrer tout ça, genre une tempête de verglas qui durerait 3 mois. Tsé,  quand tu dis que même les CPE ont de la misère à  combler leurs places libres…au détriment des éducatrices en milieu familial qui se font voler les enfants car les parents se font sans cesse appeler,  quasiment harceler. Les longues listes d’attente, ça  n’existe plus en  2016.

Les services de garde en milieu familial deviennent donc des services « bouche-trou »,  des « en attendant » qu’un CPE téléphone pour offrir ses services.

Alors nous, pauvres éducatrices,  on se retrouve avec l’incertitude constante de voir partir un enfant, parfois 2 en même temps quand ils sont dans la même famille. On publie des annonces partout où  c’est possible et il n’est pas rare, même en plusieurs mois d’affichage, de ne pas avoir une seule demande d’information…et ce même avec des places pour poupons que les parents s’arrachaient littéralement auparavant lorsque terminait un congé de maternité.

Et ce beau bordel, c‘est ce que je vis présentement. Trois enfants qui quittent presque en même temps et aucun espoir de les remplacer avant longtemps. Quand je regarde sur internet toutes les places de libres autour…c’est juste décourageant.

Mes deux filles comptent dans mon ratio, car elles comptent jusqu’à  9 ans, et contrairement  à ce que certains crois, je ne retire aucune rémunération pour elles. Sur 4 places à  offrir aux parents, il ne me reste donc qu’un seul enfant payant.

Ah pis rendu là, je ne vous ferai pas de cachoterie… Un enfant équivaut à 178$ par semaine avant impôts et dépenses. Mon épicerie hebdomadaire se situe autour de 230$, plus mon assurance civile et assurances biens pour la garderie, l’assurance vie obligatoire à  prendre avec Desjardins, le syndicat, etc. Faites le calcul, il ne reste plus grand chose.

Devrais-je tout de même continuer d’espérer ? Me lever chaque matin en me demandant quand je comblerai le vide dans mon service de garde ? Vivre un stress énorme tout en étant impuissante face à cette insécurité financière?

Et bien non. Ce serait de courir bras ouverts vers la dépression.

Alors j’ai dû prendre la difficile décision de fermer, en laissant le préavis obligatoire d’un mois.

Devoir annoncer, les yeux à la flotte, au dernier parent utilisateur, qu’il devra chercher un autre endroit pour faire garder sa fille. Non sans peine et malgré le fait que j’aimais mon travail. Malgré le fait que je devrai me trouver un nouvel emploi, probablement trouver une garderie pour ma fille qui entrera à  l’école juste dans un an et envoyer ma grande au service de garde scolaire. Malgré  le fait que j’ai un peu l’impression de donner raison au Ministère de la Famille qui semble avoir tout orchestré d’une main de maître pour nuire aux responsables de services de garde.

Alors je lui donne raison à  ce gouvernement qui nous considère comme de simples mamans malgré tout le travail accompli. J’ai finit de me plier à  ses exigences stupides pour un revenu sous la barre du salaire minimum.

Je redeviens une simple maman à  la maison.

Mais sachez que lorsqu’on ose cracher en l’air, les chances sont grandes pour que ça  nous retombe en pleine face.

__L’encre à la mère.